Analyse du colonialisme chez Marguerite Duras
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1. La condition des indigènes dans l'œuvre de Duras
Dans ce texte de Marguerite Duras, on comprend la place des indigènes grâce à la citation : « seuls les garçons de café étaient encore indigènes » (l. 7-8).
L'auteure souligne qu'aucun indigène n'occupe une position importante dans la société. Ils sont traités presque comme des esclaves. Bien qu'ils soient habillés comme des Européens — « déguisés en blancs, ils avaient été mis dans des smokings » (l. 8-9) —, ils ne sont pas considérés. Leur utilité se limite au service : « on pouvait voir les blancs suçant pernods, whisky-soda ou martel-perrier, se faire un foie bien colonial » (l. 11-12). Les indigènes sont également exploités comme travailleurs agricoles pour le latex : « Des centaines de milliers de travailleurs indigènes saignaient les arbres des cent mille hectares de terres rouges » (l. 18-19). L'auteure souligne cruellement que le sang des indigènes est jugé insignifiant : « Le latex coulait. Le sang aussi. Mais le latex seul était précieux » (l. 21-22).
En conclusion, il est évident que les indigènes ne sont pas considérés par les colons blancs, qui les traitent comme de simples esclaves.
2. La critique du système colonial en Indochine
Dès le début du texte, l'importance de la question coloniale est manifeste : « Dans le haut quartier n'habitaient que des blancs qui avaient fait fortune. » (l. 1).
Le système colonial est parfaitement connu de Marguerite Duras, qui a vécu une grande partie de sa vie en Indochine. L'inspiration du roman est autobiographique et porte une critique sévère du colonialisme et de la société qui le compose. En précisant que seuls les blancs habitaient le haut quartier, elle dénonce une société non égalitaire. La structure de la ville décrite dans le livre le prouve : il existe une séparation nette entre les indigènes et les blancs. Ces derniers forment une sorte d'aristocratie, et leur mode de vie vise à marquer leur supériorité : « faisaient du haut quartier un bordel magique où la race blanche pouvait se donner le spectacle sacré de sa propre présence. » (l. 14-15).
C'est surtout la manière dont ils ont fait fortune que l'auteure critique. Les blancs ont bâti leur pouvoir et leur richesse sur le sang des indigènes : « Des centaines de milliers de travailleurs indigènes saignaient les arbres » (l. 18-19). Pour la fortune de quelques centaines de blancs, les indigènes vivaient dans la misère, leur vie n'ayant aucune valeur : « Le latex coulait. Le sang aussi. Mais le latex seul était précieux » (l. 21-22).
En conclusion, l'histoire personnelle de l'auteure est fondamentale pour comprendre ce texte et l'importance de la question coloniale. Marguerite Duras cherche à démontrer que la colonisation française de l'Indochine a été injuste pour la population locale, enrichissant une minorité de blancs au détriment de la pauvreté de tous les indigènes.