%22Declaration des Droits de l Homme et du Citoyen en 1789 en France%22
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Introduction
La démocratie est un régime politique dans lequel le pouvoir appartient au peuple. Le mot vient du grec demos (le peuple) et kratos (le pouvoir). Elle apparaît pour la première fois à Athènes, au Ve siècle avant J.-C., où les citoyens participent directement aux décisions de la cité. Les assemblées, les tirages au sort et le débat public permettent alors à tous les citoyens de voter les lois et de contrôler les magistrats. Cependant, cette démocratie est limitée : seules une minorité de personnes est citoyenne, les femmes, les esclaves et les étrangers sont exclus. Malgré cela, l’idée de démocratie ne disparaît pas et inspire les philosophes et révolutionnaires à travers l’histoire. Au XVIIIe siècle, avec les révolutions américaine et française, la démocratie revient mais sous une autre forme. Les sociétés sont plus grandes et la participation directe devient impossible. Il faut donc créer des institutions représentatives pour que le peuple puisse exercer son pouvoir par l’intermédiaire d’élus. On peut donc se demander : comment l’idée et la pratique de la démocratie ont-elles évolué de l’Antiquité à nos jours ? Nous verrons d’abord que la démocratie antique est directe mais limitée, ensuite que la démocratie représentative se met en place à partir du XVIIIe et XIXe siècle, et enfin que la démocratie moderne progresse mais reste fragile.
I. La démocratie dans l’Antiquité : Athènes, démocratie directe mais limitée
La démocratie naît à Athènes au début du Ve siècle avant J.-C. Dans le cadre de la cité, appelée polis. Elle rassemble les hommes libres, les citoyens, qui participent directement à la vie politique grâce à l’Ecclésia, le conseil de la Boulè et les magistrats. En 508 avant J.-C., Clisthène organise la cité en dèmes et tribus et introduit le tirage au sort pour certains postes. 500 citoyens tirés au sort participent au Conseil de la Boulè chaque année. Cela garantit une certaine égalité entre les citoyens et leur permet d’exercer des responsabilités politiques. La démocratie athénienne est directe : les citoyens votent les lois à l’Ecclésia, décident des affaires militaires, pratiquent l’ostracisme pour bannir des citoyens dangereux et utilisent la rhétorique pour convaincre lors des débats à l’agora. Le théâtre, notamment les comédies d’Aristophane, participe également au débat public. Cependant, la démocratie athénienne reste limitée. La citoyenneté est réservée aux hommes nés de deux parents athéniens, soit 10 à 15 % de la population. Les femmes n’ont aucun droit politique et se consacrent aux tâches domestiques, même si elles participent aux fêtes religieuses. Les métèques, étrangers résidant à Athènes, ne votent pas et ne peuvent pas posséder de terre, mais doivent payer des impôts et participer à la défense de la cité. Les esclaves, très nombreux, n’ont aucun droit mais travaillent dans l’agriculture, l’artisanat et les administrations publiques. Certains philosophes, comme Platon, critiquent ce système et mettent en garde contre la démagogie et le pouvoir des orateurs. Ainsi, la démocratie athénienne est originale mais limitée à une minorité de citoyens.
II. Le renouveau démocratique à partir du XVIIIe siècle : représentation et débats sur la participation
Après l’Antiquité, l’idée de démocratie renaît avec les Lumières. Rousseau, Voltaire et Diderot affirment que les hommes sont égaux et libres, et que la souveraineté appartient au peuple. Les révolutions américaine et française mettent ces idées en pratique : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) affirme que tous les citoyens sont égaux et que le peuple est souverain.
Avec des États plus grands et plus peuplés, la démocratie directe devient impossible. Benjamin Constant distingue alors la « liberté des Anciens », où les citoyens participent directement aux décisions, et la « liberté des Modernes », où le pouvoir est confié à des représentants élus. Les citoyens modernes sont trop occupés par leur vie privée pour gouverner directement, et la représentation est nécessaire.
En France, le suffrage censitaire au début du XIXe siècle limite encore la participation, mais l’alphabétisation et la presse favorisent le débat politique. La Révolution de 1830 et la Seconde République (1848) montrent que le peuple réclame sa place : le suffrage universel masculin élargit la participation, mais les insurrections de juin 1848 rappellent que la démocratie reste fragile. Le Second Empire illustre cette fragilité : le suffrage universel existe, mais les libertés sont limitées.
III. La démocratie moderne : progrès et limites de la participation citoyenne
Avec la IIIe République, la démocratie libérale s’affirme : les élections deviennent libres, les libertés fondamentales sont garanties (presse, réunion, syndicalisme, associations) et les citoyens participent par leurs représentants.
Pourtant, la démocratie reste inachevée. Les femmes n’ont toujours pas le droit de vote, et les populations coloniales sont largement exclues. La Commune de Paris (1871) montre que la démocratie directe est difficile à appliquer : les Parisiens élisent un gouvernement autonome, mais il est écrasé par l’armée. Alexis de Tocqueville avertit que les citoyens risquent de se désintéresser de la vie politique et de laisser trop de pouvoir à l’État centralisé, ce qui peut créer un « despotisme démocratique ». L’abstention électorale ou les demandes de référendums actuelles montrent que ce risque persiste.
Ainsi, la démocratie moderne progresse : elle combine représentation et participation, protège les libertés, mais reste fragile et exige la vigilance des citoyens.
CONCLUSION
Depuis Athènes, la démocratie a beaucoup évolué. Elle est passée d’une participation directe, réservée à une minorité, à des systèmes représentatifs incluant progressivement la majorité des adultes.
Pourtant, la démocratie reste inachevée : certaines populations ont été exclues et l’abstention limite encore la participation. Elle protège les libertés et combine représentation et participation, mais reste fragile. Son évolution dépend de l’engagement des citoyens et du débat public pour garantir égalité, liberté et participation.