Procédure Canonique Matrimoniale : Nullité, Séparation et Divorce
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Procédure Canonique Matrimoniale : Séparation, Divorce et Nullité
1. Concepts Généraux : Séparation et Divorce
La Séparation Conjugale
La séparation n'est possible que par une procédure civile. Les tribunaux ecclésiastiques ne traitent pas des séparations civiles. Elle se produit lorsque deux personnes ne veulent plus vivre ensemble, ou lorsqu'une seule des deux a exprimé ce désir. Autrefois, une raison ou une cause de séparation était exigée, mais aujourd'hui, ce n'est plus nécessairement le cas.
La séparation met fin directement aux effets du mariage, l'effet principal étant la cohabitation conjugale.
Types de Séparation
- Séparation *de facto* (en fait) : Aucune action ou décision ne vient la réglementer. La conséquence est que le pardon et la réconciliation restent toujours possibles, même en l'absence de décision finale du juge.
- Séparation par ordonnance du tribunal : Elle est ordonnée par un juge en vertu d'une sentence. Elle nécessite un accord de réglementation et une ratification devant le juge. Elle peut être prononcée par accord mutuel ou être contentieuse (en l'absence d'accord). Ce régime s'applique également au divorce.
Le Divorce Civil
Le divorce dissout un mariage civil. La dissolution peut être prononcée par le divorce, le décès d'un conjoint ou l'absence légale. Après une décision finale de divorce, il ne peut y avoir de réconciliation légale. Si aucune décision de juge n'a été rendue, ou si la convention de réglementation n'a pas été ratifiée, la conciliation reste possible. S'il y a eu décision finale, les deux personnes devraient se remarier pour rétablir le lien.
Historique du Divorce en Espagne
Pendant la période de la dictature en Espagne, le divorce n'existait pas, sauf pour une brève période sous la Deuxième République. Le législateur de l'époque franquiste faisait prévaloir le concept canonique du mariage indissoluble. Durant l'ère franquiste, le divorce était législativement impossible. Ce n'est qu'en 1978 que la Constitution espagnole a reconnu la séparation et le divorce. L'entrée en vigueur de la Constitution a retiré la compétence des tribunaux ecclésiastiques en matière civile.
Le 7 juillet 1981, la Loi 7/1981 a institué la séparation et le divorce. Elle permettait l'accord mutuel après un an de mariage, sans qu'un conjoint soit déclaré coupable. Le législateur exigeait des causes stables pour valider le divorce. Entre 1982 et 1983, la loi a évolué pour exiger que le cas soit avéré. En 1994, les premières sentences ont assoupli les conditions du divorce.
Anecdote : Le 4 décembre 1997, à Grenade, un couple marié depuis 40 ans, dont 30 années de violence domestique. Le mari, José Parejo, a rendu le processus de séparation difficile. Le juge a décidé que le mari vivrait à l'étage et la femme à l'étage inférieur. Le mari a ligoté la femme, l'a aspergée d'essence et l'a brûlée vive. Suite à cet épisode, la loi sur la violence permet désormais la nullité, car deux personnes ne peuvent être contraintes de continuer à vivre ensemble si elles ne le souhaitent pas.
2. Nullité du Mariage : Distinction Civile et Canonique
L'annulation du mariage prétend que le mariage n'a jamais existé en droit. Du point de vue civil et canonique, cela signifie qu'au moment de l'échange du consentement, il y avait un vice ou un défaut.
Causes de Nullité (Vice ou Défaut de Consentement)
Si le consentement est manquant ou défectueux, le mariage est fondamentalement vicié. Les caractéristiques essentielles du mariage sont la compréhension et la volonté.
- Vice du consentement : Le consentement est affecté par la violence (contrainte par la peur), l'erreur ou une condition.
- Défaut de consentement : Absence de consentement (simulation totale, par exemple pour obtenir la citoyenneté) ou invalidité.
Un défaut de consentement peut survenir lorsqu'une personne qui le donne est incapable (incapacité locale) ou sous l'influence de drogues.
