La Question Préalable en Droit International Privé
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Plaidoyer sur la Question Préalable
Introduction
Une étude récente, apparue dans les années 30, concerne la doctrine allemande. Il est rare de croiser une question préalable. Les lois elles-mêmes ne fonctionnent pas correctement ou spécifiquement. Cette objection (la question préalable) se retrouve en particulier dans les relations de succession. L'objection mène au raisonnement suivant :
La question préalable se produit toujours lors de l'examen d'une situation de droit international privé (DIP), et lorsqu'elle est confrontée à ce raisonnement, elle fait face à une seconde analyse, également liée au DIP. Sans répondre à cette deuxième question connexe, il est impossible d'analyser le problème principal.
Autrement dit, la question préalable survient lorsque deux relations de DIP s'approchent et s'entrelacent dans une affaire. Il n'est pas possible de résoudre l'une sans traiter l'autre, car l'une chevauche l'autre. Le problème apparaît lorsque deux relations de DIP, qui a priori seraient différentes et auraient des caractéristiques distinctes, sont étroitement liées. La résolution du problème principal est subordonnée à la résolution de la question préalable.
Le tribunal agit comme un mécanisme garantissant l'ordre public. Lorsqu'il est impossible d'appliquer une règle étrangère (le droit matériel étranger étant inapplicable), la norme internationale est alors appliquée.
La question préalable constitue une interruption du raisonnement juridique, y compris la réalisation de la règle de conflit et l'application du droit de fond. C'est comme si une autre relation de DIP traversait le cas (une relation préalable et une relation principale). Il s'agit d'une information manquante, obtenue par la résolution de cette question avant l'analyse de la relation principale de droit international privé.
Caractérisation de la Question Préalable
- Il faut d'abord examiner la question juridique principale. Au cours de cette analyse, un deuxième problème juridique apparaît : la question préalable. Chacune de ces questions possède des droits différents et des liens spécifiques.
- La situation qui relie les deux est, dans la plupart des cas, que le premier État aura une résolution différente de la question préalable.
- Quand cette connexion se produit-elle habituellement ? Si une partie impliquée dans la relation principale est également celle qui soulève la question préalable. Il s'agit d'une connexion d'agents (au moins un agent). Il y a donc une coïncidence des agents.
Exemple 1 : Succession
La plupart des discussions sont soulevées dans des problèmes impliquant la succession.
Prenons l'exemple d'un Français venu au Brésil pour des raisons professionnelles. Il épouse une Brésilienne, a deux enfants et acquiert des biens immobiliers. Il décède au Brésil. Cette question relève du DIP (héritiers, décès, biens étrangers et brésiliens).
L'appareil judiciaire brésilien prend connaissance de l'affaire et la qualifie comme une question de succession (le sujet de la relation juridique). Il cherche la règle de conflit applicable à la succession (Art. 10 de la LICC). Ainsi, la règle de conflit brésilienne ordonne l'application de la loi de succession au lieu de situation de la propriété du défunt, ouvrant l'inventaire avec l'identification de la veuve et des héritiers, et énumérant la liste des actifs.
Article 10. La succession à cause de mort ou l'absence obéit à la loi du pays où le défunt ou la personne disparue était domicilié, quels que soient la nature et la localisation de la propriété.
L'ouverture de l'inventaire doit être considérée. Lorsque l'on commence à dresser la liste des biens et à identifier les héritiers nécessaires, une Hollandaise se présente, prétendant être la fille du Français, et revendique son affiliation. C'est l'objection : il n'y a rien à transférer aux héritiers tant que l'on ne sait pas combien d'enfants le défunt a. Il faut d'abord régler la situation de la Hollandaise, vérifier si elle est bien une enfant ou non. Elle doit prouver qu'elle est la fille, qu'elle est héritière et qu'elle est en mesure de se qualifier dans l'affaire pour obtenir sa part. Être le fils ne signifie pas nécessairement être l'héritier. La réponse (si elle est héritière ou non) renvoie à l'inventaire. Ainsi, la question de la Hollandaise est une question préliminaire à la succession.
