Analyse de l'orme centenaire d'Antonio Machado
Classé dans Langue et de philologie
Écrit le en
français avec une taille de 4,14 KB
Analyse du poème « À un orme sec »
Au début du poème, on trouve une description de la protagoniste, l'orme, qui est vieux, et des dilemmes de l'existence dans ce climat austère tel qu'il est : « ... fendu par la foudre et en sa moitié pourri ». Autrement dit, il a été frappé par la foudre, ce qui l'a laissé presque détruit, et il est pourri à l'intérieur à mi-chemin.
Dans ces deux vers, il y a une grande utilisation des phonèmes /o/, /i/, /e/, /d/ ; cette allitération crée un sentiment de pathos et de désespoir. Mais après cette triste première image, elle cède la place à quelque chose d'essentiel pour la poétique : « Avec les pluies d'avril et le soleil de mai, quelques feuilles vertes sont apparues. »
L'usage de l'hyperbate et du printemps
L'auteur utilise une hyperbate pour modifier l'ordre normal de la phrase et apporter, à la fin, un élément d'espoir ou de bonheur, contrairement à la dévastation précédente. Il garde à distance (par le biais d'une paraphrase) ce qui s'est passé en dehors de ces feuilles vertes ; il s'agit, bien que ce soit sous-entendu, de la primavera (le printemps). Elle est exprimée par deux faits caractéristiques de cette saison :
- Les pluies fréquentes du mois d'avril ;
- L'arrivée subséquente du beau temps en mai.
Comme indiqué précédemment, le poète ressent une grande estime pour les hauts plateaux de Castille et le poème nous présente l'orme qui, faisant de nouveau référence à son âge, se réclame maintenant « centenaire ».
Le paysage et la symbolique du Duero
L'exclamation met davantage l'accent sur la phrase, aidant à comprendre ce que l'auteur veut dire sur cette terre. Il y a une rupture dans le récit pour nous donner un bref aperçu du paysage qu'il contemple ou a contemplé à plusieurs reprises et qu'il a déjà enregistré dans sa mémoire ; ainsi, dans notre esprit, il est déjà inscrit comme l'impossible dans un environnement qui n'est pas présenté, au premier abord, dans un endroit sombre et solitaire.
En outre, la colline sur laquelle se trouve l'orme est située à côté d'une rivière, le Duero : « ... sur la colline que lèche le Duero ! ». Le « moi poétique » s'exprime par le verbe « lécher » ; c'est une solennité, car la colline n'a pas de langue, mais l'expression souligne que la colline surplombe la rivière. Ce fait embellit et donne plus de vie au paysage créé dans notre esprit, la rivière étant toujours en mouvement et symbolisant l'eau de la vie.
Description physique et comparaisons
La description suivante de l'orme semble avoir plusieurs parties distinctes. La première utilise beaucoup d'adjectifs pour nous aider à visualiser son état malheureux : « ... une mousse jaunâtre tache l'écorce blanche et le tronc mangé et poussiéreux. » La façon dont cette phrase est construite lui donne de la vitesse et le jeu avec les phonèmes des adjectifs (allitération en /a/, /e/, /i/, /o/) nous procure un sentiment désagréable de pourriture, lié à la description initiale.
Par la suite, le moi poétique compare le pauvre orme à d'autres arbres, les peupliers (álamos). Ces arbres d'une hauteur considérable se trouvent aussi sur les bords des rivières et des routes ; comme le dit le poète, ils semblent « monter la garde » pour la protection, mais bien sûr, ce n'est pas possible car ils sont inanimés (personnification).
En outre, il appelle ces arbres « chanteurs », faisant référence aux oiseaux qui les habitent. Leur musique peut être entendue comme si elle émanait des arbres eux-mêmes. Mais ces arbres ne sont cités que pour la comparaison avec son orme battu ; en envisageant l'avenir, il le voit tout seul, sans les oiseaux — les rossignols, célèbres pour leur chant gai — qui voudraient y vivre pour lui donner la vie et l'encourager par leur musique. Puis, il retourne à son orme décrit comme un arbre solitaire.