Théories Françaises du Théâtre : Aristote, Vraisemblance et Unités
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Les Principales Théories Françaises du Théâtre : L'Héritage d'Aristote
Dans la Poétique, Aristote insiste surtout sur la notion d'action. Les représentations théâtrales ne cherchent pas le réalisme ; elles se fondent sur le possible. D'autre part, la notion du "possible" sera délimitée par la vraisemblance et le nécessaire.
La Vraisemblance et le Possible
La vraisemblance procède de l'expérience commune et définit un espace que, à une époque donnée, un groupe social croit possible. La dimension psychologique de la vraisemblance introduit la persuasion, car le possible, affirme Aristote, est "persuasif".
L'Irrationnel et l'Avéré
Aristote exclut du champ de la tragédie une modalité de l'irrationnel : le monstrueux. Il fait la différence entre le monstrueux et l'effrayant. Le monstrueux engendre une réaction d'incrédulité et une réaction d'horreur. Cette exclusion du monstrueux doit être mise en relation avec le problème de la vérité historique. C'est pourquoi, dans les pièces de théâtre du XVIIe siècle, on observe de grandes inventions historiques.
Idéalisation et Identification
Une œuvre d'art va représenter son modèle en l'idéalisant. Mais, pour Aristote, ce que l'auteur dramatique doit faire, c'est construire son personnage à travers l'idéalisation, ce qui implique que le héros devra être montré en dehors de la quotidienneté du spectateur. Ce que ce théâtre désire montrer au spectateur, ce sont les actions qui puissent susciter la crainte ou la pitié.
La Fonction Esthétique : La Catharsis
Pour Aristote, la pièce dramatique a pour fonction de susciter un plaisir de nature esthétique. C'est le phénomène de la catharsis dont les deux principales émotions motrices sont la pitié et la frayeur.
Les Héritiers de la Théorie d'Aristote
Le modèle théâtral aristotélicien n'a eu aucune incidence sur le thème médiéval. Un auteur français, Chapelin, au XVIIe siècle, revisite la théorie aristotélicienne. Ainsi, Chapelin, s'appuyant sur l'Académie Française, prononce une sentence sévère contre Corneille, qu'il considère coupable d'avoir trahi la théorie d'Aristote.
La Doctrine Unitaire et les Règles Classiques
Unité d'Action
On spécifie que l'action principale fait allusion à la représentation des actions d'un seul personnage principal. Dans une tragédie, les événements représentés peuvent être nombreux ; dans la catastrophe, les personnages secondaires auront un rôle important.
Unité de Temps et de Lieu
- Unité de Temps : Aristote, dans sa Poétique, se montre moins explicite concernant cette unité.
- Unité de Lieu : Dans sa Poétique, Aristote n'envisage pas la question de l'unité de lieu. Celle-ci sera envisagée à partir du double paramètre de la vraisemblance et de la durée. Ainsi, il s'impose que l'espace de la fonction doit être défini par rapport à l'espace réel que le personnage peut parcourir pendant la durée de la représentation. Dans un premier temps, il ne s'impose pas l'idée d'une homologie exacte entre l'espace scénique et celui de l'action.
La Bienséance
La bienséance n'appartient pas au corpus aristotélicien. C'est toujours à travers un personnage secondaire que le public connaîtra les épisodes sanglants. La bienséance défend qu'il n'y ait pas sur la scène des épisodes sanglants et des scènes amoureuses.
La Composition de la Pièce
La structure dramatique se divise en plusieurs parties :
1. Exposition
Partie nécessaire de l'œuvre pour faire connaître les circonstances et les personnages de l'action. Types possibles :
- Dialogue entre un personnage principal et un personnage secondaire.
- Monologue du personnage principal.
- Dialogue entre deux personnages principaux.
- Dialogue entre deux personnages secondaires.
2. Nœud
Consiste à imbriquer de façon non arbitraire les obstacles qui s'opposent aux désirs des héros. La péripétie est un événement extérieur inattendu qui crée un effet de surprise et bouleverse les héros.
3. Dénouement
Découle logiquement de la cessation des obstacles et des péripéties.