Révolution française — religion et laïcisation (1789-1794)

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A) La révolution : religion civile et laïcisation

Un tiers des constituants (ceux qui se sont donné pour mission de rédiger une nouvelle constitution pour la France) de 1789 sont membres du clergé.

Chronologie des mesures importantes (1789-1790)

  • Août 1789 — est décidée la suppression de l'impôt appelé la dîme (impôt de l'Église), entraînant une réduction des ressources ecclésiastiques.
  • 2 novembre 1789 — compte tenu de la situation budgétaire, les biens du clergé sont mis à la disposition de la nation par l'évêque Talleyrand.
  • Février 1790 — suppression des ordres et des congrégations religieuses.
  • Avril 1790 — les biens du clergé sont confisqués et hypothéqués par le moyen d'une nouvelle monnaie : les assignats. Ces décisions sont prises de force.

La Constitution civile du clergé et ses conséquences

En juillet 1790 est décidée la Constitution civile du clergé — tournant majeur : désormais les prêtres deviennent des fonctionnaires. Il y a une redéfinition des limites des paroisses. Ce sont des décisions unilatérales qui créent un profond conflit.

La rupture se concrétise en novembre 1790 : est imposée aux prêtres la prestation d'un serment à la Constitution. On distingue alors des prêtres réfractaires (qui refusent de prêter serment à la Constitution) et des prêtres assermentés. Cette rupture entre l'Église et la Révolution est également marquée par la réaction du pape : le pape Pie VI condamne les prêtres assermentés comme sacrilèges, hérétiques et schismatiques.

Deux visions rivales de la place de l'homme

  • Pour l'Église catholique : l'homme est naturellement pécheur ; seule la grâce divine peut le sauver (le salut). Le croyant est soumis à l'autorité de l'Église.
  • Pour la vision révolutionnaire : l'homme est émancipé ; il est un être de droits et de raison (libre arbitre).

De 1792 à la Terreur

Jusqu'en 1792, même les prêtres réfractaires continuent parfois d'exercer leur ministère. C'est le tournant de la Terreur. La France est menacée sur ses frontières par la coalition austro-prussienne et fait face à un soulèvement intérieur — la Vendée, très attachée à l'Église catholique. On parle d'une guerre des Bleus (révolutionnaires) contre les Blancs (partisans du roi, couleur du drapeau royal).

Massacre de septembre 1792 : la « populace » envahit les prisons parisiennes où étaient enfermés des prêtres réfractaires et des aristocrates. La princesse de Lamballe est décapitée. Ce mouvement vise à montrer que la menace existe aussi à l'intérieur.

Cette période de la Terreur se poursuit jusqu'en 1794.

Déchristianisation et Robespierre (avril-mai 1794)

La déchristianisation suit la période de la Terreur. Elle est ensuite en partie interrompue par Maximilien Robespierre, ardent défenseur de la Révolution, qui déclare : « Vous voulez la révolution sans la révolution ». En avril-mai 1794, il considère qu'il faut en finir avec

(texte original interrompu)

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