Le Mariage Nul (Droit Civil)
Le mariage nul civilement n'est pas nul canoniquement, mais le lien reste civil. Un mariage civil est porté devant le tribunal. Les causes de nullité pour ce type de mariage sont celles qui sont reflétées dans le Code Civil (Article 73.1).
La Loi sur la violence sexiste permet au juge de prononcer une peine contre l'homme dès les premiers signes d'abus, jusqu'à ce que son innocence soit avérée. La nullité canonique du mariage n'a pas d'effets civils directs.
Pour dissoudre le mariage religieux, il doit y avoir une cause de nullité (avec une certaine similitude avec le droit civil). La nullité canonique implique l'absence de mariage en raison de l'existence, au moment du consentement, d'un vice ou d'un défaut. Pour obtenir la nullité, des preuves prétendues et valides sont nécessaires et sont essentielles à la poursuite du processus de nullité. La demande peut être déposée par les époux auprès des tribunaux de l'Église, et une fois déposée, le processus d'annulation peut être mené.
3. Régime Général de la Procédure Canonique de Nullité
Motivations pour la Demande en Annulation
Les personnes qui demandent l'annulation du mariage se basent sur deux raisons :
- Raison religieuse : Leur situation est irrégulière et elles souhaitent se remarier dans l'Église.
- Raison de conscience : Chrétiens qui n'ont pas de problème de conscience, mais qui veulent rompre le lien avec l'autre personne.
Les procédures canoniques de nullité sont accessibles à toutes les personnes, quel que soit le facteur économique. Le parrainage (aide gratuite) est accordé à ceux qui ne peuvent pas se le permettre. Le tribunal qui mène le processus est composé d'employeurs stables, d'avocats et de prêtres qui traitent les causes de nullité du mariage. La personne n'a qu'à payer les frais du Tribunal.
Seul le tribunal ecclésiastique est compétent pour ce processus, et non les tribunaux réguliers. Le Tribunal de la Rote de Madrid est également compétent. Les parties qui interviennent dans le processus sont les époux : l'un en tant que demandeur et l'autre en tant que défendeur.
Étapes du Processus d'Annulation Canonique
Le processus d'annulation se déroule comme suit :
- Processus de mise en place : Il commence par le dépôt de la demande et se termine par le procès (la défense de l'essai).
- Période d'essai (Instruction) : Toutes les preuves du processus sont présentées.
Preuves Directes (Faites devant le Juge)
Les preuves directes sont ainsi nommées parce qu'elles sont faites devant le juge :
- Le procès rapide : Le juge est habilité à interroger les époux avant l'interrogatoire judiciaire.
- Pièces : Preuves documentaires, comme des lettres envoyées par les époux.
- Témoins : Interrogatoire des témoins.
- Preuve d'experts : Souvent des spécialistes, psychologues ou psychiatres.
- La reconnaissance : Lorsque le tribunal doit examiner une preuve au sein de la cour elle-même. En cas de preuve extérieure, il y a accès à l'appel judiciaire.
En plus des preuves directes, le juge utilise d'autres preuves indirectes en dehors du processus pour obtenir la certitude.
- Processus Discusorio : Discussions entre les avocats et le défenseur du lien.
- Prise de Décision : La fin du processus par le décret canonique de nullité.
Le Principe de Double Ligne
Il existe un principe de double ligne dans ces jugements, car ils doivent être confirmés par décret, par un autre tribunal ecclésiastique et par une juridiction supérieure.
- Principe de la conformité : La première sentence de nullité dictée par le tribunal ecclésiastique est une décision finale, car elle résout l'annulation et met fin à l'instance. Ce couple peut se remarier.
Deux arrêts sont nécessaires pour déclarer un mariage nul (le premier affirmant la nécessité du second) afin de créer une sécurité juridique dans le processus canonique. Dans des circonstances exceptionnelles, une révision peut être demandée si des faits très graves se sont produits. En cas de succès de l'appel (de la révision), le couple ne peut se remarier non plus.