Analyse des Légendes de Gustavo Adolfo Bécquer

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Étude du travail sur les Légendes de Bécquer

D'abord, je voudrais apporter une précision importante : nous pouvons dire que Bécquer, dans chacune de ses légendes de ce livre, nous parle du surnaturel. Celles-ci peuvent être liées à l'amour, la haine, la recherche du pardon, la recherche de l'idéal, ou encore le besoin de reconsidérer certains actes. Elles mettent souvent en scène des femmes qui causent la destruction des hommes, soit par leur extrême beauté, soit par la peur ou un amour si grand qu'il pousse à commettre des actes terribles.

Dans certaines légendes, il s'agit d'un récit enchâssé ; c'est-à-dire que Bécquer veut nous faire croire qu'il rapporte une histoire qu'on lui a expliquée. C'est ce qui se passe dans les légendes suivantes :

  • La Cruz del Diablo (voir pág. 157)
  • Le Mont des âmes (voir pág. 197)
  • Maese Pérez, l'organiste (voir pág. 217)
  • Le Miserere (voir pág. 263)
  • La Rose de la passion (voir pág. 363)

Plusieurs légendes traitent du diable : une femme à la beauté diabolique invoquant le démon pour semer le mal, ou des visions qui représentent les faces cachées du mal sous des traits magnifiques. Dans d'autres récits, le surnaturel sert à faire le bien. Par exemple, dans La Promesse, on voit la main de l'aimée qui aide à travers le mal et la mort, rappelant sans cesse une promesse à accomplir.

Parfois, le surnaturel montre simplement que la vie spirituelle ne s'arrête pas au repos de la sépulture car l'esprit a encore des tâches à accomplir dans ce monde. Dans Maese Pérez, l'organiste, son esprit revient d'entre les morts chaque année pour jouer, dans son corps, lors de la nuit du Jeudi Saint. Dans Le Miserere, les prêtres d'une église démolie reviennent tous les vendredis soir pour jouer un Miserere et demander le pardon de Dieu. Enfin, dans d'autres cas, ce n'est pas le surnaturel mais un amour exagéré pour son pays ou sa religion qui conduit à la bestialité. Dans La Rose de la passion, le père de Sara, qui est juif, tue sa fille parce qu'elle aime un chrétien et confesse un amour pour le Dieu d'un peuple haï par son père.

Thèmes fréquents dans l'œuvre

Les thèmes les plus récurrents sont les événements surnaturels, les violations des règles de l'amour et les apparitions du diable sous diverses formes. Analysons ces thèmes légende par légende :

La Cruz del Diablo

Le titre lui-même est une antithèse claire : comment une croix peut-elle appartenir au diable ? Cette légende illustre la prévalence des forces surnaturelles du mal.

Le Bracelet d'or

Ce récit traite de la beauté féminine extrême, de la passion et d'un amour si profond qu'il conduit l'homme à trahir ses croyances, finissant par sombrer dans la folie.

Le Mont des âmes

Ici, la provocation d'une femme mène à la mort d'un cavalier. Le surnaturel y est omniprésent.

Les Yeux verts

Cette légende raconte la chute d'un homme causée par la vision d'une femme d'une beauté fascinante, dont le regard mène à la perdition. Elle se révèle être un visage du diable.

Maese Pérez, l'organiste

Comme dans Le Mont des âmes, on retrouve ici la présence de la vie après la mort. L'esprit de cet homme continue de faire éternellement ce qu'il aimait le plus.

Le Rayon de lune

L'imagination d'une femme parfaite et idéale peut conduire un homme à la folie pure.

Le Miserere

Un homme cherche le pardon et, en violant les règles face à des événements surnaturels dans une église, finit par devenir fou.

Le Baiser

L'action principale est le baiser qu'un homme tente de donner à la statue d'une femme morte, laquelle est protégée par la statue de son mari.

Les personnages chez Bécquer

Bécquer apparaît parfois lui-même comme le narrateur expliquant l'histoire. Les personnages sont toujours des êtres humains, contrairement aux Rimes où la nature est parfois humanisée. Parfois, les personnages sont des incarnations du diable, mais en général, ce sont des gens normaux avec leurs faiblesses.

Dans Le Bracelet d'or ou La Promesse, les protagonistes sont des couples. Dans Le Mont des âmes, Béatrice et Alonso sont cousins. Parfois, l'un des deux est réel tandis que l'autre est une vision ou un idéal créé par l'imagination, comme dans Les Yeux verts ou Le Rayon de lune. Enfin, certains protagonistes deviennent des esprits, comme dans Maese Pérez, l'organiste.

Le rôle du narrateur

Le narrateur agit différemment selon la partie du récit. Dans le prologue, il s'exprime généralement à la première personne. Dans le corps de l'histoire, le narrateur est surtout omniscient (troisième personne), bien que certaines légendes mélangent la première et la troisième personne, comme dans La Cruz del Diablo. L'épilogue, quand il existe, peut être raconté à la première ou à la troisième personne.

Temps et espace des récits

Bécquer place ses scènes dans des couvents, des cimetières, des églises abandonnées, des châteaux ou des tombeaux. Les villes les plus fréquentes sont Tolède, Bellver ou Soria. Les légendes se déroulent à une époque ancienne, souvent au Moyen Âge, ou lors de périodes spécifiques comme l'époque d'Al-Andalus. Les moments choisis sont souvent symboliques : la nuit de la Toussaint, le Jeudi Saint, etc.

Conclusion sur l'esthétique de Bécquer

Dans ses Légendes, Bécquer opère un changement radical par rapport à ses Rimes. Alors que les rimes traitaient de l'amour et de l'amertume, les légendes plongent totalement dans le spirituel, l'au-delà et le surnaturel. Tout y est tragédie. Chaque méfait entraîne une punition ou une condamnation à la folie. L'auteur semble projeter ses propres malheurs et expériences dans ces récits, en leur donnant une touche de cruauté et d'intentionnalité marquée.

Structure interne et externe

Les structures se composent de deux manières :

Structure externe

Elle comprend le prologue, le corps de l'histoire et parfois un épilogue. On distingue deux types :

  • Celles avec uniquement un prologue et le corps (La Cruz del Diablo, Le Bracelet d'or, Les Yeux verts, Le Baiser).
  • Celles comprenant les trois parties (le reste des légendes).

Structure interne

Elle suit généralement un schéma précis :

  1. Explication de la légende et établissement des règles ou promesses.
  2. Violation de ces normes ou trahison de la religion.
  3. Punition finale (mort, folie, etc.).

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