Analyse de l'œuvre poétique d'Arthur Rimbaud
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Arthur Rimbaud : Symbolisme et évolution poétique
L'aube (le principe de la vie) représente pour Rimbaud ce que le crépuscule (la fin) est pour Baudelaire.
Les « Derniers vers » (1872)
En 1872, il compose « Derniers vers », des poèmes écrits durant sa période de vie bohème avec Verlaine. Ces textes sont marqués par des soucis et l'influence de la poésie de Verlaine. Il y écrit des chansons d'une simplicité recherchée, caractérisées par :
- La souplesse des vers ;
- Un vocabulaire abstrait et vague ;
- Une syntaxe simple.
Il met en pratique les principes énoncés dans la « Lettre du voyant » (adressée à son professeur). Il se sert de tours elliptiques qui confèrent à ses poèmes une réelle obscurité. Par exemple, dans « L'Éternité », on trouve une désinvolture dans la versification, des rimes assonantes et pauvres, ainsi qu'un vocabulaire abstrait susceptible de multiples interprétations.
« Une saison en Enfer » (1873)
En 1873, il publie « Une saison en Enfer », texte qui reflète sa période troublante avec Verlaine. C'est une œuvre analytique où le « Je » est omniprésent, témoignant de l'itinéraire poétique et spirituel de Rimbaud. Le poète y fait le bilan des années passées, dénonce l'existence errante et condamne le projet du voyant. C'est une œuvre violente où il exorcise son désespoir et sa haine, provoqués par la destruction de ses illusions.
- « Poème à Dieu » : Rimbaud constate l'échec de la voyance et la nécessité de revenir à la réalité.
- « Délire 1 » : Il évoque son existence errante avec Verlaine.
- « Délire 2 » : Il traite de l'entreprise du voyant et de ses déceptions.
- « Nuit d'Enfer » : On retrouve la thématique infernale et faustienne (référence à Faust de Goethe). L'écrivain multiplie hallucinations et fantasmagories en implorant le coup de grâce de Satan.
« Les Illuminations » (1873-1875)
Entre 1873 et 1875, il compose « Les Illuminations », un recueil énigmatique. Son originalité réside dans sa forme : poèmes en prose, vers libres et une grande liberté créatrice. Le poète y mêle des narrations (« Aube »), des évocations (« Vie », « Enfance ») et des hymnes (« À une raison »).
La vision rimbaldienne : Mouvement, musique et couleurs
L'entreprise poétique de Rimbaud se confond avec la recherche du nouveau et l'exploration de l'inconnu. Sa vision repose sur trois piliers :
- Le mouvement : Il existe un dynamisme physique et émotionnel dans sa poésie. L'espace est un lieu de circulation où le mouvement devient jubilation.
- La musique : Sa poésie exploite toutes les possibilités harmoniques (ex: « Vagabond »).
- Les couleurs : Support essentiel de sa vision, comme le manifeste le sonnet « Voyelles », le poème « Le Bateau ivre » ou encore les feux d'artifice à la fin de « Métropolitain ».