Chronologie des Tensions Politiques en Espagne : De la CEDA au Front Populaire (1933-1936)
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Contexte Politique Tendue et Montée des Extrêmes
Dans cette ligne d'action, le transfert de compétences vers le statut d'autonomie catalane (Generalitat) ralentit, tout comme celui du Pays Basque. Le gouvernement de la CEDA commence à exiger un changement encore plus marqué vers la droite. La Loi sur la Phalange s'oppose violemment aux forces de gauche et progressistes, ce qui dégénère en une période de lutte (sous toutes ses formes) entre gauchistes et droitistes.
La CEDA entre enfin au gouvernement, ce qui accélère l'annulation des réformes laissées par les progressistes. La gauche réagit en appelant à une grève générale avec une issue incertaine. Dans les Asturies, les travailleurs se soulèvent, donnant naissance à un fort mouvement révolutionnaire. En Catalogne, on proclame l'« Estat Català ». Ces deux initiatives sont étouffées. Dans le cas des Asturies, la répression menée par l'armée contre les rebelles a déclenché un véritable massacre. De nombreux politiciens se retrouvent emprisonnés.
La CEDA et la Préparation du Renversement
La CEDA gagne encore plus de puissance après ces événements et commence à élaborer des plans pour renverser la République. La Phalange participe aux trois quarts de la rébellion et incite l'armée à se joindre au mouvement contre la République.
Il convient de noter que la situation en Europe durant cette période est dominée par l'ascension irrésistible du fascisme en Italie et en Allemagne. Ces pays servent de modèles à la droite européenne en ces moments.
Réformes Conservatrices et Crise Gouvernementale
De retour en Espagne, le gouvernement entend enfin procéder à une réforme de pas moins de 42 articles de la Constitution, ce qui représente un tournant radical en arrière. Il mène également au vote d'une loi de contre-réforme agraire. Après une série de scandales, le gouvernement Lerroux s'effondre. Tout cela conduit à la démission du gouvernement et à la convocation d'élections pour le 16 février 1936, après une tentative avortée de créer un gouvernement stable sans la gauche, la CEDA s'unissant aux nouvelles forces.
Le Front Populaire (1936 -)
Les forces de gauche s'unissent dans une large alliance d'opposition appelée le "Front Populaire". Bien que circonstancielle, cette alliance est la seule défense de la gauche pour la République contre le fascisme et les royalistes conservateurs.
Victoire Électorale et Premières Mesures
Le Front Populaire remporte les élections et obtient 257 députés. Le gouvernement est formé par Azaña, soutenu par les socialistes et les communistes qui, cependant, ne souhaitent pas entrer au gouvernement.
Le gouvernement adopte immédiatement l'amnistie, et des milliers de révolutionnaires d'octobre retrouvent leur liberté. Le Parlement catalan se réunit à nouveau.
Déstabilisation et Préparation du Coup d'État
Le Front Populaire fait face à une vague de soubresauts et d'actes terroristes visant à déstabiliser le pays. Le gouvernement du Front Populaire répond en interdisant la Phalange et en emprisonnant ses principaux dirigeants. Le bruit des bottes commence à devenir assourdissant et les militaires les plus réactionnaires préparent un coup d'État.
Implication des Civils et Réforme Agraire
En plus des généraux, des civils sont impliqués dans ce complot. Les agriculteurs commencent à occuper les fermes avec l'accord du gouvernement afin de réaliser la réforme agraire par eux-mêmes et le plus rapidement possible. Les propriétaires terriens réagissent en quittant le pays et en emportant tout leur capital.
Dans les grandes villes, les manifestations de soutien à la République sont massives, soulignant la situation générale. Le 1er mai à Madrid est particulièrement marquant. La situation se radicalise : des actes violents de la Phalange sont suivis par l'incendie d'églises.
Planification du Soulèvement Militaire
Le général Mola, cerveau du coup, fixe une première date au 10 juillet. Le travail est réparti :
- Franco est responsable pour l'Afrique.
- Goded pour Valence.
- Queipo de Llano pour l'Andalousie.
- Mola lui-même s'occupe de Navarre et Burgos.
Finalement, il est convenu de reporter la date en raison de désaccords avec la Phalange et les traditionalistes.
L'Événement Déclencheur
Pendant ce temps, dans le cadre du même plan de déstabilisation, un événement déclencheur se produit le 12 juillet : le lieutenant de la Garde de sécurité de gauche, José Castillo, est assassiné publiquement, prétendument par la Phalange. Ses propres partisans de droite, menés par José Calvo Sotelo, utilisent cet événement comme excuse pour se venger. Cela déclenche le coup d'État, d'abord le 17 juillet dans les îles Canaries et au Maroc, puis le 18 dans le reste de l'Espagne.
Réaction Tardive du Gouvernement
Le gouvernement réagit tardivement et maladroitement. Il nie d'abord vouloir armer le peuple, perdant ainsi une occasion en or d'arrêter l'insurrection.
À partir de ce moment, l'Espagne est divisée en deux zones : l'une sous contrôle gouvernemental et l'autre sous contrôle rebelle. Il n'y a aucun avantage militaire évident pour l'une ou l'autre partie, ce qui laisse présager une longue guerre. La tragédie d'une guerre civile est servie.