Théorie et Nature Juridique de l'Action en Justice

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Unité 2 : L'Action en Justice

UNITÉ 2 : L'ACTION

Concept doctrinal de l'action

L'action se soucie du droit procédural et de l'activité des parties, et plus spécifiquement, de ce qui constitue la demande auprès du tribunal.

Le germe civil repose sur cette idée : chaque processus est initié à la demande de l'intéressé.

  • Action : le pouvoir d'exercer les droits violés dans le cadre d'une procédure judiciaire.
  • Palais : l'action est le pouvoir de faire valoir une réclamation.
  • Arazi : soutient que le titulaire de l'action peut obtenir l'acte juridictionnel et l'émission d'une décision, qu'elle soit favorable ou non.

Les différentes théories de l'action

L'école classique

L'école classique fait valoir que l'action n'est rien d'autre que la loi elle-même déduite judiciairement. Savigny tente de modifier cette lecture en donnant à la loi une fonction de garantie. Si la loi a été violée, l'action est mise en mouvement. C'est l'aspect particulier qui suppose que tous les droits, en raison de leur lésion, deviennent « la loi dans un état de défense, armée pour la guerre, qui vivra dans le processus non pas comme un droit indépendant, mais comme un moment de la vie de la loi ».

L'autonomie de l'action : théories modernes

Pour les Romains, il existait une réclamation contre l'adversaire qui se transformait en action pour être appliquée devant la cour. Cette affirmation pouvait être reconnue par l'État à travers une peine appropriée ou par un acte particulier décidant de résoudre le conflit. Ainsi, l'action n'était pas simplement la déduction de la revendication légale dans le processus.

Muther affirme que l'action est un droit public subjectif obtenu grâce à une protection juridique. Elle est dirigée contre l'État pour obtenir une sentence favorable, et contre le défendeur pour qu'il se conforme à une disposition non satisfaite. Le budget de l'action est l'existence d'un droit privé et sa violation ; bien qu'elle soit conditionnée par le droit, elle en est indépendante et sa régulation correspond à l'audience.

L'action comme droit abstrait

Degenkolb vise à démontrer que l'action n'est pas seulement le droit, mais l'affirmation de son existence. L'attente d'une décision favorable est absolument contingente : celui qui détient l'action peut réussir ou perdre le processus. Il s'agit d'un droit abstrait qui appartient à quelqu'un, que sa cause soit bonne ou mauvaise, permettant de concevoir un procès même sans fondement.

L'action est une faculté qui s'exerce contre l'État et contre l'autre partie. Le processus est fondé sur l'initiative privée et l'intérêt qui détermine sa nature juridique.

L'action comme droit spécifique

Il n'est pas exact de dire que n'importe qui, avec ou sans raison, a droit au processus. Cette théorie avance qu'il faut être en possession du droit subjectif ayant été affecté.

  • Mendez Ramos dit que : « le justiciable ne fait pas attention à son droit de recours devant les tribunaux. Son intérêt particulier est d'obtenir une décision de justice en sa faveur en amorçant le processus. »
  • Wach soutient que le droit de réclamer est un droit légal lié à la violation d'un droit pour obtenir une décision favorable.

L'action comme droit discrétionnaire

Ce caractère facultatif contre l'adversaire s'impose à lui sans qu'il puisse s'y opposer ; il est soumis à l'action car celle-ci disparaît avec son exercice. Cela détermine si l'action est publique ou privée selon la règle qui la produit. Cette théorie rejette le caractère public de l'action et met l'accent sur la condition d'obtenir une décision favorable.

Action publique ou privée

Partant des thèses de Wach, Chiovenda a accentué le caractère privé de l'action, car il considérait que l'individu met en branle le mécanisme de révision judiciaire. La doctrine ultérieure a ensuite emprunté la voie du publicisme.

Lorsque la demande est présentée, l'effet immédiat est la décision qui doit émaner de la juridiction. On ne parle plus de cession à la loi, mais de soumission à la juridiction. L'action conserve son caractère de droit subjectif public car l'intérêt protégé n'est pas l'intérêt contesté, mais l'intérêt de voir le différend résolu.

L'action comme droit civil

Concernant le droit de juridiction, Couture affirme que toute théorie tentant d'expliquer la nature juridique de l'action doit assumer que tout sujet a le droit de s'adresser au tribunal compétent. Ce droit est la portion minimale du phénomène : le droit à l'avantage de la juridiction.

L'action est placée parmi les droits civils comme une forme du droit de pétition. Par conséquent, le droit d'action est un droit civil présent dans la dogmatique des constitutions contemporaines.

Les trois temps de Bidart Campos

Bidart Campos marque trois étapes :

  1. Avant le processus : l'obligation de l'État de fournir la justice.
  2. Pendant le processus : le maintien de l'adéquation des moyens procéduraux et de la défense pour atteindre une décision.
  3. Exigences d'intégrité : la juridiction contentieuse doit agir pour que l'acte soit considéré comme valide.

Le budget requis est la compétence ; elle doit exister pour qu'il y ait action et processus. À notre avis, l'action n'est pas simplement un acte procédural consistant à déposer une plainte. C'est la requête qui lance le processus et ferme le circuit de la procédure judiciaire.

L'action est un droit subjectif inspiré par le devoir de l'État de fournir une protection juridique. Elle vise la protection judiciaire au-delà de la simple garantie. L'action est la légalité procédurale dans la demande d'essai : si le droit n'existe pas sans le procès, il n'existe pas sans l'action.

Distinction entre Action et Prétention

ACTIONPRÉTENTION
S'adresse au JUGEConcerne le demandeur et le défendeur
Début et développement du processusVise une décision favorable aux intérêts du requérant

Classification des actions

En fonction des revendications :

  • Action civile : divers types de revendications (divorce, indemnité de départ, rémunération, expulsion).
  • Procédure pénale : une revendication unique (une pénalité).

Selon son objet :

  • Action constitutive : elle constitue, crée, modifie ou éteint des conséquences juridiques.
  • Action de condamnation : elle impose une obligation de donner, faire ou ne pas faire.
  • Action déclaratoire : elle vise à clarifier une situation d'incertitude (ex: demande d'inconstitutionnalité d'une règle).
  • Action exécutive : poursuit l'exécution d'une obligation déjà documentée (ex: paiement, nantissement, hypothèque).
  • Mesures de précaution : cherchent à assurer un fait ou un droit afin de garantir l'efficacité d'une éventuelle décision favorable (ex: arrestation, inhibition).

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