Le Sexenio Démocratique : La Révolution de 1868 en Espagne
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Introduction : La Révolution de 1868
La révolution de septembre 1868, appelée la Glorieuse par ses protagonistes, a signifié la fin de la monarchie d'Isabelle II. La caractéristique commune à toute la période a été la recherche d'un nouvel ordre politique et social, dans lequel la petite bourgeoisie des villes et le nouveau mouvement ouvrier ont eu un rôle fondamental. Le Sexenio démocratique a été la dernière étape de la révolution libérale en Espagne. Cependant, ces années ont été pleines de conflits : politiques (la révolte carliste et l'éclatement de la guerre à Cuba), sociaux et économiques, dérivés d'un contexte de crise et de lutte. La bourgeoisie démocratique n'a pas réussi à instaurer un régime politique défini. Le Sexenio a échoué dans sa tentative de modernisation de la politique du pays.
La Révolution Glorieuse de 1868
En 1868, une révolution éclate en Espagne contre la reine Isabelle II. Les causes sont :
- Économiques : Dès 1864, une profonde crise économique existe dans quelques secteurs, comme l'effondrement de l’industrie textile, la stagnation de la construction du chemin de fer à la suite de l’effondrement de la Bourse, et des sociétés de crédit en raison de la faible rentabilité des investissements.
- Politiques : La prédilection d'Isabelle II pour le parti modéré a fait que le reste des groupes s’unissent contre le gouvernement d'Isabelle, qu’ils accusent d'être incapable de résoudre la crise économique.
La Glorieuse a été un soulèvement militaire des généraux Serrano et Prim contre Isabelle II. Leurs demandes étaient : la liberté, la souveraineté, la séparation de l'Église et de l'État, la suppression des conscriptions et le suffrage universel. Après la victoire du soulèvement militaire à Alcolea, Isabelle II est contrainte de s'exiler.
Le Gouvernement provisoire (1868-1870)
Le 8 octobre 1868, on crée un gouvernement provisoire dirigé par Prim qui annule les Assemblées locales et désarme les révolutionnaires. Pour contenter les classes populaires, en janvier 1869, des élections sont convoquées aux Cortes constituantes, élues par suffrage universel masculin. Les comices ont donné la victoire à la coalition gouvernementale des progressistes, des unionistes et d'une partie des démocrates.
La Constitution de 1869
Les caractéristiques principales du texte constitutionnel approuvé le 1er juin 1869 étaient :
- Une vraie souveraineté nationale s'établit grâce au suffrage universel ;
- La monarchie démocratique est le régime de l'État, et le roi a ses fonctions limitées ;
- La liberté de culte a été approuvée, bien que l'État continue à maintenir le culte catholique et le clergé.
Serrano joue le rôle de Régent et Prim celui de chef du gouvernement de progressistes, démocrates et unionistes. Leurs objectifs étaient de stabiliser le pays, de développer la constitution et de chercher un candidat au trône. La stabilité n'a pas été possible. Quant au niveau de l’économie, s'est développée une politique libre-échangiste qui a favorisé le commerce, et la peseta a été créée.
La Monarchie démocratique d'Amédée de Savoie
Dans ce climat d'instabilité, on essaie de trouver un roi. À la fin, on a accepté la candidature d'Amédée de Savoie, fils du roi d'Italie, majoritairement défendu par Prim. Son règne a été plein de difficultés et d'incompréhensions, ce qui a résulté en un échec. Presque personne ne l'a accepté, tant par ses origines étrangères que par le fait que l'on considérait les Bourbons comme l'unique famille royale légitime.
La Première République espagnole (1873-1874)
Après le renoncement d'Amédée, les Cortes votent majoritairement l'instauration d'une république dont le gouvernement était présidé par Figueras. En juin 1873, les Cortes proclamaient la République fédérale comme forme de l'État, présidée par Pi i Margall. Ce dernier a opposé son idée de fédéralisme (somme de pactes entre les régions) à l'idée de la république de Castelar, qui défendait un État fort et un fédéralisme simplement décentralisateur.
La Constitution n'est jamais entrée en vigueur parce que, dès le mois de juillet, un mouvement révolutionnaire cantonaliste a éclaté (grèves, occupations de terres), ce qui a fini par faire s'effondrer la République. Le cantonalisme est un mouvement complexe. Cela a commencé le 7 juillet avec une grève à Alcoy. Les cantonalistes étaient formés d'artisans, de petits commerçants et de salariés, dirigés par les intransigeants.
La fin de la République et la Restauration
En même temps, la guerre carliste atteignait son point critique. Pi i Margall démissionne et est remplacé par Salmerón, qui commence un « tour à droite » de la République, laquelle devient conservatrice par peur de la révolution sociale. Les différents cantons ont été soumis successivement. Le dernier président républicain obtient les pleins pouvoirs. Le 3 janvier 1874, le général Pavía entre dans les Cortes avec ses troupes et les dissout définitivement. On établit un gouvernement autoritaire du général Serrano alors qu'on prépare déjà le retour du prince Alphonse comme roi, ce qui donne naissance au nouveau régime de la Restauration.