Spinoza, le désir et la triangulation de René Girard

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La liberté selon Spinoza

Pour Spinoza, ce qui s’oppose à la liberté est la contrainte (expression d’une nécessité exercée sur moi par une nature supérieure à la mienne). Ce n’est donc pas la nécessité qui s’oppose à la liberté, car le libre arbitre de la volonté est une illusion de la conscience. À l'inverse, les idéalistes pensent que la liberté s’oppose à la nécessité, car être libre serait être la cause première de ses choix et actes.

La liberté est la nécessité comprise et agie en connaissance de cause. Pour Spinoza, être libre est exister par la seule nécessité de sa nature, sans être contraint par des causes extérieures qui causent en lui des passions.

Maître de nos désirs = liberté. N’est pas libre celui qui fait sien le désir de l’autre qui s’impose à lui.

Spinoza s’oppose à la conception idéaliste, car il n’y a pas de transcendance entre l’esprit et la matière.

Le désir : défaut ou avantage ?

Le désir se présente sous deux formes :

  • Défaut :
    • Platon : propose de maîtriser les désirs par la raison et de renoncer aux passions, car tout ce qui relève du corps écarte l’homme de la vérité (idéal ascétique).
    • Épicure : propose d’opérer une classification des désirs pour mener une vie sobre.
    • Schopenhauer : propose de renoncer au désir, car il est source de malheur.
  • Avantage :
    • Calliclès : pense qu’il faut satisfaire le désir, quitte à tomber dans la licence.

Spinoza souligne que le sujet ne comprend pas la nature de son désir ; il est agi par son désir au lieu d'être dans l'éthique.

IV) La triangulation du désir

On retrouve chez l’homme une émulation affective à la base du désir : on désire un objet parce qu’il est désiré par un autre. Ceci fait référence à l’idée avancée par René Girard : la triangulation du désir.

Du point de vue traditionnel, on considère deux termes : le sujet désirant et l’objet désiré. Cependant, ce schéma omet autrui. Autrui est le médiateur indispensable entre le sujet et l’objet ; nous finissons par faire nôtre le désir de l’autre.

En désirant ce que désire l’autre, ce qui est cherché est la reconnaissance d’autrui, du tiers (ex : faire partie d’un groupe social avec des codes vestimentaires ou esthétiques pour être accepté).

Il existe une série de valeurs servant de base pour obtenir cette reconnaissance. Nietzsche se demande pourquoi nous attendons cette reconnaissance si elle est fondée sur des valeurs viles. Le risque, selon Nietzsche, est le grégarisme : quand l’individualisme se fond dans la masse, on ne remet plus en question les valeurs à partir desquelles on attend une reconnaissance (proposition d’une idée anarchiste).

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