Albert Camus : La Philosophie de l'Absurde et de la Révolte

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Albert Camus : La vocation philosophique

Fils d'un ouvrier agricole, Albert Camus est né en Algérie en 1913. Ayant perdu son père à la guerre de 1914, il sera élevé par sa mère, d'origine espagnole, dans un pauvre appartement d'un quartier populaire d'Alger. Il présente en 1936 un diplôme d'études supérieures sur les rapports de l'hellénisme et du christianisme dans les œuvres de Plotin et de Saint Augustin, mais la tuberculose l'empêchera de passer l'agrégation de philosophie.

Devenu journaliste à Alger puis à Paris, plus tard il publie des écrits qui désormais seront rassemblés sous le titre d'Actuelles (1950-1953). Essayiste, romancier et auteur dramatique, il se consacrera de plus en plus à sa carrière d'écrivain. Son œuvre pourrait s'ordonner autour de deux pôles : l'absurde et la révolte.

La morale de l'absurde

La prise de conscience du non-sens de la vie le conduit à l'idée que l'homme est libre de vivre, sans appel, quitte à payer les conséquences de ses erreurs, et doit épuiser les joies de cette terre.

L'humanisme de la révolte

L'auteur aboutit à la découverte d'une valeur qui donne à l'action son sens et ses limites : la nature humaine. Cet humanisme apparaît dans La Peste et dans deux pièces de théâtre : L'État de siège et Les Justes.

Camus et l'absurde

Bien qu'apparenté dans une certaine mesure à l'existentialisme, Albert Camus s'en est assez nettement séparé pour attacher son nom à une doctrine personnelle : la philosophie de l'absurde. Il importe d'étudier cette philosophie dans Le Mythe de Sisyphe.

Le sentiment de l'absurde

Elle peut surgir de la nausée qu'inspire le caractère machinal de l'existence sans but. Cette découverte peut naître du sentiment de l'étrangeté de la nature, de l'hostilité primitive du monde auquel on se sent tout à coup étranger. C'est la mort qui nous en révèle l'absurdité.

L'absurde

Selon Camus, ce n'est pas le monde qui est absurde. Ainsi, l'absurde n'est ni dans l'homme ni dans le monde, mais dans leur présence commune. Il naît de leur antinomie.

L'homme absurde

Camus récuse donc les attitudes d'évasion qui consisteraient à escamoter l'un ou l'autre terme : le suicide et les hors de ce monde.

Le défi

C'est ainsi que Camus oppose à l'esprit du suicidé celui du condamné à mort qui est en même temps conscience et refus de la mort. Selon lui, c'est cette révolte qui exalte l'intelligence et l'orgueil de l'homme.

La liberté

L'homme absurde laisse de côté le problème de la liberté en soi qui n'auraite de sens qu'en relation avec la croyance en Dieu ; il ne peut éprouver que sa propre liberté d'esprit ou d'action.

La passion

Vivre dans un univers absurde consistera à multiplier avec passion les expériences lucides, pour être en face du monde le plus souvent possible. L'absurde rend seulement leur équivalence aux conséquences de ces actes. C'est justement dans le champ des possibles et avec ces limites que s'exerce la liberté de l'homme absurde : les conséquences de ses actes sont simplement ce qu'il faut payer et il y est prêt.

Les leçons de la révolte

« Je me révolte, donc nous sommes » :

  1. L'esclave qui, d'instinct, se révolte contre son maître dit à la fois non et oui. Non, car il souligne une limite à ne pas franchir. Oui, car du même coup il affirme un droit.
  2. Rester fidèle à la révolte : C'est la révolte elle-même qui nous indique le sens et les bornes de son action.

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