Analyse du dénouement de Musset
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1. Déclaration d'amour inattendue
L'extrait s'ouvre sur l'exclamation de Perdican « Insensés que nous sommes ! » par laquelle il réalise l'erreur qu'ils ont commise en s'opposant ; l'adjectif « insensés » est mis en valeur au début et le pronom « nous » montre que les deux personnages sont réunis et partagent les mêmes torts, cet aveu étant ainsi affirmé avec l'assertion « nous nous aimons ».
Par ailleurs, l'utilisation de la métaphore « vent funeste » constitue une image qui annonce la fin tragique à venir, laquelle avait déjà été préparée par l'évanouissement de Rosette dans la scène 6, préfigurant ainsi la mort de la jeune paysanne.
À travers l'interrogation « lequel de nous a voulu tromper l'autre ? », Perdican montre son incapacité à trouver un unique responsable car ils sont en réalité autant fautifs l'un que l'autre.
Enfin, le champ lexical de l'illusion, visible à travers les termes « songe », « tromper » et « rêve », renvoie en effet à la fonction même du théâtre puisque c'est le lieu de l'illusion, et il invite ainsi le spectateur à réfléchir sur les comportements mensongers des personnages.
2. Dénouement tragique
La réplique de Camille « C’est la voix de ma sœur de lait » résonne comme un autre coup de théâtre, révélant ainsi l’identité de la voix par l’emploi d’un présentatif et d’une périphrase affective.
Par la suite, l'utilisation de l'impératif dans la réplique « Entrons… » montre que Camille invite Perdican à l’accompagner et prend les devants : alors que pour la première fois elle ne se souciait que peu du sort de Rosette, à présent elle est la première à vouloir la rejoindre.
Enfin, l'interjection et l'interrogation de la réplique « Eh bien ! Camille, qu’y a-t-il ? » marquent la fin du monologue à l’arrivée de Camille, cette question traduisant le paroxysme de l’inquiétude de Perdican.
Conclusion
Ce dénouement de On ne badine pas avec l'amour, d’Alfred de Musset, met en scène un double coup de théâtre : nous assistons non seulement à une explosion des sentiments mais aussi à un dénouement caractéristique du drame romantique. Le jeu aura conduit à la mort et à la séparation irréversible des deux protagonistes. Cette découverte de soi caractérise le théâtre de Musset et montre l’influence de sa propre expérience amoureuse. Cette fin est ainsi intense par les coups de théâtre et par l’alliance entre le lyrisme exacerbé des deux cousins et la mise à nu d’une tragédie rendant l’amour impossible.