Analyse philosophique de la causalité chez Hume
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L'origine des idées : Locke et Hume
L'auteur stipule que Locke avait raison de conclure qu'il n'existe pas d'idées innées, car toutes nos idées sont tirées de nos impressions ; nous ne pouvons concevoir quelque chose dont nous n'avons pas eu d'impression préalable. Cette thèse sur l'absence d'idées innées doit être clarifiée selon les propos de Hume dans son Traité de la nature humaine :
- Toutes les perceptions peuvent être simples ou complexes.
- Il existe une parfaite adéquation entre les impressions et les idées simples, les premières étant la cause des secondes.
- L'esprit peut combiner, mélanger ou modifier les idées, mais il dépend entièrement des impressions issues de la sensation ou de la réflexion.
Locke considère également que nos passions, bien qu'innées, ne sont que des instincts naturels issus de notre état d'esprit particulier, et non des idées au sens strict.
Inférence causale et questions de fait
En omettant les relations d'idées (mathématiques, géométrie), l'auteur se concentre sur les questions de fait. Nos connaissances se limitent à nos impressions présentes et à nos souvenirs. Affirmer l'existence d'un fait non immédiatement présent nécessite d'établir un lien de causalité.
Cette inférence, comme illustré par l'exemple classique de la collision de deux boules de billard, est le fondement de nos raisonnements sur le monde. Tous nos arguments, en dehors des relations d'idées, découlent de cette inférence causale qui détermine notre comportement et notre foi dans les événements passés.
La nature de la relation cause-effet
Lorsque nous inférons un effet de sa cause, nous ne nous fondons pas sur une connaissance intuitivement vraie. Les deux idées sont distinctes et séparables : affirmer que des événements se succèdent sans lien de causalité ne comporte aucune contradiction logique.
Comme le démontre Hume dans sa Recherche sur l'entendement humain, la connaissance de la relation entre cause et effet n'est pas atteinte par un raisonnement a priori. Elle résulte entièrement de l'expérience. Un individu sans expérience préalable, tel qu'Adam, ne pourrait déduire le mouvement d'une seconde boule de billard à partir de la première. C'est la répétition de l'observation qui nous permet d'induire que le futur se conformera au passé.
Le principe de causalité et l'uniformité de la nature
Le principe de causalité repose sur notre croyance en l'uniformité des phénomènes naturels. Or, ni Adam, ni aucun d'entre nous ne peut démontrer que le cours de la nature est nécessairement uniforme, car le contraire est logiquement concevable.
Même si nous acceptons que la probabilité est fondée sur l'expérience, nous devons supposer une certaine régularité. Par conséquent, nous ne pouvons tester les relations de cause à effet de manière absolue, même si nous sommes convaincus de leur existence et de notre capacité à établir de telles relations dans la pratique.