Analyse des sous-cultures criminelles et délinquantes
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(2) Conditions instrumentales pour l'émergence de sous-cultures
Dans les quartiers où il existe une structure d'opportunité, une partie des jeunes confrontés à des blocages dans les possibilités de mener des activités licites peut évoluer vers une solution sous-culturelle à leur problème de statut et franchir une nouvelle étape : la criminalité professionnelle.
Le jeune délaisse le crime expressif (destructeur, malveillant) pour développer un comportement discipliné, instrumental et orienté vers une carrière délinquante.
(3) Sous-culture apathique
Elle se structure autour de la consommation de drogues et se veut insaisissable et facile à vivre. Elle concerne les individus qui échouent dans le monde culturel de la classe moyenne, mais qui :
- a) respectent la loi, ou
- b) n'ont pas les compétences pour réussir dans les sous-cultures criminelles.
Compte tenu de leur frustration, ces jeunes se réfugient dans la consommation de drogues.
Critiques de la théorie des sous-cultures
- Miller : La délinquance juvénile aux États-Unis ne constitue pas une sous-culture ; au contraire, les activités criminelles répondent à certaines valeurs de la classe inférieure : masculinité, autonomie et rejet de l'autorité, ce qui explique le comportement violent.
- Sykes / Matza : Les jeunes délinquants n'ont pas un système de valeurs différent de la majorité. Ils ne prétendent pas que la violence est bonne, mais justifient leurs actes par des « techniques de neutralisation » (ex: « nul ne peut réagir autrement face à une provocation »).
Implications de politique pénale
Structure sociale
- Accroître les possibilités de formation et de travail.
- Ces propositions ont guidé les administrations démocrates aux États-Unis dans les années 60.
- Une méthode consistait à transformer les gangs criminels en organisations ciblant des entreprises légitimes, ce qui est difficile à réaliser car le secteur commercial est un domaine peu connu de ces jeunes.
Structure culturelle
- Prévenir la dépréciation de la valeur de la jeunesse ouvrière : difficile car cela confronte l'idéal de la « compétitivité » sur le marché.
- Éviter le développement de techniques de neutralisation : pour ce faire, il faut éviter le sentiment d'injustice et améliorer la légitimité du système de justice pénale.
Approches actuelles
Les préoccupations actuelles concernant les sous-cultures criminelles sont axées sur :
- 1. Bandas de Barrio : Gangs de jeunes ayant tendance à commettre des crimes dans un territoire donné, situés dans les bidonvilles.
- 2. Sous-cultures idéologiques : (Skins, néo-nazis) Bandes de jeunes commettant des crimes contre des groupes minoritaires (immigrés, homosexuels, etc.).
(1) Bande de Barrio
Boom des grands gangs dans les quartiers durant les années 80 et 90 aux États-Unis. Caractéristiques :
- Localisation dans les bidonvilles.
- Engagement croissant dans le trafic de drogue.
- Violence meurtrière accrue (disponibilité d'armes et contrôle territorial).
- Membres permanents en raison de difficultés à trouver des emplois.
(1) Bande de Barrio : Origine
- Thèse écologique : Le processus d'industrialisation crée des ghettos homogènes de pauvreté.
- Thèse sous-culturelle : Influencés par la culture de consommation (acquisition de statut par la possession de signes extérieurs comme les vêtements), les membres des bandes cherchent ces signes de richesse et de position dans le quartier.
- Sous-cultures instrumentales : a) Pression culturelle pour atteindre la réussite économique, b) manque d'occasions légitimes, c) structure d'opportunité illégitime.
(2) Sous-cultures idéologiques
Sous-culture de jeunesse : ne s'identifie pas au territoire, mais à une forme vestimentaire, une musique, une idéologie, etc. Les sous-cultures idéologiques en sont une version caractérisée par l'usage de la violence. Une importance particulière est accordée aux Skinheads : entre le milieu des années 80 et 1994, ils ont commis 80 000 actes de violence contre des étrangers en Allemagne.
Caractéristiques des sous-cultures idéologiques
- Non localisées dans un quartier particulier.
- Violence justifiée par la défense des valeurs du groupe : obligation d'intimider ceux qui, par leur appartenance ethnique, orientation sexuelle ou nationalité, menaceraient la survie de la « race blanche ».
- Contact avec la propagande raciste et néo-nazie.
- Utilisation de l'alcool comme signe de virilité.
- Esthétique spécifique (cheveux coupés, pantalons serrés, etc.).
Implications de politique pénale
- Gangs de quartier : a) Reconstruction des collectivités favorisant les relations sociales, b) investir dans l'éducation, c) réduire la ségrégation raciale.
- Violence des Skinheads : a) Éviter les discours idéologiques stigmatisant les minorités, b) poursuivre la propagande nazie, c) interdire les concerts racistes.