L'acquisition du langage et de la phonétique chez l'enfant
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Organisation de l'acquisition phonétique
L'éducateur s'intéresse à l'évolution des structures et des schémas cognitifs qui déterminent l'apprentissage phonétique de l'enfant. Un point important est la portée du processus : l'acquisition des phonèmes n'est pas une simple question d'unités qui s'ajoutent les unes aux autres. Il faut distinguer le système de perception (la façon dont l'enfant entend la langue des autres) du système de production qu'il utilise pour sa propre langue.
Les lois du processus de perception ne sont pas aussi bien connues que celles du système de production, lequel permet une analyse a posteriori. Il existe un ordre d'apparition et des modèles de développement bien définis, bien que la vitesse d'acquisition soit très variable d'un enfant à l'autre. Les études de Lewis et Jacobson indiquent que l'enfant procède par certaines oppositions : ouverture orale maximale, prononciation et point d'articulation. Il règle ses capacités articulatoires par un certain nombre de changements dans le cadre d'un apprentissage par feedback. Les oppositions de base dans le langage enfantin, des plus simples aux plus subtiles, sont produites par des corrections successives. L'acquisition d'un phonème nécessite l'acquisition préalable d'autres phonèmes antérieurs qui serviront de base à la nouvelle opposition.
Tendances évolutives entre 2 et 4 ans
Entre 2 et 4 ans, l'enfant acquiert le système phonologique espagnol. Le taux d'acquisition est variable : il est normal de trouver des syllabes complexes à 5 ans et une prononciation correcte du "r" à 6 ans.
- Groupe I : Syllabes directes simples (p, b, m, t).
- Groupe II : Nouvelles syllabes (l, n, ñ, d, j, k, g) qui s'ajoutent et se mélangent avec n, y, m.
- Groupe III : Ajout de s, f, ch, ll, z et des syllabes inverses.
- Groupe IV : Ajout des syllabes avec r et rr, mélangées avec l et les syllabes inverses.
- Groupe V : Ajout du "r" avec des combinaisons de trois consonnes.
Organisation sémantique et mécanismes d'apprentissage
Le langage est la fonction générale la plus complexe et la plus différenciée. La fonction symbolique est le système qui représente un sens à travers un signifiant dont la nature est découplée du sens. L'organisation sémantique se construit par un certain nombre de changements entre l'enfant et le monde, du point de vue de la représentation que l'enfant reçoit de son environnement de communication.
Données essentielles du travail linguistique
Les mécanismes d'action s'exercent avant la réflexion. L'intégration des données externes passe par trois fonctions : l'imperméabilité, la généralisation et la différenciation. L'enfant de 3-4 ans possède un bagage d'expériences sensori-motrices. Il ressent la nécessité de dépasser les mots génériques pour donner un nom spécifique à chaque chose selon le moment et le contexte. Il peut arriver que l'enfant utilise un mot générique pour désigner tous les composants d'une classe sémantique.
Watson note qu'un aphasique ne peut plus indiquer les directions. La couleur, en tant que concept, n'existerait pas seule ; l'objet rouge et le mot sont suggérés lorsque la vision d'un objet coloré fait partie de la substance.
Lignes directrices du développement
Développement à l'âge de 3 ans
Les premiers mots possèdent un caractère phonétique constant, lié à une situation spécifique et en relation avec une séquence du discours des adultes. L'enfant répète des actes primitifs de modélisation avec une production différée jusqu'à obtenir le mot exact. Le stade du syncrétisme sensori-moteur favorise l'acquisition du langage. Les enfants commencent à parler entre 18 et 24 mois par besoin d'expression. L'émergence du langage est due à la maturation de capacités très générales. Certains auteurs, considérant que la fonction principale du langage est la communication, se basent sur une hypothèse de discontinuité, tandis que d'autres soutiennent l'hypothèse de la continuité.
Développement entre 3 et 6 ans
À 3 ans, la dimension communicative de la langue est établie. Entre 3 et 6 ans, on observe une augmentation du vocabulaire, passant de 2000-2200 mots à 2500-3000 mots. Le vocabulaire devient plus précis, mais le rôle de l'échange d'informations pures peut sembler réduit. Selon Piaget, le langage est d'abord une réflexion autocentrée. Entre 4 et 7 ans, le langage égocentrique représente 40 à 48 % du discours. Le discours socialisé de l'enfant sert à répondre, à jouer ou à exprimer des besoins. Cela ne signifie pas qu'il garde ses idées pour lui : tout ce qu'il pense, il le dit pour renforcer sa pensée. L'égocentrisme du langage est lié au manque de vie sociale réelle avant 5 ans. De 5 à 7 ans, les enfants forment des groupes de 2 ou 3, puis parviennent à constituer une véritable équipe.
La différence linguistique entre les enfants de moins de 6 ans entrant à l'école pour la première fois et ceux ayant suivi un cycle préscolaire est significative. Un aspect particulier du langage réside dans les questions de type "pourquoi". La réponse habituelle "parce que" n'aide pas toujours, mais fournit une formule répétée plus tard. L'enfant attend une explication, mais se soucie peu de la rigueur de la réponse ; ce qui l'intéresse, c'est de savoir qu'une réponse existe.
Vygotsky considère le langage comme une forme de communication avec les adultes qui devient ensuite un moyen pour l'enfant d'organiser son propre comportement. Piaget défend l'idée d'un langage fonctionnel comme instrument du développement intellectuel : l'activité pratique et le langage convergent. Jacobson propose 6 fonctions du langage : expressive, référentielle, conative, phatique, poétique et métalinguistique.
Halliday, très influent, distingue les fonctions suivantes entre 9 et 18 mois :
- Instrumentale (demande)
- Régulatrice (commande)
- Interactionnelle (avis)
- Personnelle
- Heuristique (poser des questions)
- Imaginative (jouer)
Dans la Phase II (18-36 mois), les fonctions 1, 2 et 3 se regroupent dans le rôle pragmatique, tandis que les fonctions 3, 4 et 5 forment la fonction matéthique. La Phase III voit l'apparition de la fonction textuelle. Enfin, selon Saussure, la grammaire est un processus de développement de structures logiques primaires fonctionnant parallèlement à l'adaptation de ces structures. L'enfant acquiert les structures morphosyntaxiques par deux procédures : l'imitation (unités de phrases apprises) et l'analogie (erreurs analogiques comme "je me casse" au lieu de "je me suis cassé").