Ressources Majeures Sous Pression : Eau, Énergie et Tensions
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Ressources Majeures Sous Pression : Tensions et Gestion
Définitions Clés
- Énergie fossile : Énergie non renouvelable produite à partir du pétrole, du gaz, du charbon ou de l'uranium contenus dans le sous-sol.
- Énergie renouvelable : Énergie fournie par la nature en quantité illimitée (soleil, vent, eau) ou se régénérant à l'échelle humaine (biomasse, agrocarburant).
- Accès à l'eau : Accès à domicile ou à moins d'un kilomètre à un minimum de 20 litres d'eau potable par personne et par jour.
- Nappe fossile : Nappe d'eau souterraine non renouvelable à l'échelle humaine.
- Nappe phréatique : Nappe d'eau souterraine qui se recharge par l'infiltration des eaux de surface.
- GES (Gaz à effet de serre) : Gaz (CO2, méthane, ozone) piégé dans l'atmosphère contribuant au changement climatique.
- Hydrocarbure : Composé formé de carbone et d'hydrogène (pétrole, gaz).
- Offshore : Technique d'exploitation des énergies en mer (pétrole, parc éolien).
- Transition énergétique : Passage d'un système énergétique fondé sur la consommation d'énergies fossiles à un système énergétique intégrant efficacité énergétique et énergies renouvelables.
- Conflit d'usage : Concurrence entre plusieurs acteurs pour l'utilisation d'un espace ou d'une ressource.
- Surexploitation : Situation dans laquelle le prélèvement de la ressource est supérieur à sa capacité de renouvellement.
- Stress hydrique : Situation dans laquelle la demande en eau est supérieure aux ressources : <1700 m³/hab/an.
- Pénurie : <1000 m³/hab/an.
- Hydraulique : Qui utilise l'énergie de l'eau.
L'Eau et l'Énergie : Deux Ressources Majeures
L'eau et l'énergie sont deux ressources majeures, indispensables aux sociétés humaines. Leur gestion est parfois difficile et peut engendrer des tensions socio-économiques, environnementales ou géopolitiques.
L'EAU
Plus de 70% de la surface de la Terre est recouverte d'eau, ressource indispensable à la vie. Ses usages sont multiples : domestiques, industriels, mais surtout agricoles. Il existe une forte relation entre la répartition de la population et la ressource en eau.
L'eau douce : répartition inégale
L'eau douce (liquide) représente seulement 1% de l'eau totale. Elle est relativement abondante (environ 5 700 m³/hab/an) mais n'est pas également répartie dans l'espace :
- Près des pôles et le long de l'équateur : disponibilité élevée grâce à d'importantes précipitations (pluie et neige), mais faibles densités de population.
- Tropiques (surtout le Tropique du Cancer) : quantités d'eau très insuffisantes toute l'année.
- États d'Asie du Sud (densités importantes + milieux semi-arides) : stress hydrique.
- Afrique du Nord/Est et Moyen-Orient : pénurie.
L'accès à l'eau potable
Plus que l'accès à l'eau douce, l'accès à l'eau potable (qui peut être consommée sans risque sanitaire) est indispensable. À l'échelle mondiale, cet accès est inégal :
- Aisé : Pays développés et émergents disposent des moyens techniques et financiers pour fournir de l'eau à leur population (usines de traitement, réseaux de canalisation).
- Difficulté : États peu développés n'y parviennent pas, même s'ils possèdent d'importantes ressources en eau douce (ex: RDC).
L'accès est conditionné par le niveau de développement : en 2019, une personne sur dix n'avait pas accès à l'eau potable, avec une concentration en Afrique subsaharienne.
Aménagements et conséquences
Des barrages de plus en plus grands permettent l'irrigation et la production d'énergie. En 2017, 2,1 milliards de personnes n'avaient pas accès à de l'eau améliorée (non partagée avec des animaux et protégée de leurs déjections), fournie par adduction individuelle, fontaines ou puits, collectifs ou individuels. La potabilité n'était pas garantie.
