Théophile Gautier : Romantisme, Art pour l'Art et Fantastique

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Théophile Gautier : Jeunesse et Rencontres Clés

Théophile Gautier arrive à Paris à l’âge de trois ans, mais supporte mal le climat. Il fait ses études au collège Charlemagne où il rencontre Gérard de Nerval : ils deviendront de grands amis. Il se sent attiré par la peinture, mais il abandonne cette voie. Cependant, il gardera toujours le goût pour les formes et les couleurs, et son regard de poète et d’écrivain sera celui d'un peintre.

L'Engagement Romantique et la Bataille d'Hernani

Nerval lui présente Victor Hugo, car Gautier fréquente le cénacle et éprouve une grande admiration pour Hugo, chef de file du mouvement romantique. Gautier se jette dans les combats romantiques. Lors de la représentation d’« Hernani » de Victor Hugo au théâtre, celle-ci constitue une véritable bataille littéraire, car Victor Hugo y applique les principes du « Nouveau Théâtre », provoquant ainsi un grand vacarme.

Gautier aimait la provocation ; il se voyait comme un « dandy ». Il fait partie de cette bohème extravagante qui aime les tuniques, l’exotisme, etc. Il se fait remarquer avec son fameux gilet rouge. Il aime les séances de spiritisme avec Nerval et d’autres romantiques.

Œuvres Majeures et Thèmes Obsessionnels

Il publie ses « Poésies » (1830) et « La Comédie de la Mort » (1838). Une hantise de la mort est très présente dans l’œuvre de Gautier. Dans ses récits fantastiques, c’est toujours la femme fantôme ou la femme morte qui est admirée et aimée, et qui ressuscite par la force de l’amour. Il croyait en l’existence d’un « extra-monde ». Il aimait ressusciter d’anciens poètes tombés dans l’oubli de la poésie française, comme François Villon.

Journalisme et Quête de l'Évasion

Pour s’assurer une sécurité matérielle, il travaille comme journaliste. Il a toujours considéré sa vie de journaliste comme une servitude, car cela l’empêchait de se consacrer entièrement à la littérature, et de vivre sa seule passion : le culte de la beauté. Il s’évade du quotidien et de la réalité par le voyage, qu’il recrée dans le roman « La Momie » ou la nouvelle « Le Pied de la Momie ».

Mysticisme, Ésotérisme et l'Au-delà

Il exprime une croyance profonde en l’existence de formes mystérieuses. Une présence surnaturelle dans le monde se manifeste par l’intermédiaire de pouvoirs étranges, comme ceux des objets ou de manifestations insolites perçues dans le réel. Il aime l’ésotérisme et recourt au spiritisme, ce qui favorise l’approche d’un monde mystérieux et invisible. Son obsession de l’au-delà provient à la fois de l’imperfection de l’univers terrestre et de la peur de la mort, ce qui le pousse à s’interroger sur les phénomènes occultes et surnaturels.

L'Art pour l'Art : Esthétique et Héritage

Grâce à l’écriture, il conjure ses obsessions. Il est toujours porté par le culte de la beauté. Dans la préface du roman « Mademoiselle de Maupin » (1836), il affirme l’indépendance absolue de l’art contre ceux qui veulent introduire la moralité dans la littérature ; il revendique l’inutilité de l’art. Le poète doit exclure de son œuvre la politique, le lyrisme et la philosophie. Il manifeste le travail patient de l’artiste, de l’artisan, et l’œuvre parfaite permet d’échapper à la dégradation du temps.

C’est ce qu’il essaie de faire dans « Émaux et Camées » (1852), qu’il continuera à enrichir jusqu’en 1872. Ce recueil, écrit en quatrains d’octosyllabes, présente des rimes croisées, féminines puis masculines. Ce sont des mètres courts, comme des miniatures où tout est soigné : rimes riches, rythme subtil, sonorité rare. Il illustre parfaitement l’esthétique de l’« art pour l’art » qu’adopteront les poètes du Parnasse. Ses poèmes sont comme des objets précieux : émail ou camée, ce qui suggère l’idéal de la beauté parfaite. Le culte de la forme et de la beauté est une riposte contre le temps qui dégrade la beauté.

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