Réformes des Bourbons en Espagne : Centralisation et Administration

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Les réformes dans l'organisation de l'État

La réforme du gouvernement centraliste

La monarchie des Bourbons s'est réalisée sur deux principes fondamentaux : la centralisation et l'uniformité.

  • Centralisation : L'action du gouvernement devait émaner du Roi et de ses ministres.
  • Uniformité : Ces mesures devaient s'appliquer de manière identique à tous les sujets.

Ces deux principes visaient à éliminer les privilèges locaux et provinciaux. Pour les concrétiser, une série de réformes fut entreprise, reléguant le système traditionnel des Habsbourg. Le Conseil de Castille devint le Conseil Royal du Royaume. La création de secrétaires d'État, de ministres et de fonctionnaires devint indispensable au sein du gouvernement des Bourbons.

La suppression des privilèges des royaumes de l'Est

Pendant la Guerre de Succession, les royaumes de l'Est (Valence, Aragon, Catalogne et Majorque) s'étaient révoltés contre Philippe V. En représailles, il ordonna la suppression de leurs institutions et privilèges à travers les Décrets de Nouvelle Planta.

Ces décrets abolirent :

  • Les juridictions, les tribunaux et les conseils, y compris le gouvernement et les conseils locaux.
  • Le juge en chef, ainsi que le système financier et monétaire propre à chaque royaume, et le Conseil d'Aragon.

En lieu et place, les lois, institutions et bureaux de Castille furent imposés. Les vice-rois furent supprimés. La langue catalane fut limitée à la vie privée et interdite dans les actes officiels à la Cour.

Néanmoins, l'égalité entre les royaumes ne fut pas totale : les Royaumes de l'Est conservèrent leur droit civil et leurs coutumes. De même, le Pays Basque et la Navarre conservèrent leurs privilèges et leurs coutumes. La Navarre maintint également ses tribunaux et son titre de Vice-roi.

Le nouveau modèle d'administration territoriale

De nouvelles divisions administratives et politiques furent créées, avec des représentants de l'autorité centrale de Madrid : les gouverneurs et les capitaines généraux.

  • Le Gouverneur contrôlait un district de taille moyenne et devait résider dans sa capitale ; il possédait des pouvoirs administratifs.
  • Le Capitaine Général remplaça les vice-rois dans les zones jugées plus sensibles d'un point de vue défensif, notamment dans les royaumes de l'Est. Il avait des fonctions militaires et présidait les cours de justice.

Les réformes judiciaires

Au cours du XVIIIe siècle, les Cortes (parlements) furent convoquées de manière unique pour tous les territoires d'Espagne, à l'exception de la Navarre. Chaque territoire avait deux avocats pour chacune des 36 villes ayant droit de représentation. Après la Guerre de Succession, les Cortes ne furent convoquées que 3 fois, et les requêtes des procureurs furent souvent oubliées ou rejetées.

Les réformes dans l'armée et la marine

L'objectif était de créer une armée nationale pour la défense de l'Espagne. Le recrutement s'effectuait par trois voies : les volontaires, les prélèvements obligatoires (contre le vagabondage) et la quinta (le cinquième, tirage au sort).

Une garde royale fut créée, composée de soldats espagnols et wallons (flamands), destinée à réprimer les émeutes. Cette action initia la création d'une véritable armée nationale.

Il était impératif de disposer d'une marine forte pour défendre la route des Indes et les intérêts espagnols en Méditerranée. Cependant, le nombre de marins espagnols restait faible et manquait d'expérience au combat.

L'Église

Sous les Bourbons, l'Espagne appliqua le principe du Gallicanisme, sanctionné par le Concordat avec le Saint-Siège. Ce Concordat accorda à la Couronne le droit de patronage universel : le Roi présentait au Pape les candidats aux évêchés et à presque tous les offices ecclésiastiques dans ses domaines, limitant l'intervention pontificale.

L'intervention dans l'économie

La pensée économique dominante en Espagne était le mercantilisme, une doctrine qui attribuait un rôle majeur à l'État dans la conduite de l'économie. L'objectif de la politique économique des Bourbons n'était pas seulement le bien-être des sujets, mais aussi l'augmentation des ressources fiscales pour atteindre leurs buts.

Réforme fiscale

Pour accroître les recettes, les gouvernements des Bourbons procédèrent à des réformes fiscales. En plus de l'impôt unique établi dans les domaines de l'Est, Ensenada tenta de créer un impôt sur le revenu unique applicable à tous les domaines de Castille. À cette fin, il réalisa un recensement (le cadastre d'Ensenada) des ressources existantes et de la richesse produite en Castille.

Manufactures d'État

Les manufactures d'État, également appelées Fabriques Royales, étaient de grandes entreprises rentables imitées par le secteur privé. Elles produisaient des articles de luxe pour le Roi et la Cour :

  • Tapisseries (Fabrique Royale de Santa Barbara).
  • Porcelaine (Real Fábrica del Retiro).
  • Verrerie (Fabrique Royale de La Granja de San Ildefonso).

Travaux publics

Ensenada est considéré comme le premier moteur des travaux publics dans l'histoire moderne de l'Espagne. Son but était de promouvoir le commerce et l'industrie en améliorant les transports et la communication entre la périphérie et l'intérieur de Castille. Parmi les projets notables :

  • Le Canal de Castille.
  • La Carretera de Guadarrama.
  • Le Chemin de Reinosa.

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