Réponses à la Crise de 1929 et Modèles Économiques
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Réponses à la crise et politiques économiques
Au début, presque tous les pays ont adopté des politiques d'austérité visant à améliorer la rentabilité en réduisant la production, la vente de l'excédent et les salaires. L'objectif était de réduire les coûts de production et les frais financiers en limitant le crédit. Cette stratégie estimait que seules les entreprises les plus efficaces survivraient, permettant de maintenir le budget de l'État. Cependant, cette approche a mené à l'approfondissement de la crise en encourageant la sous-consommation, car elle a fait peser les effets de la crise sur les travailleurs. Parallèlement, le solde budgétaire public a été affecté par les subventions constantes aux entreprises touchées et par une diminution des recettes publiques due à la contraction de la production, des revenus et de la consommation.
Cette stratégie de déflation fut un échec. Chaque pays a fini par opter pour des politiques économiques différentes et peu orthodoxes. Dans tous les cas, l'État a dû s'engager plus activement dans l'économie face à l'échec des mécanismes du marché. Des exemples significatifs :
- La Grande-Bretagne : Elle a rompu avec le libre-échange car la crise l'a obligée à mettre en œuvre des mesures protectionnistes, ciblant les matières premières et les produits alimentaires pour protéger la production nationale. Elle a brisé le paradigme de l'étalon-or, entraînant une dévaluation de la livre. À cette époque, on a reconnu la perte de l'hégémonie financière au profit des États-Unis.
- États-Unis : Le « New Deal » a marqué un changement majeur, passant de la non-intervention à un programme basé sur l'idée que les problèmes résidaient dans la sous-consommation. Les mesures visaient à stimuler la demande. On assiste à la dévaluation du dollar pour encourager les exportations et à l'introduction de contrôles bancaires via l'augmentation des réserves obligatoires. Dans le secteur agricole, ils ont tenté de limiter l'offre par des compensations pour réduire la production et des subventions garantissant les revenus. Dans l'industrie, une stratégie a été élaborée pour éviter les surplus tout en maintenant l'activité, en préservant les salaires, en réduisant les heures de travail et en promouvant la cartellisation.
- En Suède : Le triomphe des sociaux-démocrates a conduit à concentrer les capitaux sur une politique d'investissement public pour stimuler la demande. Un système de production sociale a permis une croissance modérée des salaires et l'accumulation de bénéfices par les entreprises, réinvestis ensuite. Ces fonds ont également renfloué le budget de l'État par l'impôt. Une alliance a été instituée pour animer l'interaction sociale entre syndicats, employeurs et travailleurs, contribuant à la relance et au renforcement de l'État-providence.
Désintégration en Europe centrale et orientale
Le secteur industriel et agricole
La stratégie adoptée fut une « politique de substitution des importations », destinée à encourager l'industrie nationale en renonçant aux avantages comparatifs du marché international. Cela a impliqué la création de complexes industriels orientés vers les biens de consommation, financés en partie par l'État car l'industrie exigeait moins de fonds initiaux. Les résultats furent des coûts élevés et une hausse des prix ; malgré une quête d'indépendance, la dépendance technologique est restée forte.
Dans le secteur agricole, des processus de réforme ont été pilotés par l'État avec un caractère anti-oligarchique, se reflétant dans la répartition des terres. Le résultat fut un secteur agricole dual : une partie destinée à l'exportation pour financer l'industrie, et une autre pour la demande intérieure. Cette politique a échoué car la situation internationale était déprimante.
Le facteur démographique
La croissance démographique a aggravé la situation économique, car la « soupape » que représentait l'immigration avait disparu. Cela s'est traduit par un marché du travail saturé, une hausse du chômage et de la misère, auxquels s'est ajoutée la réduction des transferts de fonds.
L'expérience soviétique
La structure économique soviétique était marquée par un dualisme : une agriculture arriérée coexistant avec un capitalisme moderne, créant une fragilité lors de la guerre. La révolution bourgeoise de février 1917 fut de courte durée, incapable de répondre à la demande de paix et aux réformes sociales pour atténuer la famine. À partir de 1917, on distingue trois phases :
- Le communisme de guerre : Les bolcheviks nationalisent toute l'activité économique et créent des plans gouvernementaux pour la modernisation. Cependant, la guerre civile a sacrifié les plans à long terme au profit de la victoire finale.
- La Nouvelle Politique Économique (NEP) : L'idée était de revitaliser le système productif. Cette stratégie autorisait l'artisanat, le détail et l'agriculture avec les koulaks. Cette phase d'amélioration a posé les bases du développement. Cependant, perçue comme une menace par le Parti communiste, elle fut stoppée pour revenir à un communisme orthodoxe avec un contrôle étatique complet.
- Le premier plan quinquennal : Lancé en 1928, il a imposé une collectivisation forcée dans l'agriculture pour accumuler le capital nécessaire à l'industrie via le contrôle des prix. Dans l'industrie, de grands complexes combinés ont été créés pour générer des économies d'échelle. Les plans suivants ont cherché à mieux faire correspondre les prévisions et la qualification de la main-d'œuvre pour améliorer la production.