Solidarité, Anomie et Individualisme chez Durkheim

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Le droit et la solidarité organique

Dans ces sociétés, le droit est restitutif (ou coopératif) plus que punitif. Il sanctionne parfois, mais pas par nature ; son but est de remettre les choses en l'état pour mieux organiser la coopération des individus (c'est le droit commercial, le droit administratif, etc., qui vise à retrouver l'équilibre initial, par exemple en faisant payer des amendes, plutôt qu'à punir en enfermant).

L'évolution des sociétés vers la modernité est due à l'approfondissement de la division du travail social, lui-même issu du développement des échanges entre les individus. Cette évolution s'accompagne d'une prépondérance progressive de la solidarité organique sur la solidarité mécanique.

Le passage de la solidarité mécanique à l'organique

Pathologie du lien social et primat de l'individu

A. La montée de l'anomie

Qu'est-ce que l'anomie ?

L'anomie est une notion sociologique introduite par Durkheim pour caractériser l'état d'une société dans laquelle la régulation sociale n'est plus assurée par des règles guidant les conduites des individus.

Quand la solidarité mécanique disparaît, les individus sont moins régulés par la conscience collective. C'est une situation d'anomie, car les règles, normes et valeurs traditionnelles s'affaiblissent. Elles sont remplacées par de nouveaux faits sociaux, plus souvent définis au sein de sous-groupes choisis par les individus (groupes d'amis, associatifs, etc.). Au niveau individuel, l'anomie peut se traduire par une perte de repères et un manque d'orientation.

B. La montée de l'individualisme

L'individualisme caractérise le comportement des individus qui tendent à s'émanciper des contraintes collectives édictées par les autorités traditionnelles : religion, village, famille, école, etc. L'individu moderne peut appartenir à divers « cercles sociaux » vers lesquels ses aspirations et ses intérêts le conduisent. Plus le nombre de cercles est élevé et varié (appartenances familiale, politique, religieuse, professionnelle, locale, associative, etc.), plus il prend conscience de sa singularité.

L'individualisme peut conduire à l'égoïsme et à la recherche de l'intérêt personnel au mépris des valeurs morales.

Pour Durkheim, l'individualisme est un accroissement de l'autonomie de l'individu par rapport aux règles collectives. L'individu n'existe cependant pas hors des cadres sociaux, mais il trouve des normes dans divers groupes au sein de la collectivité. Cet accroissement de l'autonomie transforme le lien social plus qu'il ne le rompt. Il peut être créateur de lien social en reposant sur le libre choix. Dans les sociétés à solidarité organique, les liens sont multiples et les individus cultivent cette diversité.

Les transformations des instances de socialisation

A. La famille

1. Le rôle socialisateur de la famille

La famille est une instance fondamentale de la socialisation primaire. Elle est le premier agent d'intégration sociale. Les modèles parentaux permettent de donner des repères aux enfants. Les processus d'inculcation, d'incorporation et d'imitation permettent aux enfants d'acquérir les normes et valeurs adaptées à la société.

Dans les sociétés traditionnelles, la socialisation se déroule en grande partie au sein du groupe familial, qui contribue largement à la définition de l'identité sociale.

2. Transformation du rôle de la famille ?

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