Analyse de la Généalogie de la Morale de Nietzsche
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Nietzsche : Généalogie de la morale
Critique des psychologues anglais
Nietzsche conteste les théories des psychologues anglais sur la genèse de la morale. Selon lui, leur manque d'esprit historique les conduit à une erreur fondamentale : croire que les actions altruistes furent initialement jugées « bonnes » par ceux qui en bénéficiaient, avant que l'habitude n'en efface l'origine.
La morale des puissants vs la morale des esclaves
Pour Nietzsche, ce sont les puissants qui ont instauré les valeurs. Ils se définissaient par leur supériorité (richesse, lignée, force) par opposition à l'homme vulgaire, lâche et menteur. La distinction entre « bon » et « mauvais » est née de cette affirmation de soi.
- La caste des guerriers : Valorise la force, la chasse et l'aventure.
- La caste sacerdotale : Introduit les concepts de « pur » et « impur ». Par ressentiment et impuissance, cette caste a orchestré une révolte des valeurs.
Le ressentiment et la victoire des esclaves
La révolte des esclaves, portée par la tradition juive puis le christianisme, transforme le ressentiment en force créatrice. Contrairement à la morale noble, qui est une affirmation de soi, la morale des esclaves naît de la négation de l'autre :
- L'homme noble agit par affirmation et mépris pour ce qui est différent.
- L'homme du ressentiment réagit, définit l'autre comme « mal » et se pose en victime vertueuse.
Vers le nihilisme européen
Nietzsche déplore que cette victoire des esclaves ait conduit à une humanité médiocre, douce et « empoisonnée ». La faiblesse est désormais présentée comme un choix moral, une « bonté » feinte. Cette inversion des valeurs, de la Judée contre Rome, a étouffé l'idéal classique et héroïque, menant l'homme européen vers le nihilisme. La question demeure : existe-t-il encore un espoir de retour à une morale de la puissance et de l'affirmation ?