L'Urbanisme Baroque et le Génie de Rembrandt
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L'Urbanisme Baroque : La Ville comme Symbole de Pouvoir
L'urbanisme baroque. Le baroque est le grand moment de l'urbanisme moderne. Dans cette période, se mettent en place des plans de réglementation de ce qu'on a appelé la capitale. La ville est choisie comme l'idéal, et la place comme le cadre approprié. La ville est construite autour d'un centre vers lequel les grandes routes convergent, créant des lignes de larges perspectives. Les places seront l'un des principaux éléments, la réflexion et le symbole de la puissance civile ou religieuse, entendue comme le réglage des parties et de la représentation.
Les Principes de la Planification Urbaine
La base de la planification a été effectuée sur un système en trident, qui entrait par le biais de trois principaux axes convergeant en un point, soit sur la Place d'Armes, située au Palais (Versailles) et à partir de laquelle tout avait été conçu comme un entonnoir au centre emblématique. Avec un sens clair de l'orientation symbolique du roi, convergeaient ainsi dans un même lieu des bâtiments construits en réponse à un régime unique d'architecture de façade, ce qui donnait une régularité et un caractère unitaire.
Rome et Versailles : Modèles de la Capitale Baroque
Rome est le prototype de cette capitale. Son développement urbain a commencé au temps de Jules II, mais son organisateur principal fut Sixte Quint. Son règlement est fondé sur un réseau de routes principales qui articulent d'importants centres de référence, tant pour les bâtiments que pour les places. Le centre est la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, qui devient un lieu de rencontre et de départ des voies s'orientant vers la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem, la basilique de Saint-Jean-de-Latran et la Piazza del Popolo.
Versailles : La Ville Baroque Française
Versailles : La ville baroque française de conception nouvelle, dont la naissance était liée à l'existence d'un palais. Elle commença en 1671 à diriger un développement ordonné de la population attirée par le siège du palais. Pour cela, le roi a cédé le terrain à tous ceux qui le demandaient en échange d'un impôt symbolique, mais à la condition de réaliser l'unité de style dans la ville afin qu'elle ne « noie » pas le palais.
L'Urbanisme à Paris et l'Évolution de la Place
La place, dans la ville, a un sens différent à Rome ou à Paris. À Rome, elle fait partie d'un plan global : la Piazza del Popolo est liée au célèbre trident que forment les voies Babbuino, Corso et Ripetta, les voies d'accès à la Rome moderne.
À Paris, elle devient un « épisode résolu ». L'urbanisme de Paris recherche l'uniformité de ses places et de ses grandes avenues. Au lieu de commencer par un système global, Paris a connu une série d'événements monumentaux. On a prévu la construction de places avec une idée claire du roi mythificateur. Le monument est ainsi devenu un élément de polarisation de l'espace, tout en étant un facteur urbain autour duquel s'organise un environnement.
Le Jardin Urbain et l'Espace Infini d'André Le Nôtre
Le jardin urbain trouve son haut représentant du baroque en André Le Nôtre. Le Nôtre rompt avec l'organisation statique et claire du jardin de la Renaissance en établissant un système d'axes et une diversité d'espaces. Toutefois, la gestion reste simple. À partir d'un axe longitudinal, la fin du parcours offre la perception d'un espace infini.
En conclusion, l'organisme urbain rend l'architecture indépendante, venant même à l'envahir comme à Paris, Versailles ou au Vatican avec la colonnade du Bernin. La façade du bâtiment est conçue dans le but d'atteindre ou de rehausser la beauté de la rue ou de la place. L'espace urbain et la perspective sont parfaitement ordonnés.
La Peinture Hollandaise et le Maître Rembrandt
La peinture hollandaise : REMBRANDT. La peinture baroque néerlandaise est le prototype de ce qui a été appelé le baroque bourgeois ou protestant. Le développement du protestantisme y provoque la disparition presque totale des images religieuses, réduisant le thème religieux à une faible représentation de scènes bibliques.
Un Art Bourgeois et Protestant
La Hollande est devenue une république dirigée par une société bourgeoise d'artisans et de commerçants. La clientèle des artistes est très différente de celle des autres pays et il n'est pas surprenant de voir apparaître de nouveaux thèmes : des scènes de genre dominées par des peintures réalistes à petite échelle pour décorer les maisons de la bourgeoisie, ou de plus grands formats pour la décoration des sièges des corporations. On y trouve ainsi :
- Des portraits individuels sobres ;
- Des portraits de groupe au ton dramatique ;
- Des scènes d'intérieur et domestiques montrant la décoration des riches bourgeois ;
- Des paysages et des scènes de la vie rurale ;
- Des natures mortes recréant fidèlement les objets du quotidien.
La Vie et l'Œuvre de Rembrandt van Rijn
Avec Rembrandt, la peinture hollandaise atteint son apogée. Contrairement à Rubens, c'est un homme sédentaire, consacré à son travail de peintre. À Amsterdam, il épouse Saskia, issue d'une famille de la petite noblesse locale, avec qui il a un fils. La mort de Saskia et l'apparition dans sa vie d'une autre femme d'origine modeste, engagée pour prendre soin de son enfant et avec qui il commença une relation sans pouvoir se marier (sous peine de perdre la succession de sa femme), augmentèrent le rejet d'une société puritaine. Ce rejet causa la ruine de son commerce.
Ces dernières années, la mort de sa compagne et de son fils a accru sa solitude, sa pauvreté extrême et la maladie. C'est dans ces années sombres que sa réflexion sur le vieillissement et le destin de l'homme atteint sa plus grande profondeur, produisant ses œuvres aux profils les plus personnels.
Le Style de Rembrandt : Lumière, Couleur et Humanité
L'héritage artistique de Rembrandt étonne par son abondance, incluant plus de 60 autoportraits. Le portrait est son genre de prédilection, représentant constamment ses proches. Cependant, ses œuvres les plus ambitieuses sont les portraits de groupe (La Leçon d'anatomie, La Ronde de nuit). Dans les paysages, il préférait l'automne et l'hiver, distillant une douce tristesse. Ses gravures font de lui l'un des plus grands artistes du genre.
Rembrandt est l'un des plus grands maîtres de la couleur et de la lumière, utilisant un pinceau libre et un empâtement large et épais. La couleur est appliquée en plaques épaisses jusqu'à former une croûte poreuse. Ses thèmes de prédilection incluent :
- La nuit et l'obscurité avec des effets de lumière réfléchie sur les figures ;
- La vieillesse, permettant d'attirer l'attention sur la pauvreté humaine et l'expérience ;
- Les émotions, la tristesse et le malheur exprimés dans ses derniers autoportraits.
Le regard est essentiel : c'est une peinture des yeux, fixant l'auditoire. Plus que des visages, il peint des âmes. Contre le culte de la richesse de Rubens, il préfère se plonger dans l'humanité impuissante du vieil âge.