La Seconde République espagnole : Le Biennat réformateur
Classé dans Sciences humaines et sociales
Écrit le en
français avec une taille de 3,89 KB
La tentative de démocratiser la Constitution et la Seconde République a été bloquée par la dictature de Franco.
Phases de la République
- Biennat réformateur (décembre 1931 - novembre 1933) : Gouvernement de gauche.
- Biennat radical-CEDA (novembre 1933 - février 1936) : Gouvernement de droite.
- Front populaire (février - juillet 1936).
Le Biennat réformateur (1931-1933)
Sous l'impulsion de la petite bourgeoisie (sans expérience politique), le nouveau gouvernement représente les forces démocratiques unies contre la monarchie : républicains, nationalistes et socialistes. L'un des premiers actes est de rédiger une nouvelle Constitution pour définir le régime politique. Le pouvoir est aux mains de la gauche (socialistes et républicains).
Le gouvernement, dirigé par Manuel Azaña sous la présidence d'Alcalá-Zamora, doit résoudre les problèmes structurels de l'Espagne. Les mesures prises sont jugées trop rapides par certains et trop lentes par d'autres.
Le problème religieux
Le gouvernement cherche à séculariser la vie sociale, considérant l'Église comme un obstacle à la modernisation. Les mesures incluent :
- La fin du budget du clergé.
- La loi sur les ordres religieux.
- La dissolution de la Compagnie de Jésus et la confiscation de leurs biens.
- La sécularisation des cimetières, l'instauration du mariage civil, le divorce et l'interdiction de l'enseignement religieux.
Ces mesures provoquent l'opposition du cardinal Segura. L'anticléricalisme se manifeste dans les rues par des incendies d'églises et de monastères, éloignant de nombreux catholiques de la République.
Le problème militaire
Azaña tente de moderniser l'armée, héritière de la puissance acquise sous Primo de Rivera. Ses objectifs sont :
- Créer une armée professionnelle.
- Mettre fin aux privilèges spéciaux.
- Assurer l'obéissance à l'autorité civile.
La « loi de retraite des officiers » permet le départ à la retraite avec plein traitement pour ceux refusant de prêter allégeance à la République. La création des Gardes d'assaut, une police urbaine républicaine, est également actée.
La question agraire
Largo Caballero lance une réforme agraire visant à favoriser les travailleurs locaux. La loi de 1932 prévoit l'expropriation des grandes propriétés non cultivées ou mal irriguées, avec des indemnités (sauf pour les nobles ou les participants à l'insurrection de Sanjurjo). L'exécution est confiée à l'Institut de la réforme agraire (IRA). La lenteur de cette réforme déçoit les agriculteurs et accroît les conflits sociaux.
Problèmes sociaux et syndicaux
Les grèves se multiplient, notamment celle de la CNT dans le secteur téléphonique. Le chômage, aggravé par la crise de 1929, pousse les syndicats à la radicalisation. Le ministère du Travail de Caballero instaure des jurys mixtes, la journée de travail maximale et des assurances sociales, malgré un budget limité.
Le problème régional
En Catalogne, le Statut d'Autonomie est approuvé, créant la Generalitat avec des pouvoirs législatifs, financiers et éducatifs. Le catalan devient co-officiel. Au Pays basque et en Navarre, le processus est retardé par les désaccords entre forces politiques, notamment en raison du caractère confessionnel du PNV.
Éducation et culture
L'objectif est de promouvoir une éducation libérale et laïque pour moderniser le pays. Malgré un budget restreint, 13 000 salles de classe sont créées. Un modèle d'école mixte, obligatoire et gratuite est adopté, accompagné de projets comme les « missions pédagogiques » (bibliothèques mobiles, cinéma, conférences).