La réforme de la Constitution espagnole : procédures
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Réforme constitutionnelle
Cette section de la Constitution, abordée dans le dernier titre, pose de nombreux problèmes.
Par exemple, dans l'article 169, il semble commencer sans doute, mais il est déterminé à être « en temps de guerre » et il est interdit de démarrer le processus de réforme. Mais qu'en est-il de ce procédé ? Littéralement, on pense qu'elle est autorisée, mais l'interprétation téléologique la rejette.
Le processus de réforme comporte deux phases : l'initiative législative, ainsi que le développement et l'approbation :
L'initiative législative
Elle est réglementée par l'article 166 qui se réfère aux articles 87.1 et 87.2. La première initiative permet d'autoriser le Gouvernement, le Congrès et le Sénat, et la deuxième concerne les assemblées législatives des Communautés autonomes.
Pour le Gouvernement, la proposition est présentée au Conseil des ministres.
Si elle émane du Congrès, le règlement stipule que les groupes parlementaires doivent être au nombre de 2 ou représenter 1/5 des députés. Le Sénat précise toutefois qu'il faut 50 sénateurs n'appartenant pas au même groupe parlementaire.
L'Assemblée peut demander au Gouvernement de présenter un projet de réforme ou envoyer directement au Congrès une proposition.
Préparation et approbation
Il existe deux voies : l'ordinaire et l'extraordinaire, via les articles 167 et 168.
Article 167 : la procédure ordinaire
Une fois le projet présenté, il doit être approuvé par les trois cinquièmes (3/5) du Congrès des députés et les 3/5 du Sénat, sans introduire de variations. Puis, en fonction de l'article 167.3, un délai de 15 jours est prévu au cours duquel, si personne ne demande de référendum, la réforme est approuvée. Le référendum peut être demandé par un dixième des députés ou des sénateurs ; s'il y a une majorité de voix à ce référendum, la réforme est approuvée.
S'il n'y a pas la majorité requise des trois cinquièmes au Sénat, mais une majorité simple, on crée un comité mixte (composé paritairement de députés et de sénateurs) qui élabore un texte. Ce dernier sera voté pour la réforme au Congrès et au Sénat et doit être approuvé par les 3/5 de chaque chambre. Par la suite, l'article 167.3 s'applique.
S'il est approuvé par les trois cinquièmes du Congrès, mais pas par les 3/5 du Sénat (tout en obtenant la majorité absolue), le texte retourne au Congrès : si les 2/3 des députés votent en faveur, l'article 167.3 s'applique.
Article 168 : la procédure extraordinaire
Il s'agit de réformer la Constitution dans son ensemble, ou la section sur les droits fondamentaux, les libertés civiles et la Couronne.
Vous devez d'abord obtenir l'approbation du principe (sans avoir à soumettre le texte proposé) par les 2/3 du Congrès et du Sénat. S'il est approuvé, les Chambres sont dissoutes et des élections sont tenues pour en créer de nouvelles, au cours desquelles les partis présentent leurs propositions. Plus tard, il y aura un vote pour ratifier la décision de poursuivre le processus de réforme. La majeure partie de la doctrine entend que ce vote d'approbation se fait à la majorité simple.
Puis on étudie le texte, qui doit être approuvé à la majorité des 2/3 de chaque chambre, ce qui sera suivi par un référendum obligatoire.
Ce processus est très démocratique car il implique la dissolution du Parlement afin que les électeurs se prononcent sur la réforme proposée et parce qu'il exige finalement un référendum.
Toutefois, cet article présente quelques difficultés :
- Changer la Constitution espagnole : cela ouvre un véritable processus constituant.
- Effets systémiques : des problèmes découlent du fait que l'article 168 affecte certains articles qui, s'ils étaient réformés, nécessiteraient à leur tour la réforme d'autres articles. Par exemple, si l'article 168 paragraphe 2 modifiait la place de l'Espagne pour en faire un État fédéral, les articles 148, 149, 150, 151 et 152 seraient également impactés, car la division des pouvoirs changerait et les Communautés autonomes deviendraient des États fédéraux.
La clause des articles irréformables
Il est difficile d'obtenir la majorité des 2/3 dans le nouveau Parlement, car il existe des minorités qui ne sont pas d'accord. Cela signifie que, dans la pratique, il est presque impossible de réformer les articles visés à l'article 168.
De nombreux auteurs estiment qu'en pratique, il est impossible de réformer la Constitution espagnole sur ces points car cela requiert une majorité de grande portée.
Au moment de l'approbation de la première étape, il n'y a aucun problème. Le problème survient lorsqu'il faut trouver un accord sur le changement précis, car il est difficile de finaliser le changement par une telle démonstration de consensus.
Certains auteurs affirment que ces points ne peuvent pas être réformés et qu'on ne peut exprimer la volonté de réforme qu'en passant par un nouveau processus constitutionnel, mais d'autres pensent que cela est très dangereux car cela pourrait conduire à une rupture politique.
D'autres croient que la Constitution espagnole ne peut pas priver le pouvoir constituant de son action, car c'est un pouvoir original qui n'a pas de limites.
La cause présumée de l'irréformabilité (la majorité des 2/3) pourrait disparaître en Espagne si les articles 167 et 168 de la Constitution espagnole étaient eux-mêmes réformés. Mais cela est également difficile car la Constitution espagnole a créé une clause de protection au sein même de l'article 168.