Arnold Gehlen : Essai sur l'anthropologie philosophique

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L'homme n'est pas seulement un observateur passif de la nature et de son développement, il vit la transformation constante de la réalité naturelle. Son activité tend à modifier la conception intelligente du monde extérieur, palliant ainsi la défaillance de ses organes pour répondre à ses besoins.

L'homme ne vit pas dans la nature en tant que telle, mais cherche à la réguler selon ses besoins.

Le rôle des institutions

  • Le comportement humain, libéré des modèles instinctifs rigides, s'organise autour de relations sociales (droit, propriété). Les institutions remplacent ici le concept hégélien d'« esprit objectif » (droit, morale, famille, État).
  • Contrairement à l'instinct animal, qui impose des procédés fixes, l'homme s'appuie sur la civilisation et la société pour définir des comportements obligatoires. Ces modèles, ou institutions, servent de guides à toute son action.

Les institutions permettent une certaine stabilité, essentielle au développement social. Elles permettent à l'individu de s'identifier aux valeurs de son groupe d'appartenance.

Stabilité et personnalité

  • La stabilité apportée par les institutions favorise le développement d'une personnalité unique et individuelle, laquelle doit néanmoins s'épanouir au sein de l'environnement institutionnel donné.
  • Lorsque les institutions sont fragilisées par des chocs externes (guerre, invasion), l'homme retombe dans un état primitif, perdant ses repères moraux et spirituels, ce qui engendre insécurité, colère et instabilité émotionnelle.

Crise de la modernité

  • L'industrialisation a détruit les modèles de vie traditionnels et les critères du monde civilisé.
  • La destruction des institutions conduit au subjectivisme, isolant l'individu de ses relations sociales et créant incertitude et injustice.

La désinstitutionnalisation se manifeste, par exemple, dans les arts : l'effondrement des modèles stylistiques et catégoriques mène à un solipsisme pratiquement irrévocable.

Les idéologies ne survivent que si elles répondent aux besoins de leur temps et de leur civilisation, tout en évitant les écueils de la personnalisation excessive et du subjectivisme.

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