Temps, nature, technique et travail : fiches de révision philosophiques

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I. Le temps est essentiellement destructeur

  1. Le temps comme devenir chronophage et irréversible

    • Chronos : Mythe grec où le temps dévore ses enfants, symbolisant l'irréversibilité.

    • Héraclite : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » → Tout change, rien n'est stable.

    • Irréversibilité : Le temps ne peut être parcouru que dans une direction (passé → futur).

  2. Définition du temps comme succession (Aristote) et devenir (entropie)

    • Aristote : Temps = « nombre du mouvement selon l'antérieur et le postérieur ».

    • Entropie : Mesure du désordre dans un système (second principe de la thermodynamique).

    • Flèche du temps : Passage irréversible d'un état ordonné à un état désordonné.

  3. Le présent est insaisissable

    • Saint Augustin : Le présent se décompose en présent du passé et présent du futur → Le présent paraît ne pas exister comme durée stable.

    • Pascal : Nous vivons dans l'espoir du futur, pas toujours dans le présent.

  4. Le temps biologique : vieillissement et mort

    • Pascal : L'homme est condamné à la mort et se distrait pour échapper à cette réalité.

    • Tous les êtres vivants : Le temps affecte tout, des plantes aux étoiles.

II. Le temps n'est pas par essence destructeur

  1. Le présent comme temporalité essentielle (Saint Augustin et Épicure)

    • Saint Augustin : Seul le présent existe (« présent du passé, présent du présent, présent du futur »).

    • Épicure : La peur de la mort est absurde car la mort n'est pas dans le présent. Carpe diem.

  2. Le temps absolu de Newton

    • Newton : Temps absolu, vrai et mathématique, qui s'écoule uniformément, indépendamment du mouvement.

  3. Le temps comme forme de connaissance (Kant)

    • Kant : Le temps est une forme a priori de la sensibilité, une condition subjective de l'expérience.

    • Idéalité transcendantale : Le temps n'est pas une réalité en soi, mais un cadre pour la perception.

  4. Le temps relatif (Einstein)

    • Théorie de la relativité : Le temps est relatif à la position et à la vitesse de l'observateur.

    • Exemple des jumeaux : Le temps passe plus lentement près d'un corps massif (effet de la gravité).

III. Le temps est créateur

  1. Vivre comme si cet instant était le dernier (stoïciens)

    • Sénèque : La mort donne de la valeur à la vie. Il faut saisir le kairos (l'instant opportun).

  2. Exister et non pas seulement vivre (Sartre)

    • Sartre : L'existence précède l'essence. L'homme est libre de se projeter dans des possibles.

  3. La durée créatrice (Bergson)

    • Bergson : La durée est un flux continu, une interpénétration des moments de conscience.

    • Élan vital : Le temps est une création continue d'imprévisible nouveauté.

Conclusion

  • Irréversibilité : Caractéristique objective du temps.

  • Destruction : Perception subjective, dépendant de la manière dont on vit le temps.

I. Il y a du contre‑nature : la culture s'oppose à la nature

  1. La culture comme civilisation et éducation

    • Culture : La culture est souvent définie comme ce qui est produit par l'homme, par opposition à ce qui est naturel. Cultiver une terre, par exemple, c'est la transformer pour produire ce que la nature ne donnerait pas spontanément.

    • Civilisation : La civilisation est vue comme un progrès par rapport à l'état de nature. Elle permet à l'homme de se libérer des contraintes naturelles et de développer des valeurs morales.

  2. L'absence de nature humaine

    • Enfants sauvages : Les enfants sauvages, comme Victor de l'Aveyron, montrent que l'homme n'est pas naturellement humanisé. Sans éducation, il reste à l'état de nature, incapable de développer une culture.

    • Rousseau : Pour Rousseau, l'homme est perfectible, c'est‑à‑dire qu'il a la capacité de se transformer et de progresser. Contrairement aux animaux, qui évoluent biologiquement, l'homme peut changer culturellement.

  3. Le naturel est ce qui n'est pas artificiel

    • Aristote : Aristote défend une vision finaliste de la nature. Selon lui, chaque être naturel a une finalité, une raison d'être. Par exemple, un oiseau a des ailes parce qu'il est destiné à voler. La nature ne fait rien en vain.

  4. Le naturel est ce qui n'a pas été transformé par l'homme (sauvage)

    • Thoreau : Thoreau distingue la wildness (la nature sauvage en nous) et la wilderness (la nature sauvage hors de nous). Pour lui, l'homme a sa place dans la nature, mais il doit respecter sa sauvagerie.

II. Il n'y a pas d'opposition absolue : la culture tend à devenir nature

  1. La culture est une seconde nature

    • Pascal : Pascal affirme que la coutume est une seconde nature. Les habitudes culturelles deviennent si ancrées qu'elles semblent naturelles. Par exemple, manger avec des baguettes en Asie ou avec une fourchette en Europe est perçu comme naturel par ceux qui le pratiquent.

