La Reconstruction et la Chute de la IVe République Française (1945-1958)
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La France à rebâtir après 1945
L’état de la France en 1945
- Économique : Une France exsangue (635 000 morts, les deux tiers du réseau ferré détruits, rationnement jusqu’en 1948).
- Politique : Unité derrière la Résistance et De Gaulle, mais risques de dérive anarchique, de luttes fratricides et forte influence des communistes.
Série de mesures pour reconstruire le pays
Mesures politiques pour refonder l’État
- Formation (juin 1944) par De Gaulle du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) avec les partis et la Résistance (2 PCF, 4 SFIO, 3 démocrates-chrétiens, 3 radicaux, 1 modéré, 9 membres de la Résistance).
- Envoi de commissaires de la République dans tout le territoire pour assurer l’autorité du GPRF.
- Résultats : Désarmement des mouvements de résistance, le Parti Communiste reste légaliste, l’autorité de l’État est reconnue.
Mesures économiques et sociales
- Nationalisations : Banques, énergie (EDF-GDF), transports aériens (création d’Air France) ou collaborateurs (Renault).
- Commissariat au Plan : Planification incitative de l’économie.
- Réforme du statut du salarié : Création des comités d’entreprises, restauration de la liberté syndicale.
- Sécurité sociale : Remboursement des frais de santé + versement des retraites.
La vie politique et la question des institutions
Reconstitution et renouvellement des forces politiques
Les forces politiques se reconstituent et se renouvellent : SFIO, Parti Radical (affaibli), Modérés (discrédités par Vichy), PCF (image de Parti résistant), Mouvement Républicain Populaire (MRP, démocrate-chrétien).
La difficile question des institutions et la rupture avec De Gaulle
- 1ère Assemblée Constituante (octobre 1945) : SFIO, PCF et MRP la dominent. De Gaulle est chef du gouvernement, mais il démissionne face à l’opposition croissante des partis coalisés.
- Premier projet de constitution rejeté par référendum en mai 1946.
La naissance de la Quatrième République
- Nouveau projet élaboré après élection d’une nouvelle constituante : régime parlementaire déséquilibré (Assemblée nationale : rôle prédominant).
- De Gaulle manifeste son opposition et propose une alternative dans son discours de Bayeux (16 juin 1946).
- Le peuple approuve à 53% les nouvelles institutions par référendum (13 octobre 1946).
Les débuts difficiles de la IVe République (1946-1954)
Des atouts…
Une constitution offrant des avancées
- En matière de droits économiques et sociaux : droit au travail, comités d’entreprises, égalité homme/femme.
- En matière de gestion des territoires coloniaux : Union française.
Un contexte économique favorable : débuts des Trente Glorieuses
Croissance soutenue :
- 6% de croissance industrielle par an (chimie, automobile, aéronautique).
- Modernisation de l’agriculture et des services.
Facteurs explicatifs
- Forte consommation intérieure, fondée sur un optimisme général et sur le dynamisme démographique : « baby-boom ».
- Action de l’État : politique nataliste (allocations familiales).
- Plan Marshall.
- Productivité élevée grâce aux travailleurs et à la mécanisation.
Une relative stabilité politique
Après De Gaulle, PCF-SFIO-MRP signent une charte de collaboration ; ce tripartisme permet de stabiliser les effets du parlementarisme.
… vite masqués par l’accumulation des difficultés
La montée des oppositions
Le tripartisme explose avec l’entrée du PCF dans l’opposition :
- À cause de la politique internationale de la France, dans le contexte de guerre froide : acceptation du Plan Marshall, adhésion à l’OTAN, guerre d’Indochine.
- À cause de l’agitation sociale et des grèves insurrectionnelles de 1947-1948 : 3 millions de grévistes, assaut de bâtiments publics, émeutes, sabotage d’outils de travail ou de voies de chemin de fer.
La menace d’une force d’opposition gaulliste
- En avril 1947, De Gaulle crée le RPF.
- D’abord un triomphe (municipales de 1947), puis essoufflement (législatives de 1951) et dissolution (1953).
