Le Traité de Lisbonne et la Politique d'Immigration de l'UE
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Le Cadre Juridique de l'Immigration dans l'Union Européenne
I. La Politique de l'UE : Du Traité de Rome à Lisbonne
Le Traité de Lisbonne (en vigueur depuis le 1er décembre 2009) a profondément modifié la politique d'immigration de l'UE.
Compétences Partagées et Lutte contre la Discrimination
- Article 2 C : Une compétence partagée s'applique entre l'Union et les États membres, notamment dans la zone de liberté, de sécurité et de justice.
- Article 5 b : Dans la définition et la mise en œuvre de ses politiques et actions, l'Union cherche à combattre toute discrimination fondée sur le sexe, la race ou l'origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle.
Gestion des Frontières et Flux Migratoires
L'Union développe une politique qui vise à :
- Garantir l'absence totale de contrôle des personnes, quelle que soit leur nationalité, lorsqu'elles franchissent les frontières intérieures (Art. 62, § 1, a).
- Effectuer des contrôles des personnes et une surveillance efficace au franchissement des frontières extérieures (Art. 62, § 1, b).
- Mettre en place progressivement une gestion intégrée des frontières extérieures (Art. 62, § 1, c).
Toutefois, l'Article 62, paragraphe 4, précise que ces dispositions n'affectent pas la compétence des États membres relative à la délimitation géographique de leurs frontières.
Objectifs de la Politique d'Immigration Commune (Art. 63 bis)
L'UE développe une politique d'immigration commune visant à assurer, en tout temps :
- La gestion efficace des flux migratoires.
- Un traitement équitable des ressortissants de pays tiers résidant légalement dans les États membres.
- La prévention de l'immigration clandestine et de la traite des êtres humains, ainsi qu'une lutte renforcée contre ces phénomènes.
II. Intégration et Souveraineté Nationale
Le traité prévoit des actions coordonnées du Parlement européen et du Conseil visant à promouvoir l'intégration des ressortissants de pays tiers résidant légalement sur le territoire communautaire.
Ces mesures doivent être effectuées « à l'exclusion de toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des États membres ».
Les États membres conservent le droit de déterminer les volumes d'entrée sur leur territoire de ressortissants de pays tiers en provenance de pays tiers en vue de chercher un emploi salarié ou indépendant.
III. Évolution du Processus Décisionnel (Post-Lisbonne)
Avant le Traité de Lisbonne
Le règlement des questions de l'immigration légale devait être adopté à l'unanimité par le Conseil européen, après consultation du Parlement.
Avec le Nouveau Traité
Le processus décisionnel passe par la procédure législative ordinaire (codécision) à la majorité qualifiée et les co-pouvoirs législatifs du Parlement.
La politique d'immigration est de plus en plus traitée au niveau international, même si le respect des règles nationales relatives à la fixation du nombre de personnes qui peuvent entrer dans le pays ou la communauté elle-même, comme le principe de préférence communautaire pour l'emploi, attribue la priorité aux ressortissants de l'UE sur les ressortissants de pays tiers.
IV. Accords de Réadmission
L'UE peut conclure des accords avec les pays tiers pour la réadmission dans leur pays d'origine ou de provenance de ressortissants de pays tiers qui ne respectent plus ou ne remplissent plus les conditions d'entrée, de présence ou de résidence sur le territoire d'un État membre.
V. Examen et Entrée en Vigueur des Directives
Examen par la Commission
Le 5 décembre 2013, la Commission, après consultation avec les États membres et les partenaires sociaux au niveau communautaire, a examiné l'application de la présente directive afin de proposer, si nécessaire, des modifications appropriées.
Entrée en Vigueur et Récipiendaires
La directive est entrée en vigueur le jour de sa publication au Journal officiel de l'Union européenne (le 5 décembre 2008). Les récipiendaires de la directive sont les États membres.