Dans les pays méditerranéens et au Moyen-Orient, des transferts d'eau alimentent des régions agricoles ou des métropoles éloignées de la ressource (ex: Las Vegas). Des aménagements pour produire de l'eau non conventionnelle (dessalement de l'eau de mer, utilisation des nappes fossiles) se développent. Ces aménagements hydrauliques peuvent entraîner des bouleversements des sociétés et des milieux : les barrages inondent des régions, nuisent à la flore et à la faune, et provoquent des déplacements de populations (ex: barrage des Trois-Gorges en Chine). Les transferts d'eau peuvent assécher des cours d'eau (ex: le Colorado).
Évolution de la consommation et tensions
La consommation mondiale d'eau a été multipliée par 3 depuis 1950 et devrait continuer d'augmenter d'ici 2050. Cette augmentation est principalement due aux pays émergents et en développement, en raison de l'essor démographique, de l'élévation du niveau de vie, de la hausse de la consommation, de l'urbanisation et de l'industrialisation.
- Aujourd'hui : consommation d'eau principalement due à l'agriculture (22% en 2015).
- En 2050 : l'activité industrielle dominera (50%).
Ceci entraîne des pénuries dans certains pays et une dégradation importante des ressources (pollutions : pesticides, eaux usées non traitées...). La surexploitation provoque une diminution importante du débit des fleuves et du niveau des nappes phréatiques. Les besoins en eau génèrent des tensions et des conflits d'usage (entre acteurs de l'agriculture, du tourisme...) ainsi que des conflits internationaux.
Exemple : les barrages éthiopiens sont contestés par l'Égypte (qui bénéficie de 66% du débit total annuel du Nil mais possède un droit de veto sur tout projet sur le fleuve) : contentieux international sur la gestion de l'eau.
Durabilité et perspectives
Le changement climatique, l'essor démographique et l'urbanisation sont des facteurs aggravants pour la durabilité en qualité et quantité. Une prise de conscience internationale s'est manifestée : les Objectifs de Développement Durable de l'ONU visent une eau « saine et accessible à tous » d'ici 2030. La Banque mondiale finance l'accès à l'eau, et des améliorations techniques visent à économiser et assainir l'eau, et à lutter contre la pollution.
L'ÉNERGIE
Les ressources énergétiques, notamment fossiles, sont très inégalement réparties (50% du gaz mondial se trouve en Russie, au Qatar et en Iran ; la moitié des réserves de pétrole est au Moyen-Orient). Ces ressources sont en voie d'épuisement, mais le potentiel en énergies renouvelables existe.
La consommation augmente : si les pays du Nord consomment énormément, les pays émergents ont des besoins croissants.
La forte dépendance énergétique de certains pays (comme la France) a mené, dès les années 1970, au développement de l'électricité nucléaire comme alternative aux hydrocarbures.
Fortes tensions énergétiques
Les tensions sont multiples :
- Économiques : Le marché des hydrocarbures est dominé par quelques acteurs (pays producteurs, principaux pays importateurs, grandes firmes pétrolières). L'augmentation des besoins mondiaux et l'épuisement des réserves entraînent une hausse des prix, fragilisant de nombreux États.
- Politiques : Elles sont fortes et peuvent prendre une dimension planétaire si elles concernent un pays pétrolier (ex: Guerre du Golfe en 1991, Libye en 2011). La recherche de nouveaux gisements offshore provoque des différends frontaliers en mer (ex: mer de Chine méridionale).
- Environnementales : Elles augmentent. La consommation d'énergie impacte directement la santé et le réchauffement climatique. L'Accord de Paris sur le climat vise à réduire les émissions de GES, mais la non-signature de la Russie ou le retrait des États-Unis freinent les progrès globaux.
Vers la transition
Les gouvernements favorisent les économies d'énergie via des campagnes de sensibilisation, l'entretien des réseaux et l'utilisation de l'informatique (smart grids). La prise de conscience favorise la réussite de ces mesures.
Les énergies renouvelables nécessitent de miser sur les potentiels des territoires. Les pays émergents sont d'ailleurs au premier rang dans ce domaine.
Attention : les impacts environnementaux des énergies renouvelables ne sont pas négligeables (barrages, recyclage des matériaux des panneaux photovoltaïques, besoin en terres rares...).