L’instabilité gouvernementale chronique
Formation d’une nouvelle coalition, la Troisième Force, regroupant :
- SFIO (Mollet) ;
- Union Démocratique et Socialiste de la Résistance (Mitterrand) ;
- Radicaux ;
- MRP (Bidault) ;
- Modérés de droite (Pinay).
Après sa victoire de 1951, la Troisième Force glisse vers la droite :
- La SFIO ne participe plus au gouvernement.
- Pinay est nommé pendant sept mois Président du Conseil.
La multiplication des partis et la volatilité de leurs alliances provoque :
- Les changements de majorité et l’instabilité des gouvernements : 21 en 12 ans.
- Une crise de confiance, profitant à l’extrême-droite : Union des Commerçants et Artisans de Pierre Poujade.
Le poids du contexte international fragilise le régime
Les débuts chaotiques de la construction européenne
- Création de la CECA (1951) qui aboutira à la signature du traité de Rome instituant la CEE (1957).
- Mais grave crise provoquée par le projet de Communauté Européenne de Défense (CED) entre 1952 et 1954.
La gestion catastrophique de la décolonisation et la guerre d’Indochine
- Enlisement du corps expéditionnaire français envoyé dès 1945.
- Défaite de Diên Biên Phu (7/05/1954) qui provoque l’arrivée de Pierre Mendès France au pouvoir.
La crise et la chute de la Quatrième République (1954-1958)
L’expérience Mendès-France : un redressement éphémère
Le mendésisme, un espoir dans la vie politique française
En juin 1954, Mendès-France forme un gouvernement d’union :
- Formé de radicaux, de gaullistes, d’UDSR et de MRP.
- Mendès agit comme véritable chef de gouvernement : émissions hebdomadaires à la radio destinées aux Français.
Un programme ambitieux
- Redressement et modernisation économique.
- Règlement de la question coloniale : accords de Genève (fin de la guerre d’Indochine le 20/07/1954), négociations avec le Maroc et la Tunisie, mais position ferme sur l’Algérie (« L’Algérie, c’est la France ! »).
- Projet de réforme : pouvoirs législatifs au Conseil de la République, renforcement de l’exécutif.
La chute, après sept mois de gouvernement
Mendès est critiqué pour son style, ses projets et sa politique coloniale ; la coalition qui le soutenait éclate et l’assemblée le renverse en 1955.
La crise algérienne : un coup fatal au régime
L’éclatement d’une guerre qui nuit à l’image de la France
Le 1/11/1954 le F.L.N. lance l’insurrection et pousse la France à s’enliser dans une guerre féroce. La brutalité du conflit (attentats, exactions, torture) place la France dans une situation difficile à l’ONU.
Une guerre qui détériore les rapports entre l’État, la nation et l’armée
Guy Mollet accentue l’escalade du conflit : pouvoirs spéciaux à l’armée et envoi du contingent (jusqu’à 400 000 hommes).
La guerre provoque une crise politique et morale
- L’armée (en partie), les Pieds-Noirs défendent l’Algérie française.
- La torture et l’envoi d’appelés rendent la guerre très impopulaire.
- Malgré des succès (3ème semaine de congés payés, autonomie aux territoires d’Afrique noire, signature du Traité de Rome), Mollet est renversé en 1957 à cause de l’échec de sa politique algérienne.
La crise finale du 13 mai 1958
La nomination de Pflimlin comme président du Conseil provoque une insurrection en Algérie :
- Les partisans de l’Algérie française et les militaires professionnels proclament le 13/05/1958 à Alger un Comité de Salut Public.
- Les insurgés d’Algérie réclament le retour de De Gaulle.
La menace de guerre civile permet à De Gaulle de revenir
- Il est investi Président du Conseil le 1er juin 1958.
- Il obtient les pleins pouvoirs pour rédiger une Constitution.
La Quatrième République s’effondre légalement, malgré les pressions des milieux Algérie française et des gaullistes pour le retour du Général au pouvoir.