Exemple 2 : Validité du Contrat
Quelques semaines avant son décès, le Français entame des négociations avec le propriétaire d'un bien immobilier au Liban. De retour au Brésil, il négocie l'achat de cette propriété et, trois jours avant sa mort, répond à un courriel au propriétaire, confirmant sa déclaration d'intention d'acquérir le bien. Ce projet de contrat est-il valable ?
Il faut d'abord vérifier si l'achat et la vente ont été réalisés. Si oui, la propriété entre dans l'inventaire. Il est difficile de savoir si l'accord envoyé par courriel est valide ou non. C'est une question préalable, car sans la confirmation de l'acquisition de la propriété, il n'est pas possible de finaliser l'inventaire, car on ignore si cette propriété fera partie de la liste des biens du défunt et si elle sera partagée avec les autres actifs.
Ainsi, il n'y a aucun moyen de résoudre la question de la succession (du Français) sans aborder la question de l'affiliation de la Hollandaise et celle de l'achat et de la vente du bien.
Méthodes de Résolution
Application du même droit (Absorption)
Cette méthode effectue une transposition du droit applicable à la question principale vers la question préalable. Elle suppose la dépendance de la question préalable, considérant qu'elle a été soulevée en fonction de la question principale. Par conséquent, la loi applicable à la question principale est responsable de la résolution de la question préalable.
Lorsqu'une question préjudicielle émerge, le droit appliqué à la question principale est identifié et s'applique également à toutes les questions préalables qui peuvent survenir dans ce cas. Dans l'exemple illustré ci-dessus, la loi brésilienne s'appliquerait à toutes les relations. Cela crée un problème de dépendance de la question préalable vis-à-vis de la question principale, en ce qui concerne le droit applicable.
Qualification Propre (Indépendance)
L'internationalité exige l'identification, la qualification, l'application de la règle de conflit, l'application du droit substantiel, puis la résolution de la question principale. Cela signifie réaliser une approche indépendante pour toutes les relations de droit international privé. Il y a ici une relation d'indépendance en droit international privé.
Choix des Options Applicables
Il faut considérer le système juridique qui régit la question préalable pour vérifier s'il convient d'appliquer le même droit ou d'effectuer la qualification propre (où il y a une distinction entre la question principale et la question accessoire, avec une indépendance des relations de DIP).
- En cas de doute, chaque question doit être qualifiée individuellement. Rien n'empêcherait la question préalable d'être soulevée même sans la question principale. La question principale n'est présentée ainsi que parce qu'elle est venue en premier. Pour respecter l'intégrité de chaque relation, on doit procéder à la qualification propre. C'est ce que dit la doctrine.
- Il faut d'abord vérifier si le système juridique ne choisit pas l'une des deux options. Si aucune disposition n'est prévue à cet effet (ce qui est généralement le cas), il faut choisir la qualification propre, indépendamment de la question principale. D'un point de vue technique, c'est la méthode la plus appropriée.
Conclusion et Droit Brésilien
Dans le monde, la plupart des législations, y compris celle du Brésil, ne tiennent pas correctement compte de la question préalable. Le traitement de cette question est généralement effectué par des conventions internationales récentes. Ce panorama d'indifférence et de réglementation peu contraignante dans un cadre conventionnel discret est ce qui se passe au Brésil.
Le dispositif qui mentionne spécifiquement la question au Brésil est la Convention américaine sur les normes générales de DIP (Montevideo, 1969), dont le Brésil est signataire :
Article 8 : La question préalable, les dommages préliminaires ou accessoires qui peuvent exister avant une relation primaire, ne sera pas nécessairement résolue conformément au système juridique qui traite de la relation primaire.
Le problème est que cet article est une clause de clôture qui ne résout pas le problème, car chaque État signataire l'aborde comme il le souhaite.
La LICC ne contient pas de dispositif similaire mentionnant explicitement la question préalable ou approchant l'une des deux méthodes, mais la résolution est implicite, notamment via :
Article 10 : La succession à cause de mort ou l'absence obéit à la loi du pays où le défunt ou la personne disparue était domicilié, quelle que soit la nature et la localisation de la propriété.
§ 2 : La loi du domicile de l'héritier ou légataire régule la capacité de succéder.
Le Brésil adopte sa propre qualification. Cela fournit un bon exemple d'irrecevabilité et d'analyse de la méthode de qualification propre.