Théories éthiques et de la justice : concepts et écoles
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Théories éthiques et de la justice
Les théories éthiques présentent les divers critères de justification morale que proposent les philosophes. Nous pouvons les qualifier de théories éthiques du bien, qui valorisent nos actes libres grâce à leur relation avec une proposition d'excellence humaine, et de théories éthiques de la justice, qui cherchent à établir les normes qui garantissent la justice dans l'organisation sociale.
Éthiques du bien
Parmi les éthiques du bien nous distinguons :
- Hédonisme — qui voit dans le plaisir, profité sans qu'il nous blesse (disfrutando sin que nos duela) à la longue ni nous réduise à l'esclavage, le bien moral de l'être humain.
- Eudémonisme — qui voit dans le bonheur (felicidad) le bien moral de l'être humain. Ce bonheur inclut, dans sa version aristotélicienne, l'exercice de la philosophie, la pratique de la vertu (virtud) (fuir les extrêmes vicieux — huir de los vicios extremos), les bons amis et une pincée de chance ; dans sa version thomiste il inclut la béatitude (la participation de Dieu dans l'amour envers ses créatures).
- Déontologisme kantien — qui voit dans l'accomplissement du devoir, le fait de considérer les autres comme fin et jamais comme moyens, le bien moral de l'être humain.
- Éthique axiologique de Platon — qui fait de la réalisation des idéaux le bien moral de l'être humain.
Théories classiques de la justice
Théories classiques de la justice :
- Iusnaturalisme — qui voit dans l'autoréalisation de la nature humaine la fin qui légitime l'ordre social (il a une version scolastique et une autre illustrée).
- Utilitarisme — qui considère que la justice consiste à promouvoir des normes qui garantissent le bonheur de la plus grande partie des personnes.
- Positivisme — qui comprend la justice comme un système légal en vigueur, recueilli (recogido) dans des lois écrites et défendu par le pouvoir de l'État.
- Théories dialectiques — qui considèrent la justice comme le résultat de la lutte des opprimés contre leurs oppresseurs.
Théories contemporaines
- Théories de la maximisation — qui voient dans les droits humains la meilleure organisation sociale possible pour promouvoir la maximisation des intérêts.
- Néo-contractualisme (John Rawls) — pour Rawls, la société juste est celle qui reconnaît les mêmes droits civils pour tous et qui garantit que les différences sociales profitent (benefician) à tous et non pas à peu de personnes.
- Jürgen Habermas — pour Habermas la justice est le résultat des normes approuvées dans un exercice de rationalité dialogique développé dans une communauté idéale du dialogue.
- Critiques des droits humains — certains critiques, comme Peter Sloterdijk, considèrent que ceux-ci sont un résidu théologique duquel il faut se libérer pour profiter (del que es preciso liberarse para disfrutar) de la vie dans la plénitude.
Synthèse : principaux courants
Éthiques du bien : le bien comme plaisir (hédonisme), le bien comme bonheur (eudémonisme aristotélicien), le bien comme béatitude (eudémonisme thomiste), le bien comme devoir (déontologie kantienne), le bien comme valeur (axiologie de Platon).
Éthiques de la justice : théories classiques — iusnaturalisme scolastique, iusnaturalisme illustré, utilitarisme, positivisme, théories dialectiques ; théories contemporaines — théories de la maximisation, néo-contractualisme de John Rawls, rationalité dialogique de Jürgen Habermas, critiques des droits humains.