Psychopathie et Théories de la Délinquance
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La Psychopathie : Notion et Caractéristiques
Le concept de psychopathie est réservé aux personnes qui ne sont pas socialisées et dont les comportements conduisent à des poursuites permanentes de la part de la société. Ils sont incapables d'être fidèles, sont extrêmement égoïstes, insensibles et irresponsables ; leur niveau de tolérance à la frustration est très faible.
Deux faits sont caractéristiques de la personnalité psychopathique : l'incapacité de réponse émotionnelle et la tendance à agir de manière irrésistible et impulsive. Ces deux éléments entraînent des traits secondaires tels que les comportements antisociaux, l'agressivité et le manque de motivation. Ces troubles mentaux ne sont pas traités car les individus n'ont pas perdu le contact avec la réalité (ils gardent leurs facultés mentales). Pour cette raison, selon le pays, ils peuvent être accusés au criminel.
L'Échelle de Robert Hare (PCL-R)
Robert Hare a créé la PCL-R, qui est l'outil le plus utilisé au monde pour l'évaluation de la psychopathie. Il s'agit d'une échelle de 20 points composée de deux facteurs :
- Le premier facteur a trait à la personnalité : Charme superficiel, sentiment de confiance en soi grandiose, égocentrisme, mensonge pathologique, manipulation, absence de remords et de culpabilité, affect superficiel, cruauté, manque d'empathie et refus d'assumer la responsabilité de ses actes.
- Le deuxième facteur a trait à la déviance sociale : Besoin de stimulation, style de vie parasitaire, faible contrôle de soi, précocité des délits, manque de réalisme à long terme, impulsivité, irresponsabilité, délinquance juvénile, révocation de libération conditionnelle, polyvalence pénale, promiscuité sexuelle et multiples relations conjugales brèves.
Une ponctuation est assignée à chaque élément. Si le résultat est égal ou supérieur à 30, la psychopathie est confirmée. Entre 20 et 29, l'individu est considéré comme modérément psychopathe, et en dessous de 20, il n'est pas considéré comme tel.
L'École de Chicago et la Sociologie Urbaine
L'École de Chicago est le nom donné à un ensemble d'auteurs du département de sociologie de Chicago. C'est l'une des sources les plus puissantes et influentes de l'expansion de la sociologie moderne et du droit pénal. La thèse la plus pertinente de l'École de Chicago est que les caractéristiques de certains espaces physiques et sociaux de la ville industrielle et urbaine engendrent la criminalité, expliquant ainsi la répartition géographique des zones de délinquance.
- But : Elle s'inquiète de la croissance des villes, de l'expansion de l'industrie et des voies ferrées.
- Méthode : L'école emploie des méthodes de recherche sur le terrain empiriques, des statistiques et des techniques perfectionnées.
- Conclusions : Des personnes qui, dans leur pays d'origine, n'étaient pas des criminels, le deviennent en arrivant en Amérique. Le changement de pays provoque une baisse de l'inhibition et favorise le passage à l'acte. Chaque groupe reste soudé mais en dehors de la culture du nouveau pays. Le crime se concentre dans les zones frontalières ; il est souvent commis en dehors de l'endroit où l'on réside.
La Théorie de la Dérive de David Matza
David Matza accepte l'idée que le délinquant suit un processus d'apprentissage, mais il diverge en affirmant que la plupart des délinquants partagent les valeurs de la société. Ils font des incursions dans la délinquance puis en sortent. Le délinquant serait un citoyen traditionnel qui, de temps en temps, commet une infraction.
L'individu doit apprendre à neutraliser la force du système de réglementation. Cette neutralisation se fait à travers plusieurs éléments :
- Traditions souterraines : Ensemble de valeurs faisant partie de la culture dominante mais qui ne sont pas exprimées en public.
- Techniques de neutralisation : Utilisation des valeurs de la norme, parfois inconsciemment, pour justifier l'acte.
- Circonstances exonérantes : Justifications acceptées dans le code pénal (déni de l'illégalité, disqualification de la victime).
- Préparation : Observation technique et morale de la faisabilité de l'acte.
- Désespoir : Besoin de l'individu de commettre un acte pour renforcer son estime de soi.
Le Processus en Trois Moments
- Affinité : Liée à l'idée de l'École de Chicago (croyances et valeurs).
- Affiliation : L'individu rejoint un groupe pour apprendre à commettre des crimes.
- Signification : Moment où la personne a une perception différente du délit. Elle se transforme et accepte une nouvelle réalité, une idée liée à la théorie de l'étiquetage.
Théories Sociologiques de la Délinquance Féminine
Les théories sociologiques sont les plus courantes pour expliquer la criminalité.
La Théorie de la Chevalerie d'Otto Pollak
Créée en 1950 dans le livre "The Criminality of Women", elle explique la criminalité féminine via la sociologie et la psychobiologie. Pollak affirme que les chiffres de la criminalité féminine sont plus élevés qu'on ne le pense. Les rôles sociaux (gestion de la maison, cuisine, éducation, soins) permettent de dissimuler des violations. Par exemple, le rôle de cuisinière ou de soignante a pu faciliter l'empoisonnement. L'impuissance des victimes (enfants) mène souvent à une absence de plaintes.
Une autre raison est l'attitude chevaleresque des hommes (policiers ou magistrats) envers les femmes, entraînant une bienveillance des institutions. Les juges sont plus indulgents et privilégient d'autres mesures avant la prison. En prison, la proportion de régimes ouverts est d'ailleurs plus élevée chez les femmes.
La Théorie des Rôles de Joseph G. Weis
Établie en 1982, cette théorie distingue l'inversion des rôles et la convergence des rôles. Dans le premier cas, la femme délinquante serait "anormale" ou subirait une virilisation. La seconde soutient que dans nos sociétés, la confusion et le mélange des rôles entre les sexes augmentent, rendant difficile la distinction entre hommes et femmes sur les questions sociales. Cette convergence suggère que l'égalité mène à une criminalité féminine comparable à celle des hommes, bien que cela ne soit pas encore totalement vérifié pour les crimes violents. Enfin, la loi de Black (1976) établit que plus le contrôle social informel est faible, plus le contrôle social formel augmente, et vice-versa.