Régime juridique des langues en Espagne — Article 3
Classé dans Enseignement
Écrit le en
français avec une taille de 4,54 KB
Par conséquent, dans le cadre des dispositions contenues dans la Constitution, il semble approprié d'admettre que nous sommes confrontés à un cadre juridique sui generis des biens, au caractère double en général (dans la mesure où leur aspect matériel est susceptible d'être détenu), dont l'importance ne réside pas tant dans le régime de la détention par rapport à la «chose», mais surtout dans le fait d'être un «bien», composé d'une valeur spirituelle ou d'une vocation et d'un caractère collectif, sans préjudice d'autres affectations et des services publics qui sont compatibles avec sa jouissance. Et qu'en confiant au gouvernement la mission d'assurer la préservation et l'enrichissement du patrimoine culturel, cela doit être fait indépendamment de leur statut juridique et de la titularité.
Point IV : Régime juridique des langues
Article 3
- Le castillan est la langue officielle de l'État. Tous les Espagnols ont le devoir de la connaître et le droit de l'utiliser.
- Les autres langues espagnoles sont également officielles dans les Communautés autonomes respectives, conformément à leurs statuts.
- La richesse des différentes modalités linguistiques de l'Espagne est un patrimoine culturel qui fera l'objet d'un respect et d'une protection particuliers.
Le texte de l'article 3 de la Constitution a été révisé à deux reprises. Le problème en discussion porte sur la dénomination même de la langue officielle de l'État. Adoptée à la demande de l'Académie de la Langue espagnole, la formulation initiale utilisait le terme «castillan». La portée de cette disposition se reflète dans le deuxième alinéa de cet article, qui préfère l'appellation «espagnol», en reconnaissant que le castillan est la langue commune de l'État espagnol, tandis que les autres langues sont reconnues comme officielles dans leurs Communautés autonomes respectives, conformément à leurs statuts.
Le libellé actuel est directement inspiré de celui de la Constitution de 1931, qui définissait le castillan comme langue officielle de la République, affirmant le devoir de tout Espagnol de la connaître et le droit de l'utiliser. Le régime des langues officielles est plus large dans la Constitution de 1978, dans la mesure où ces langues sont également reconnues au niveau des Communautés autonomes, conformément à leurs statuts. La Constitution de 1978 reconnaît la pluralité linguistique de l'Espagne et accorde aux langues officielles un statut affirmé. Elle considère également cette pluralité comme un patrimoine culturel devant faire l'objet d'un respect et d'une protection particuliers.
Cette formulation a été contestée par un député nationaliste, qui soutenait que la déclaration du castillan comme langue officielle de l'État impliquait l'imposition d'une langue dans les services administratifs, l'éducation et les médias. En réponse, d'autres députés ont souligné que le fait qu'une langue soit plus répandue que d'autres est une réalité inhérente à l'État national et que l'utilité incontestable de l'espagnol tient à son rôle de lingua franca entre tous les Espagnols ; ce caractère ne peut donc pas être attribué uniquement au fait d'être la langue la plus utilisée.
Le bilinguisme dans la Constitution espagnole
L'article 3 de la Constitution se compose de trois paragraphes :
- Il précise la langue officielle de l'État espagnol : «Le castillan est la langue officielle de l'État. Tous les Espagnols ont le devoir de la connaître et le droit de l'utiliser.»
- Il organise le statut des autres langues d'Espagne : «Les autres langues espagnoles sont également officielles dans les Communautés autonomes respectives, conformément à leurs statuts.»
- Il affirme la valeur culturelle de la diversité linguistique : «La richesse des différentes modalités linguistiques de l'Espagne est un patrimoine culturel qui fera l'objet d'un respect et d'une protection particuliers.»
Ce dispositif place la protection principale dans les paragraphes 1 et 2, tandis que le troisième contient une protection subsidiaire pour le reste de la réalité linguistique de l'Espagne.