Analyse des poèmes d'Arthur Rimbaud
Classé dans Langue et de philologie
Écrit le en
français avec une taille de 3,15 KB
« Sensation » (1870)
Ce poème montre les sensations que le poète éprouve au contact de la Nature. Pour lui, la Nature lui procure un amour supérieur à celui d'une femme (regard misogyne). On voit dans le poème la présence de couleurs, des sensations tactiles, de la sensualité et le goût du poète pour l'errance et la vie vagabonde.
« Le Bateau ivre » (1871)
Sa forme métrique est le quatrain. Il présente une richesse métaphorique, une importance des couleurs et des jeux de synesthésie. Composé pour être présenté au cénacle de Paris, ce poème révolutionnaire séduit les poètes du moment. C'est une poésie révoltée (époque de la guerre franco-prussienne) qui crée une nouvelle vision du monde, en rupture avec la poésie précédente.
On y trouve une volonté de changer la vie (comme le feront plus tard les surréalistes au XXe siècle) et un refus du commerce (individu détaché du matériel et de l'argent). L'aube est privilégiée par Rimbaud. Il y a une rupture du langage (langage de surprise, de provocation, d'illumination). Le poète se sert parfois de termes très savants, mais il crée aussi des néologismes. Ce bateau ivre s'identifie au poète lui-même. Rimbaud réalise une fuite de la réalité à travers le langage, exprimant ses angoisses dans une jungle d'images où il s'égare et se noie. Il passe du voyage à l'idée du suicide.
« Le Buffet » (1870)
Ce poème rappelle la thématique de Baudelaire par le motif choisi (un meuble) et par la présence de sensations olfactives (parfum, odeur). On y sent l'usure et le passage du temps, dans un univers paisible, calme, intimiste et évocateur du passé (au contraire du poème « Spleen » de Baudelaire, empreint de mélancolie).
« Ma Bohème »
Dans ce poème, on trouve l'aventure du voyage à pied. Le voyage est source d'inspiration pour composer des rimes. La Nature (la muse) est sa compagne fidèle. Il fait allusion aux fugues que Rimbaud entreprend durant sa jeunesse.
« Voyelles »
Sonnet énigmatique ayant fait l'objet de nombreuses interprétations, la critique souligne parfois des sources scientifiques. Le poète crée le mot « bombine » (qui bourdonne) et donne des couleurs aux voyelles. On y trouve l'influence littéraire des Correspondances de Baudelaire, mais on peut aussi penser au souvenir des alphabets coloriés, à une influence de l'occultisme (symbolisme des couleurs), voire à une écriture sous l'influence du haschich.
« L'étoile a pleuré rose... »
Description d'un corps féminin (oreilles, nuque, mammes, flanc) auquel le poète rapporte des couleurs (rose, blanc, touche rousse, vermeille, noir). Le poème souligne la supériorité de la femme face à l'homme.