Voyage Musical à Travers le Moyen Âge et la Renaissance

Classified in Musique

Written at on français with a size of 5,43 KB.

Troisième voyage dans le temps

Moyen Âge (600-1400)

La civilisation s’étend de la chute de l’Empire romain, au milieu du Ve siècle, aux expéditions de Christophe Colomb, à la fin du XVe siècle. Du chant grégorien à la polyphonie, le Moyen Âge voit naître de nouvelles formes musicales. Au XIe siècle, troubadours et trouvères font entendre dans les châteaux une musique profane. De nouvelles Églises voient le jour, chacune célébrant à sa manière le culte chrétien et développant une façon de chanter propre.

Le chant grégorien

Pour assurer une véritable unité et asseoir le pouvoir de l’Église romaine, le pape Grégoire entreprend une profonde réforme de la liturgie. Il uniformise les pratiques et réglemente le chant religieux, donnant naissance au chant grégorien. Chanté en latin par des chœurs d’hommes à l’unisson sans accompagnement instrumental, il est noté en neumes, terme d’origine grecque signifiant geste ou signe. Les neumes sont de petits signes qui représentent les inflexions de la voix. Au XIIe siècle, la notation carrée apparaît, fixant avec précision la hauteur de chaque note.

Gui d'Arezzo et l'évolution de la notation musicale

Gui d’Arezzo, un moine du XIe siècle, est à l’origine de plusieurs innovations musicales, dont l’invention des noms des notes modernes. Il utilise les premières syllabes des deux premiers vers d’une hymne à saint Jean Baptiste : Ut queant laxis / Resonare fibris. Le solfège était né. Gui d'Arezzo met également au point un système de notation fondé sur une version rudimentaire de la portée musicale.

L'essor de la polyphonie

Entre le XIe et le XIIe siècle, dans les églises et les villes européennes, la « polyphonie » se diffuse. Il s’agit de la combinaison de plusieurs voix qui chantent la même composition, mais de manière indépendante les unes des autres. La cathédrale de Notre-Dame de Paris devient la première grande école de polyphonie sacrée. Leoninus et son élève Perotinus sont considérés comme les premiers compositeurs de cette école.

Musique profane et ménestrels

Parallèlement à la musique religieuse se développe une musique profane, composée de chansons populaires ou de danses instrumentales. Interprétée dans les châteaux ou dans les villages à l’occasion de fêtes, cette musique est transmise oralement. Les ménestrels, musiciens errants d’origine humble, jouent de plusieurs instruments et offrent leurs services au public des villes, contribuant ainsi à la diffusion de nouvelles mélodies. Parmi les musiciens profanes, on distingue les trouvères, au nord de la Loire, qui s’expriment en langue d’oïl, et les troubadours, au sud de la Loire, qui parlent la langue d’oc. Guillaume IX, comte de Poitiers et duc d’Aquitaine, est un exemple célèbre de troubadour. Les instruments utilisés à cette époque sont le luth, le rebec, le psaltérion, la flûte, le tambourin ou encore la viole à roue. Les thèmes abordés dans les chansons sont l’amour d’un seigneur pour une dame inaccessible ou les exploits guerriers d’un vaillant chevalier.

La Renaissance (1400-1600)

La Renaissance marque un renouveau culturel. L’Antiquité grecque et romaine devient une source d’inspiration importante, et les artistes, qu’ils soient peintres, sculpteurs ou musiciens, aspirent à un retour à une liberté d’expression plus grande. L’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1455 favorise la diffusion des idées et des œuvres. En 1501, Ottaviano Petrucci imprime la première partition musicale.

Musique religieuse et Réforme

L’Europe de la Renaissance est profondément religieuse. La Réforme protestante, initiée par Martin Luther, divise l’Europe religieuse en deux, et la musique religieuse suit le mouvement. Luther souhaite une musique plus accessible au peuple et encourage le développement du choral protestant. L’Église catholique, quant à elle, préfère la polyphonie traditionnelle, très complexe et nécessitant des musiciens spécialisés. En Italie, Giovanni Pierluigi da Palestrina porte la musique chrétienne à son plus haut niveau à l’époque de la Contre-Réforme. En Espagne, Tomás Luis de Victoria se consacre également à l’écriture de musique religieuse.

Le madrigal

Le madrigal est une forme de musique vocale profane apparue en Italie au XVIe siècle. Ces pièces sont composées pour un minimum de trois voix, agréables à chanter, élégantes et belles. Le madrigalisme, qui consiste à utiliser des mots particulièrement descriptifs, permet au compositeur d’enrichir sa mélodie d’ornements évocateurs. La musique imite alors le texte : la fuite est symbolisée par des imitations serrées sur des rythmes rapides, le bonheur par des lignes ascendantes légères, le soupir par une note élevée qui descend, comme fatiguée, vers une note plus basse. Parmi les compositeurs de madrigaux les plus célèbres figurent Roland de Lassus et Claudio Monteverdi. En France, la chanson, avec des sujets populaires tirés de la nature, connaît un grand succès.

La musique instrumentale

La musique instrumentale se développe également à la Renaissance. Les instruments utilisés sont variés : le psaltérion, la trompette marine, le luth, la sacqueboute, la bombarde, la harpe, la vielle, l’orgue portatif, la flûte à bec, le serpent et le clavicorde.

Entradas relacionadas: