Primo de Rivera (1923-1930) : dictature et chute
Classé dans Sciences humaines et sociales
Écrit le en
français avec une taille de 3,86 KB
Développement de la dictature de Primo de Rivera (1923-1930)
Après le coup d'État, Alphonse XIII lui demanda de former un nouveau gouvernement. Primo de Rivera rompit avec le système canoviste (1876) : il dissout les Cortes, suspend la Constitution et interdit les partis politiques. Il établit un régime autoritaire à parti unique (l'Union Patriotique), s'inspirant en partie des méthodes du fascisme italien de Benito Mussolini et de certains groupes sociaux. Les soutiens du nouveau régime furent la bourgeoisie, les propriétaires fonciers et industriels, l'Église et l'armée.
La dictature de Primo de Rivera se divise en deux étapes :
Directoire militaire (1923-1925)
Le gouvernement, formé exclusivement de militaires, montre le caractère transitoire de cette période. Durant cette phase, Primo de Rivera cherche à instaurer l'harmonie sociale (il interdit certaines démarches, notamment le droit de grève) et met fin au conflit au Maroc avec le débarquement d'Alhucemas, réalisé avec le soutien de la France.
Directoire civil (1925-1930)
Lorsque tout le monde s'attendait à ce que Primo de Rivera mette fin à la dictature, il décida de poursuivre en s'appuyant sur un nouveau gouvernement incluant des civils, parmi lesquels José Calvo Sotelo. Durant cette seconde période, le régime chercha à s'institutionnaliser par la création d'une Assemblée consultative nationale, sorte de parlement composé presque exclusivement de membres de l'Union Patriotique élus au suffrage censitaire. Cette assemblée devait élaborer une nouvelle constitution, mais le projet ne put empêcher l'échec majeur du régime de Primo de Rivera.
Primo de Rivera justifia son action par des motifs sociaux et économiques. Sur le plan social, il adopta une stratégie duale : d'une part, il interdit la CNT, réprima les anarchistes et les dirigeants communistes et restreignit le droit de grève ; d'autre part, il tenta d'obtenir le soutien du PSOE et de l'UGT, qui participèrent initialement à des comités économiques (sorte de syndicats mixtes, formés par les employeurs et des représentants des travailleurs sous contrôle de l'État, destinés à agir comme arbitres dans les conflits du travail).
Sur le plan économique, le régime mit en œuvre plusieurs mesures :
- Application d'une politique protectionniste pour stimuler la production intérieure.
- Orientation des commandes publiques vers l'industrie (métallurgie, acier...) et création de monopoles publics (CAMPSA, RENFE...).
- Politique importante de travaux publics (routes, voies ferrées).
- Traitement des problèmes liés à l'eau par la création de bassins et de zones humides.
Cette politique économique fut favorisée par un environnement international propice durant les années folles des années 1920. Cependant, les coûts énormes liés à la réalisation de ces plans, ainsi que les dépenses engagées pour certains événements (l'Exposition internationale de Barcelone et l'Exposition ibéro-américaine de Séville), provoquèrent une augmentation significative de la dette publique.
De plus, la conjoncture économique changea avec le krach de 1929, ce qui précipita la chute du régime de Primo de Rivera. Le retrait des capitaux étrangers, les fermetures d'entreprises et l'augmentation du chômage entraînèrent une montée de l'opposition au régime. Par exemple, le PSOE, qui jusque-là avait soutenu le gouvernement de Primo de Rivera, se prononça en faveur de la République et retira son appui au roi Alphonse XIII.
Craignant de discréditer davantage le gouvernement et la monarchie, le roi retira son soutien. Primo de Rivera, affaibli et démoralisé, démissionna en janvier 1930 et s'exila en France.