Théâtre médiéval et Corneille : Miracles et Mystères

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Théâtre médiéval : miracles et mystères

Les miracles se développent essentiellement à la fin du XIIIe siècle et au XIVe siècle. Ils se définissent formellement par leur brièveté, une scène assez simple, l'usage de l'octosyllabe : il s'agit d'un petit drame faisant appel à l'intervention d'un saint ou de la Vierge. L'un des plus connus est Le Jeu de saint Nicolas. Les miracles sont beaucoup moins spectaculaires que les mystères. Ces miracles ont le mérite d'exprimer les craintes et les aspirations d'un public qui, normalement, est humble et peu cultivé. Ces miracles mettent sur la scène des personnages simples qui ne brillent ni par leur nom ni par leur esprit. Le théâtre sacré médiéval naît avec une finalité d'édification. Théophile est une histoire simple et linéaire qui reflète assez bien le style des miracles. Mais, grâce à la mise en scène, Théophile, à cause de son repentir, devient le symbole de l'humanité.

Les mystères se centrent sur la Passion du Christ ; ils remontent souvent au péché originel. Ils retracent aussi l'histoire de l'humanité, de la Genèse à la Rédemption. Dans ces mystères on introduit des épisodes farcesques dans les intermèdes et l'on aime bien mêler des épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament. À cette époque, le genre est complètement abandonné au nom de la foi et de l'art.

Éléments clefs de la représentation

C'est une représentation religieuse du Moyen Âge, mise en scène dans un théâtre circulaire. C'est la représentation d'un théâtre dans lequel acteur et public se trouvent sur le même plan. Dans ces spectacles médiévaux, douleur et violence ne sont pas univoques et, paradoxalement, ces spectacles font naître la peur ou le rire.

  • Forme : brièveté, scène simple, octosyllabe.
  • Sujet : intervention d'un saint ou de la Vierge ; thèmes religieux.
  • Public : humble, peu cultivé, dont on exprime les craintes et les aspirations.
  • Mise en scène : théâtre circulaire ; proximité acteur-public.
  • Ton : mélange de sacré, de drame et parfois d'intermèdes farcesques.

Corneille et l'évolution du théâtre

Corneille va représenter sa première pièce de théâtre en 1635 : il transposait un thème de la littérature pastorale en comédie bourgeoise. Ce ne sont pas des personnages ridicules, mais les spectateurs vont rire ; il emploie le ton et le style naturel des honnêtes gens ou de l'honnête homme parfait. À partir de ce moment, Corneille s'impose à Paris à travers cette pièce et ensuite il va écrire d'autres pièces de théâtre.

Parmi ses œuvres de jeunesse :

  • Clitandre : tragi-comédie.
  • La Veuve : comédie d'intrigue.
  • La Galerie du Palais : comédie.
  • La Place Royale : comédie où l'auteur a déjà défini le prototype de personnage cornélien.

Dans ces comédies, il y a aussi une sorte de fantaisie familière, ce qui n'empêche pas l'auteur d'être cruel ou cynique. Corneille a introduit la vérité dans ses pièces de théâtre. Ainsi il situe certaines pièces dans un cadre réel et contemporain et il reproduit avec fidélité les manières et le langage de la société élégante sans exagération. Corneille combine dans ses comédies plusieurs styles poétiques : il a d'abord un comique tempéré, sans valets bouffons ou parasites ; il y a aussi un comique marqué par l'émotion et la tendresse (ceci appartient à la romance, littérature romanesque) ; enfin il a un troisième ton caractérisé par la bouffonnerie.

Les tragédies

Corneille s'élève à la gloire avec la représentation de Le Cid, une pièce éclatante de jeunesse et d'idéalisme romanesque. Cette pièce séduit le public par le mélange des tons : la chaleur lyrique, la grandeur épique et la tragi-comédie. Cette pièce provoque une querelle, car l'auteur est accusé par l'Académie. Cette critique bouleverse profondément l'auteur, qui reste trois ans sans écrire. Il revient à Paris en 1640 sur la scène avec la représentation d'Horace, avec un seul objectif : démontrer aux académiciens ainsi qu'à ses collègues qu'il était parfaitement capable d'écrire une pièce de théâtre en respectant les règles de la tragédie.

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