Analyse de Las Meninas : Le Chef-d'œuvre de Velázquez
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Les Ménines (Las Meninas) est le plus célèbre tableau de Velázquez. Il a été peint par le grand artiste de Séville en 1656, une date tout à fait raisonnable selon Antonio Palomino.
La pièce dans laquelle se développe la scène serait la « Salle du Prince » de l'Alcázar de Madrid, un séjour qui possédait un escalier au fond et qui était éclairé par sept fenêtres ; cependant, Velázquez n'en a peint que cinq afin de raccourcir la salle. La Salle du Prince était décorée de peintures mythologiques par Martínez del Mazo, d'après des exemplaires originaux de Rubens, des tableaux que l'on peut apercevoir au fond de la salle.
Composition et personnages de l'œuvre
Dans la composition, le maître nous montre onze personnes, toutes documentées à l'exception d'une seule. La scène est dominée par l'infante Marguerite, entourée des ménines María Agustina Sarmiento et Isabel de Velasco. Sur la gauche, Velázquez se tient avec ses pinceaux devant un énorme châssis de toile. Sur la droite se trouvent les nains Mari Bárbola et Nicolas Pertusato, ce dernier jouant avec un chien de compagnie. Derrière la princesse, on observe deux personnages de sa petite cour : Doña Marcela de Ulloa et un garde-dames inconnu.
Technique et perspective aérienne
En ce qui concerne la technique avec laquelle Velázquez a peint ce chef-d'œuvre — considéré par Luca Giordano comme « la théologie de la peinture » — le premier plan est inondé par une source lumineuse puissante qui pénètre à partir de la première fenêtre sur la droite. La princesse est le centre du groupe et semble flotter, car on ne voit pas ses pieds dans l'ombre.
Les personnages du second plan sont dans la pénombre, tandis qu'à l'arrière-plan se trouve une nouvelle source de lumière qui éclaire le chambellan, dont la silhouette se découpe sur l'escalier. Le coup de pinceau utilisé par Velázquez se fait plus libre, travaillant chaque détail des robes et des parures par des touches empâtées qui anticipent la peinture impressionniste. Les teintes argentées des robes prédominent, tout en attirant notre attention sur le rythme marqué par des notes rouges.
La sensation d'atmosphère
Mais ce qui nous frappe, c'est la sensation d'atmosphère créée par le peintre, appelée perspective aérienne, qui donne de la profondeur à la scène grâce à l'air qui entoure chaque personnage et à leurs contours flous, en particulier pour les figures en arrière-plan, que l'on aperçoit avec un profil plus vague et des couleurs moins intenses.