  2. Les hommes cultivés peuvent être barbares

    • Lévi‑Strauss : Lévi‑Strauss critique l'ethnocentrisme, qui consiste à considérer les autres cultures comme barbares. Pour lui, le vrai barbare est celui qui croit à la barbarie, c'est‑à‑dire celui qui refuse de comprendre les autres cultures.

  3. La nature est un modèle pour la culture

    • Marc Aurèle : Pour les stoïciens, la nature est un modèle moral. Marc Aurèle encourage à accepter la mort comme faisant partie de l'ordre naturel. La nature est gouvernée par une raison universelle, et l'homme doit s'y conformer.

III. Il n'y a pas de sens à opposer nature et culture

  1. La nature a destiné l'homme à la culture

    • Kant : Kant voit dans la culture la finalité de la nature. L'homme possède la raison et la main, qui lui permettent de transformer la nature et de se donner des fins morales. La culture est donc un prolongement de la nature.

  2. Le naturel et le culturel sont entremêlés

    • Merleau‑Ponty : Pour Merleau‑Ponty, il est impossible de séparer nature et culture. Par exemple, le langage est à la fois une faculté naturelle et un produit culturel. Les émotions aussi sont à la fois naturelles et culturellement construites.

  3. Tout ce qui est artificiel est en même temps naturel

    • Descartes : Descartes défend une conception mécaniste de la nature. Pour lui, les êtres vivants sont des machines complexes, et les lois de la physique s'appliquent aussi bien aux objets artificiels qu'aux êtres naturels.

  4. L'opposition entre nature et culture est culturelle

    • Descola : Descola montre que la distinction entre nature et culture est une construction culturelle occidentale. Dans d'autres sociétés, comme les sociétés animistes, cette distinction n'existe pas. Pour eux, tout dans la nature possède une intériorité.

Conclusion

  • Nature et culture : Ces deux concepts sont inséparables. La culture est une extension de la nature, et la distinction entre les deux est souvent une construction culturelle. Il n'y a donc pas de sens strict à opposer nature et culture, car elles sont intrinsèquement liées.

Fiche de révision : La technique

I. Les promesses de la technique

  1. La différence entre machine et outil

    • Outil : Un outil est un instrument artificiel qui prolonge le corps, notamment la main. Il augmente la puissance du corps et permet de transformer le réel. Cependant, l'outil est proportionné au corps humain, ce qui limite sa puissance.

    • Machine : Contrairement à l'outil, la machine peut fonctionner de manière automatique et n'est pas limitée par les capacités du corps humain. Elle permet une plus grande efficacité et productivité.

    • Logique de l'efficacité : La technique permet de compenser la faiblesse naturelle de l'homme en augmentant sa puissance et en le rendant plus indépendant de la nature. Elle allège le travail et le rend plus productif.

  2. La technique comme savoir‑faire

    • Méthode : La technique implique une méthode, c'est‑à‑dire une série de règles à suivre pour réaliser un objectif. Aristote définit la technique (technè) comme une disposition à produire accompagnée de règles justes.

    • Impératifs hypothétiques : Les règles techniques sont des impératifs hypothétiques : si l'on veut atteindre un certain résultat, il faut suivre ces règles. Par exemple, pour faire un gâteau, il faut suivre une recette.

    • Rapport au savoir : La technique est inséparable de la science. La science permet de comprendre les lois de la nature et de les appliquer pour transformer le réel. La technique est donc une application du savoir scientifique.

  3. Les promesses de la technique

    • Descartes : Dans le Discours de la méthode, Descartes voit dans la technique la possibilité pour l'homme de devenir « maître et possesseur de la nature ». La technique promet de libérer l'homme des contraintes naturelles et de lui donner un pouvoir sur le monde.

    • Allègement du travail : La technique rend le travail moins pénible et plus productif. Elle permet à l'homme de se libérer des tâches répétitives et de se concentrer sur des activités plus créatives.

II. Le caractère effrayant de la technique

  1. La dépendance à la technique

    • Perte de capacités naturelles : La technique peut rendre l'homme dépendant des machines, ce qui entraîne la perte de certaines capacités naturelles. Par exemple, l'utilisation de calculatrices réduit la capacité à effectuer des calculs mentaux.

    • Faiblesse accrue : Paradoxalement, la technique peut accroître la faiblesse de l'homme en le rendant dépendant des machines et des systèmes techniques.

  2. La puissance des machines

    • Dépassement par les machines : Les machines peuvent devenir si puissantes qu'elles dépassent les capacités humaines. L'homme risque d'être dominé par les machines qu'il a créées.

    • Immaîtrisabilité : Certaines technologies, comme les centrales nucléaires, sont si complexes et puissantes qu'elles deviennent difficiles à contrôler, ce qui peut entraîner des catastrophes.

  3. La logique d'efficacité

    • Accélération du temps : Hartmut Rosa souligne que nos sociétés sont victimes d'une accélération du temps due à la technique. Cette logique d'efficacité envahit même le domaine du loisir, rendant difficile la possibilité de se sentir libre par rapport au temps.

