Sujets du droit international

Classé dans Droit et jurisprudence

Écrit le en français avec une taille de 6,56 KB

Sujets de droit international

Les entités susceptibles d'être titulaires de droits et d'obligations ont des droits et obligations reconnus en droit international.

Les organisations internationales sont des sujets de droit fondés sur leur fonction, c'est‑à‑dire que c'est leur fonction qui donne sens à leur personnalité juridique. Elles n'ont pas les éléments constitutifs d'un État — territoire, population et gouvernement — et ne sont donc pas des États (les États sont soumis à une base territoriale). Elles ne constituent pas un gouvernement mondial. Sur la base de leurs fonctions, les organisations peuvent fixer et exercer un certain nombre de prérogatives, mais elles ne peuvent pas outrepasser leurs compétences.

Elles sont :

  • Valeurs
  • Objectifs
  • Compétences
  • Puissance : elles ont du pouvoir parce qu'elles disposent des compétences nécessaires pour exercer leurs fonctions et atteindre certains objectifs (valeurs).

Elles sont soumises à la législation dérivée : elles n'ont pas une personnalité pour elles-mêmes, mais une personnalité juridique secondaire conférée par les États qui les ont créées, ainsi que l'objet, les fonctions et les pouvoirs qui leur sont conférés (la personnalité originelle appartient aux États).

Par conséquent, si une organisation internationale agit en dehors de ses fonctions ou dans un cadre étranger à celles‑ci, on dit qu'elle agit ultra vires et, par conséquent, ses actions n'ont aucune valeur juridique. Lorsqu'elle agit dans le cadre de son autorité et de ses pouvoirs, on dit qu'elle agit ad intra.

Elles sont créées par un traité constitutif qui peut être défini comme l'acte de création d'une organisation internationale, c'est‑à‑dire le document par lequel le système développe et institue une organisation internationale.

Les États, lorsqu'ils veulent se joindre à des organisations ou aux traités fondateurs, ont la nécessité d'accepter pleinement et sans réserve ni modification.

Les organisations internationales peuvent créer des droits et obligations à l'égard de tiers.

Sens de l'organisation

  • Explicites : ceux qui sont énoncés clairement et précisément dans le traité constitutif.
  • Implicites : ceux qui ne sont pas mentionnés clairement et expressément dans les traités fondateurs, mais qui découlent des pouvoirs explicites.
  • Potentiels ou filiales : ceux qui étendent la portée des pouvoirs expressément prévus par un nouvel accord des États membres, allant au‑delà du traité constitutif.

Champ d'action

Dans le champ :

  • Universel : ONU, FAO, UNESCO. Les organisations dites universelles sont ouvertes à la participation potentielle de tous les États de la planète.
  • Régional : la participation est restreinte à un nombre limité d'États qui remplissent certaines conditions prescrites, qui peuvent être d'ordre géographique, économique, politique, etc.

Par objet ou finalité

Dans le champ ou par finalité :

  • Général (General Purpose) : Nations Unies.
  • Spécifique (By purpose) : FAO, UNESCO, OMS, Banque mondiale (agences spécialisées de l'ONU créées pour des fins déterminées et qui n'ont pas compétence pour se prononcer sur n'importe quel sujet).

En vertu de la nature du lien

  • Intégration : il s'agit d'organisations apparues récemment sur la scène internationale et ayant entraîné un transfert de compétences des États membres vers les organes ou institutions communes de l'organisation.

Il se produit un véritable transfert de pouvoirs souverains des États membres vers les institutions communes de l'organisation. Le paradigme de cela est l'Union européenne. Dans la plupart des cas, la souveraineté des États est limitée par rapport aux organisations coopératives classiques : il y a des transferts partiels de souveraineté à l'organisation, tels que le territoire, les frontières (qui ont été un élément clé de la détermination de la personnalité et de la souveraineté des États), la monnaie (autre expression clé de la souveraineté), la fiscalité, etc., limités par la législation européenne.

  • Coopération : la plupart des organisations sont de nature coopérative : leurs fonctions consistent à développer une action coordonnée entre leurs membres pour atteindre des objectifs collectifs. Elles constituent la forme classique de l'organisation internationale, car elles respectent la souveraineté de leurs États membres.

Certaines institutions internationales possèdent des organes subsidiaires, créés par leurs organes principaux, comme c'est le cas au sein de diverses organisations (par exemple, certains organes de l'UNESCO ou de la FAO).

Par conséquent, les sujets du droit international peuvent être :

  • États
  • Organisations internationales
  • Personnes : les personnes physiques et morales ont progressivement acquis un statut en droit international — capacité active (exiger le respect de leurs droits et demander des comptes par le biais de comités ou de tribunaux) et capacité passive (être soumises à des obligations). Cette capacité s'est accrue au fil du temps. Par exemple, la Cour pénale internationale, créée par le Statut de Rome en 1998, est compétente pour les crimes de guerre, l'agression, le génocide et les crimes contre l'humanité.
  • Communautés
  • Villages coloniaux
  • Minorités nationales : elles génèrent des droits spécifiques pour les minorités.
  • Associations : par exemple, la Croix‑Rouge est une association à but non lucratif.

La Cour pénale internationale est subsidiaire : elle n'intervient que lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas exercer leur compétence. Elle est régie par le principe de subsidiarité. De plus, certains crimes ne sont pas soumis à la prescription selon les règles applicables.

Entrées associées :