Comprendre la compétition interspécifique en écologie
Classé dans Sciences humaines et sociales
Écrit le en
français avec une taille de 3,43 KB
1. Surveillance de la compétition interspécifique
Certaines expériences sur la compétition interspécifique ont été suivies par l'analyse de la densité de population des espèces et de leurs impacts sur les ressources. Pourquoi est-il souhaitable de surveiller les deux ?
Le suivi d'une seule espèce peut mener à de faux résultats. Il est donc nécessaire d'évaluer les espèces en concurrence dans le milieu. Par exemple, les diatomées Synedra et Asterionella survivent séparément dans un milieu contenant du silicate. Cependant, lorsqu'elles sont ensemble, Synedra réduit le niveau de silicate, empêchant la survie d'Asterionella.
2. Exploitation des ressources vs interférence directe
La compétition interspécifique peut résulter de l'exploitation des ressources ou de l'interférence directe :
- Exploitation : Se produit sans contact physique, lorsqu'une espèce consomme une ressource, la rendant indisponible pour les autres (ex: oiseaux et grenouilles mangeant les mêmes sauterelles).
- Interférence : Nécessite une interaction directe où un individu empêche l'autre d'accéder à la ressource (ex: un cheval et une vache en compétition pour l'herbe).
3. Niche fondamentale et niche réalisée
La niche fondamentale est l'ensemble des conditions et ressources permettant à une espèce d'exister et de se reproduire isolément. La niche réalisée est l'ensemble des conditions et ressources occupées en présence d'autres espèces.
Ces concepts aident à comprendre la concurrence : les organismes aux niches similaires entrent en conflit pour les ressources. Une analyse comparative en laboratoire (niche fondamentale) et dans la nature (niche réalisée) est essentielle.
5. Le principe d'exclusion compétitive
Ce principe stipule que :
- Si deux espèces concurrentes coexistent dans un environnement stable, elles le font grâce à une différenciation de niche.
- En l'absence de cette différenciation, l'une des espèces finira par exclure l'autre.
Il n'est pas raisonnable de conclure que toute coexistence implique ce principe. Chaque espèce possède une niche unique ; la différenciation ne prouve pas la compétition sans preuves expérimentales.
6. Hétérogénéité environnementale et coexistence
Une espèce faible compétitrice peut survivre dans un environnement instable en colonisant rapidement des zones perturbées (incendies, tempêtes). La compétition ne se produit pas en vase clos, mais dans un monde fragmenté et imprévisible.
7. Le « fantôme de la compétition passée »
Ce concept suggère que lorsque des espèces coexistent sans compétition apparente, elles ont évolué pour occuper des niches distinctes. Il est difficile de prouver l'effet de la compétition passée, car les espèces peuvent se ressembler superficiellement tout en ayant développé des mécanismes de coexistence.
9. Complémentarité des niches
La complémentarité des niches survient lorsque des espèces occupant une position similaire dans une dimension diffèrent dans une autre. Exemple : 18 espèces de grenouilles dans des bassins utilisent des fréquences d'appel différentes pour éviter la superposition, réduisant la compétition pour l'espace acoustique.