Thèmes et symboles dans Alcools de Guillaume Apollinaire
Classé dans Langue et de philologie
Écrit le en
français avec une taille de 3,35 KB
Marie Laurencin et l'amour dans Alcools
La peintre Marie Laurencin, avec qui Apollinaire a une liaison, est à l'origine de l'un des plus beaux poèmes d'amour du recueil « Alcools » : « Le Pont Mirabeau ». Ce poème se distingue par :
- Des allitérations en consonnes liquides (« l », « r ») répétées à chaque vers.
- Le verbe « vienne » (au subjonctif) qui exprime une hypothèse et un souhait.
- L'expression « l'Espérance est violente », traduisant le désir d'aimer et de vaincre la solitude.
- Une thématique centrale : l'amour et la fuite du temps.
Le poème « Crépuscule » est également dédié à Laurencin.
La figure féminine et le morbide
La description du corps féminin est perçue de manière négative, souvent comme un corps déchiré ou mutilé. On observe une fascination pour une féminité associée à une figure maternelle, à la fois lumineuse et cruelle. Cette évocation morbide surprend, notamment dans « Colchiques » :
- Les fleurs sont vénéneuses et teintées de violet.
- Le poète souligne le rapport morbide entre ces fleurs et la femme.
- Le corps apparaît déchiqueté, insaisissable et marqué par la mort.
Des images obsessionnelles relient l'amour à la mort (comme les mains coupées), faisant de l'amour un poison menant à la déception. Ces évocations mélancoliques témoignent d'une résignation face au caractère mortel de l'amour, illustrant l'impossibilité de vivre en couple, comme on le voit aussi dans « Fiançailles ».
Nature, animaux et saisons
Apollinaire puise ses images dans le règne animal et végétal :
- Le monde animal : Les oiseaux occupent une place importante, comme le phénix (renaissance) dans « Zone » ou la colombe (pureté). Dans « La Tzigane », l'oiseau bleu symbolise le destin.
- Les fleurs : La rose incarne la passion, l'ancolie symbolise la folie, le lys représente la pureté (« Clotilde ») et les passifleurs évoquent la passion (« L'Hermite »).
- Les arbres : Les tilleuls représenteraient l'amour conjugal.
- L'automne : Saison préférée du poète, elle s'accorde avec son état d'esprit. Il privilégie des couleurs morbides comme le violet, le gris et le blanc.
La quête d'identité et le dédoublement
La poésie d'Apollinaire se caractérise par une fluctuation des pronoms (« Je », « Il », « Tu »), comme dans « Zone ». Ce dédoublement témoigne d'un besoin de reconnaissance et d'un trouble intérieur :
- Le poète est incapable d'appréhender l'unité du « moi ».
- Il invoque la mémoire pour reconstituer son être à la dérive (« Zone », « Le Voyageur »).
- Ni la raison ni la mémoire ne parviennent à le rassurer, menant parfois au désespoir et à l'autodestruction, comme dans « Fiançailles ».