Les trois voies pour démontrer l'existence de Dieu
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Première voie — du mouvement
La première est basée sur le mouvement.
- Il se compose du témoignage des sens : dans le monde il y a des choses qui se déplacent.
- Tout ce qui bouge est mû par un autre. Le mouvement n'est rien d'autre que le passage de la puissance à l'acte, et ce qui est en puissance ne peut être mis en acte que par ce qui est en acte.
- Il est impossible que la même chose soit, en un même ordre de mouvement, à la fois en acte et en puissance.
- Si ce qui est mû est lui‑même mû par un autre, cet autre l'est aussi par un autre, et ainsi de suite ; mais on ne peut remonter indéfiniment dans cette série, car alors il n'y aurait pas de premier moteur, et par conséquent pas de moteur du tout.
- Il est donc nécessaire d'aboutir à un premier moteur, qui n'est mû par aucun autre, et c'est ce que tous entendent par Dieu.
Deuxième voie — causalité efficiente
La deuxième manière est la causalité efficiente.
- Nous constatons, dans le monde sensible, qu'il existe un ordre entre les causes efficientes.
- Nous n'avons pas trouvé que quelque chose soit cause de soi‑même.
- Il est impossible d'étendre indéfiniment la série des causes efficientes ; si toute cause était causée par une autre, il n'y aurait ni première cause ni cause ultime.
- Par conséquent, il faut nécessairement une cause efficiente première, que tout le monde appelle Dieu.
Troisième voie — le possible et le nécessaire
La troisième voie considère le possible (ou contingent) et le nécessaire.
- Nous trouvons dans la nature des choses qui peuvent exister ou ne pas exister, car nous voyons des êtres qui naissent et périssent.
- Il est impossible que de telles choses aient toujours été présentes, car ce qui peut ne pas être n'a commencé à exister que par ce qui existe déjà.
- Si, à tout moment, toutes les choses pouvaient ne pas exister, alors à un certain moment il n'y aurait eu rien ; et si rien n'avait été, rien ne serait maintenant, puisqu'un rien ne commence à être qu'en vertu de quelque chose d'existant.
- Par conséquent, il n'est pas vrai que tout soit possible ou contingent ; il faut qu'il y ait nécessairement des êtres nécessaires.
- Or, un être nécessaire est soit nécessaire en soi, soit nécessaire par la dépendance d'un autre. Si sa nécessité dépend d'un autre, il faudrait une série infinie de choses nécessaires, ce qui est impossible.
- Il est donc impératif qu'il y ait quelque chose qui soit nécessaire en soi et dont la nécessité ne dépend d'aucun autre, que tous appellent Dieu.