Les régimes totalitaires de l'entre-deux-guerres
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Le régime soviétique
L'idéologie : Staline et les classes sociales
L'URSS est un régime totalitaire de gauche. Le régime soviétique s'appuie sur le marxisme-léninisme qui veut établir l'égalité sociale par la révolution et la fin de la domination des bourgeois sur les ouvriers (les prolétaires).
Contrôlant l'URSS d'une main de fer à partir de 1927, Staline annonce lutter contre un ennemi intérieur pensé comme malfaisant (le « bourgeois capitaliste ») afin de donner naissance à un « Homme nouveau » pleinement communiste et à une société égalitaire sans classes sociales.
L'encadrement de la société
- La propagande fait de Staline un chef charismatique, le Vojd (« le guide »), le « petit père des peuples ». Le Parti communiste d'Union soviétique (PCUS), parti unique, encadre la vie politique. Les manifestations de masse (comme le 1er mai à Moscou) sont des démonstrations de force du régime.
- Les jeunes sont embrigadés dans les Komsomols et les travailleurs sont encadrés par le syndicat communiste dont l'objectif n'est pas de défendre les travailleurs mais de les inciter à travailler davantage (stakhanovisme).
- L'État doit contrôler toute l'économie. À partir de 1929, Staline impose violemment la collectivisation des terres, obligeant les paysans à entrer dans des kolkhozes. Il fait nationaliser les entreprises et planifie les objectifs économiques dans des plans quinquennaux.
La terreur stalinienne
- Toute opposition envers l'État est passible d'une répression. Environ 1,8 million de koulaks sont déportés dans les camps du Goulag dès 1929 et la collectivisation provoque une grande famine en Ukraine (plus de 8 millions de morts en 1933). L'URSS s'appuie sur un organisme de surveillance, la Guépéou, remplacée par le NKVD en 1934.
- De 1937 à 1938, Staline instaure une « Grande Terreur » qui fait près de 750 000 morts en 16 mois. C'est l'occasion d'arrêter, emprisonner ou tuer des individus vus comme nuisibles à la nouvelle société communiste, mais aussi des adversaires de Staline au sein du PCUS.
- Pour autant, la résistance au stalinisme est forte et le totalitarisme stalinien, malgré toute sa violence, n'est que partiellement appliqué (ordres non exécutés, oppositions, etc.).
Le régime fasciste italien
L'idéologie : Mussolini et la nation italienne
- Les lois « fascistissimes » de 1925-1926 permettent à Benito Mussolini, président du Conseil de la monarchie constitutionnelle italienne depuis 1922, d'instaurer un État totalitaire en Italie. Il possède seul le pouvoir exécutif en tant que Duce (« guide »), abolit le droit de grève, fait du Parti national fasciste (PNF) le parti unique, contrôle la presse et le pouvoir législatif. Il crée une police politique (OVRA) pour réprimer les opposants. Enfin, en 1931, le Code pénal est réformé pour faciliter la répression.
- L'Italie fasciste est un régime totalitaire de droite reposant sur la supériorité supposée de la nation italienne (nationalisme) et la volonté de créer un « Homme nouveau » (« l'Italien nouveau ») en s'appuyant sur le sentiment national italien.
L'encadrement de la population
- Mussolini lutte contre ses opposants en instaurant un État policier. Son culte de la personnalité le présente comme un surhomme. Il organise de grands rassemblements de propagande, encadre les loisirs grâce à l'Opera Nazionale Dopolavoro (OND), embrigade la population dès le plus jeune âge : la Gioventu italiana del Littorio (Jeunesse italienne du Licteur, de 6 à 21 ans) réunit 7,8 millions d'Italiennes et d'Italiens en 1939 et sa devise est « Croire, obéir, combattre ».
- Pour tenter de résoudre les conséquences de la crise économique de 1929, il engage des « batailles économiques » telles que la « guerre du blé » (hausse de 50 % de la production de grains) ou de grands travaux (chantiers ferroviaires et autoroutiers).
- Mais les historiens montrent que Mussolini est dans une « société peu totalisable », en raison du contrepoids culturel et social de l'Église, du roi et de la tradition régionaliste italienne peu propice au développement d'un réel État fort à l'échelle de toute l'Italie. Le fascisme tente de dissimuler ses échecs en proposant de nouveaux combats et adversaires aux Italiens : il édicte des mesures d'exclusion contre les Juifs (1938) et supprime la Chambre des députés le 2 mars 1939.
Le régime national-socialiste allemand
L'idéologie : Hitler et la race aryenne
- L'Allemagne de la République de Weimar est durement touchée par la crise économique de 1929. Adolf Hitler, dirigeant du NSDAP (ou parti nazi), accuse le traité de Versailles, les Juifs et la République d'être responsables de la crise.
- Hitler installe un État totalitaire de droite. Selon lui, les Allemands appartiennent à la « race » supérieure des Aryens, affaiblie par des siècles de mélanges avec les Juifs. Il souhaite régénérer l'Allemagne par une idéologie raciste, antisémite, guerrière et eugéniste permettant aux Aryens de prendre possession de leur « espace vital ». Pour atteindre cet objectif, les Aryens doivent avoir un chef (un Führer) et se préparer à la guerre.
- Le NSDAP devient le premier parti au Reichstag après les élections législatives de 1932. Le président Hindenburg nomme alors Hitler chancelier le 30 janvier 1933.
La mise au pas de l'Allemagne
- Hitler limite les libertés individuelles, se fait octroyer les pleins pouvoirs par le Parlement, fait du NSDAP le parti unique. En 1934, il élimine ses opposants au sein du NSDAP lors de la nuit des Longs Couteaux (85 SA sont assassinés les 29 et 30 juin) et, à la mort d'Hindenburg en août, il se fait proclamer Reichsführer : Hitler est dès lors le seul dirigeant de l'Allemagne.
- La société est embrigadée (Jeunesses hitlériennes), encadrée par une propagande et surveillée par une police politique dès 1933 (la Gestapo).
- Les commandes militaires de l'État relancent la production. Les nombreux recrutements dans la police, l'armée et l'industrie permettent de sortir du chômage de masse (6 millions de chômeurs en 1932, 400 000 en 1938).
La terreur nazie
- Les individus censés représenter un danger sont persécutés (1 million d'individus emprisonnés et 500 000 exilés de 1933 à 1939). Le premier camp de concentration ouvre à Dachau en mars 1933. Des autodafés (incendies de livres) sont organisés par l'État.
- Une politique antisémite est mise en place. Les Juifs servent de boucs émissaires : boycott des magasins juifs dès avril 1933, lois de Nuremberg de 1935 les privant de la nationalité allemande et interdisant tout mariage entre Juifs et citoyens allemands, nombreux emplois interdits à partir de 1938, pogrom organisé par l'État lors de la nuit de Cristal du 9 au 10 novembre 1938.
- Pour autant, des formes de résistance passive existent en Allemagne où des Allemands conservent des idéaux politiques contraires au nazisme.