Analyse littéraire : Symbolisme et contexte social
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1.1 Le symbolisme de l'angoisse
L'auteur utilise des symbolismes pour illustrer l'atmosphère du début du chapitre, reflet de l'état d'esprit d'Adelise lors de son arrivée en ville. Ces éléments soulignent l'angoisse ressentie face à ce monde inconnu et chaotique. L'auteur s'appuie sur le temps météorologique :
- « Des nuages haut pendus chutaient avec des fracas » (p. 17)
- « La pluie avait soulevé une odeur de moisi sur la ville, chose qui angoisse Adelise » (p. 18)
La pluie porte une tonalité mélancolique ; la langueur de sa chute et la grisaille des nuages renforcent ce sentiment. Adelise laisse derrière elle non seulement sa vie, mais son seul ami de cœur : l'arbre.
1.2 Peinture sociale et précarité
À travers la description et l'usage d'adjectifs, l'auteur utilise l'environnement pour dénoncer la situation socio-économique de la Martinique, marquée par le chaos, la misère et la pauvreté :
- « Leurs pantalons étaient en haillons et leurs chemises étaient aussi sales que des torchons de pieds. (...) Il leur manquait pas mal de dents » (p. 21)
- « Adelise découvrit un vaste plateau fourmillant de petites cases construites les unes sur les autres, dans le plus parfait désordre... » (p. 23)
- « La case de Philomène ne possédait qu’une seule et unique pièce séparée en deux par une toile chiffonnée » (p. 25)
Ces éléments préparent la révolte sociale du chapitre 10 : « Mes frères, aujourd’hui les blancs-France tuent les nègres comme des merles dans ce pays. (...) Ils croient que nous sommes une race de capons mais nous ne sommes pas de manicous. Nous ne nous cacherons pas! » (p. 136).
1.3 L'usage de l'imparfait et l'atmosphère
L'auteur emploie l'imparfait pour établir le cadre narratif, servant de toile de fond aux événements vécus par Adelise :
- « Certains observaient Adelise d’un air curieux, surtout les hommes » (pp. 19-20)
- « Adelise empoignait fermement sa petite valise noire, se demandant quel chemin elle devait emprunter » (p. 18)
L'alternance entre le passé composé/passé simple (pour l'intrigue) et l'imparfait (pour le contexte) est cruciale. Par exemple, « en face d’elle, il y avait un cimetière » (p. 18) dépasse le simple symbolisme : l'imparfait révèle une ville déjà « morte », préparant le lecteur aux enjeux profonds de l'intrigue.