Réduction des inégalités sociales : enjeux et limites

Classé dans Sciences humaines et sociales

Écrit le en français avec une taille de 3,67 KB

Réduction des inégalités sociales à long terme

Les inégalités ne peuvent se résumer à des inégalités économiques. Elles sont aussi sociales, extrêmement nombreuses et variées, et il serait impossible de toutes les répertorier : inégalités à l’école, entre hommes et femmes, régionales ou entre quartiers, face à la mort...

Les inégalités entre les hommes et les femmes se sont atténuées à long terme, ce que l'on peut observer à différents niveaux :

  • Au niveau économique : les femmes ont investi massivement le travail salarié. L’écart entre le travail professionnel masculin et féminin s’est réduit. Les femmes n’ont plus besoin de l’autorisation de leur mari pour travailler (1965) et peuvent jouir librement de leurs revenus.
  • Au niveau politique : les femmes deviennent peu à peu des citoyennes à part entière. Elles ont acquis le droit de vote en 1944, bien après d’autres pays.

La diminution des inégalités scolaires

L’école s’est démocratisée. Elle participe à la démocratisation de la société, d’une part parce qu’elle transmet des connaissances qui compensent les handicaps culturels des milieux défavorisés, et d’autre part parce qu’elle sélectionne les individus en fonction de leurs résultats, et non de leur origine sociale, pour dégager une élite républicaine.

Cependant, les sociétés démocratisées n’en ont pas fini avec les inégalités

La hausse des inégalités de revenus

Les revenus des 1 % les plus riches ont beaucoup augmenté durant ces deux dernières décennies. Cette progression a été plus forte dans les pays anglo-saxons (les États-Unis ont retrouvé un niveau d’inégalité supérieur à celui du début du XXe siècle, où les 10 % les plus riches s'accaparent 50 % du revenu total) qu’en France, en Allemagne ou au Japon. Ce ne sont pas les bas revenus qui ont décroché, mais les hauts revenus, et en particulier les très hauts salaires, qui ont explosé.

La hausse des inégalités de patrimoine

Le patrimoine est très inégalitairement réparti du fait qu’il se transmet par héritage. Il est aussi cumulatif : l’argent produit de l’argent, le patrimoine immobilier permet de toucher des loyers et de réaliser des plus-values. On peut faire deux observations :

  • Les inégalités de patrimoine sont beaucoup plus fortes que les inégalités de revenus.
  • Les inégalités de patrimoine ont augmenté ces vingt dernières années. En France, le rapport est passé de 1 à 680 en 2004 à 1 à 920 en 2010.

Apparition des inégalités intergénérationnelles

Les cohortes nées jusqu’à la fin des années 1940 bénéficiaient d’un net progrès générationnel : d’une génération à la suivante, les conditions d’emploi étaient plus favorables à l’entrée sur le marché du travail, le niveau de vie augmentait régulièrement, et l’accès était plus fréquent à l’éducation et à la propriété d’un logement.

Les générations les plus récentes vivent une situation contrastée. Plusieurs années de bonne conjoncture au tournant des années 2000 ont contribué à leur redonner un niveau de vie plus élevé que les générations précédentes au même âge.

Les inégalités entre générations s’accompagnent d’inégalités intra-générationnelles. L’accès à l’emploi est ainsi étroitement lié au niveau de diplôme. Ce dernier met davantage à l’abri du chômage et garantit plus souvent un emploi stable, mais de plus en plus au prix d’un déclassement en matière de salaire et de statut d’emploi.

Entrées associées :