    • Banalité du mal : Hannah Arendt montre dans Eichmann à Jérusalem que la logique technique peut conduire à des actes immoraux. Eichmann, en suivant les règles techniques de l'administration nazie, a participé à l'extermination des Juifs sans se poser de questions morales.

III. Il faut craindre notre méconnaissance de la technique

  1. L'habileté technique

    • Adaptation aux circonstances : Un bon technicien ne se contente pas d'appliquer mécaniquement des règles. Il doit être capable de s'adapter aux situations particulières, comme un bon juge qui applique la loi avec équité.

    • Expérience : La technique ne s'acquiert pas uniquement par la théorie. Elle nécessite de l'expérience et de la pratique. Par exemple, un bon cuisinier ne se contente pas de suivre une recette, il doit ajuster ses gestes en fonction des circonstances.

  2. Le mode de fonctionnement des objets techniques

    • Gilbert Simondon : Dans De l'essence des objets techniques, Simondon montre que la technicité d'un objet ne se réduit pas à son utilité, mais à son mode de fonctionnement. Les objets techniques sont caractérisés par une synergie entre leurs différents éléments, ce qui leur confère une forme d'autonomie.

    • Interdépendance des fonctions : Les objets techniques imitent les organismes vivants dans leur organisation. Par exemple, les ailettes de refroidissement d'un moteur servent à la fois à consolider la culasse et à augmenter la puissance du moteur.

  3. La nécessité de l'éthique

    • Responsabilité : Descartes souligne que la maîtrise de la nature doit s'accompagner d'une responsabilité éthique. L'usage de la technique doit être guidé par des choix moraux.

    • Éthique de la responsabilité : Hans Jonas propose une éthique qui nous oblige à agir de manière à préserver la possibilité d'une vie authentiquement humaine sur Terre. La technique ne doit pas être utilisée de manière destructrice.

Fiche de révision : Le travail

I. De la nécessité naturelle à la contrainte sociale

  1. Premiers éléments de définition

    • Activité de production : Le travail est une activité qui transforme la nature pour produire des biens ou des services. Il a sa fin dans le produit, et non dans l'activité elle‑même.

    • Labeur : Le travail implique un effort et est souvent perçu comme une activité pénible, nécessaire pour répondre aux besoins de survie.

  2. La dépendance à l'égard de la nature

    • Besoins naturels : Le travail est motivé par les besoins naturels du corps, comme la faim ou la soif. L'homme travaille pour survivre, ce qui le rend dépendant de la nature.

    • Résistance de la nature : Le travail implique de transformer la nature, ce qui nécessite des efforts pour surmonter la résistance du réel.

  3. Travail et dépendance sociale

    • Coopération : Pour réduire les efforts, les hommes coopèrent et se spécialisent dans des tâches spécifiques. Cela conduit à la division sociale du travail.

    • Inégalités : Rousseau et Marx montrent que la division du travail peut entraîner des inégalités sociales. Certains profitent plus que d'autres du fruit du travail, ce qui crée des rapports de domination.

II. Travail et réalisation de soi

  1. Humanisation de la nature

    • Transformation de la nature : Par le travail, l'homme transforme la nature et y introduit un ordre humain. Il s'approprie la nature et se reconnaît dans ses créations.

    • Liberté : En maîtrisant la nature, l'homme devient plus libre. Il ne dépend plus uniquement de la nature, mais de ses propres capacités.

  2. Reconnaissance de soi

    • Miroir de soi : Les produits du travail reflètent les capacités de l'individu. Ils permettent à l'homme de se reconnaître dans ses œuvres et de prendre conscience de lui‑même.

    • Maîtrise de soi : Le travail apprend à l'homme à maîtriser ses désirs et à se discipliner, ce qui contribue à sa liberté intérieure.

  3. Divertissement ou sublimation

    • Divertissement : Le travail peut être une forme de divertissement, permettant à l'homme d'échapper à l'angoisse de la mort.

    • Sublimation : Le travail permet de sublimer les désirs refoulés en les transformant en créations utiles. Il offre une reconnaissance sociale et un sentiment d'utilité.

III. Le rôle des conditions du travail

  1. Le problème des conditions techniques du travail

    • Machines et automatisation : Les machines simplifient les tâches, mais elles peuvent aussi réduire le travail à des gestes répétitifs et mécaniques. L'ouvrier perd alors la possibilité de s'exprimer dans son travail.

    • Dépendance aux machines : L'ouvrier devient dépendant des machines, qui dictent le rythme de son travail. Il perd l'initiative et la satisfaction de créer.

  2. Le problème des conditions sociales du travail

    • Inégalités de propriété : Marx montre que les inégalités de propriété permettent l'exploitation des travailleurs. Les ouvriers ne possèdent pas les moyens de production et sont contraints de vendre leur force de travail.

    • Solution communiste : Marx propose de supprimer la propriété privée des moyens de production pour libérer les travailleurs de l'exploitation.

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