Comprendre la Croissance Économique et le PIB

Classé dans Économie

Écrit le en français avec une taille de 9,27 KB

Définitions de la croissance et de la crise économique

Croissance économique : La croissance économique correspond à l’accroissement durable de la production globale d’une économie. Elle correspond au pourcentage annuel de l’augmentation du PIB d’un pays. La croissance économique se mesure grâce au taux de croissance annuel.

Crise économique : La crise économique correspond à une baisse de l’activité économique ; celle-ci est déprimée, le chômage est élevé… La crise se termine lorsqu’il y a une reprise. La croissance est un phénomène qu’on peut mesurer. On utilise le PIB comme agrégat pour mesurer les productions d’une économie grâce à l’unité monétaire. Ce dernier représente l’ensemble des valeurs ajoutées créées par une économie en une année.

Le Produit Intérieur Brut (PIB) : Mesure et Limites

Le PIB : Il mesure la production réalisée à l’intérieur d’un territoire donné (souvent un pays) pendant une période donnée (souvent une année). Son évolution se traduit par des périodes de croissance, de stagnation ou de récession.

Pour mesurer le niveau de vie dans un pays, on utilise le PIB/habitant puisque le PIB est aussi la somme des revenus ; le PIB/hab est le revenu moyen d’un acteur. Cependant, les prix selon les régions sont différents et donc 10 000 $ de revenu annuel n'ont pas la même valeur en Afrique qu'aux États-Unis. Il faut donc utiliser le PIB PPA en $ (PIB en parité de pouvoir d’achat).

Le PIB est mesuré à partir des produits. Si les prix augmentent, on calcule ainsi le PIB en valeur, qui est artificiel puisqu’il ne tient pas compte de l’inflation ; ces données sont nominales et exprimées en euros courants. Pour calculer le PIB réel, il faut calculer le PIB en volume, qui tient compte de l’inflation et de la variation des prix ; ses valeurs sont réelles et s’expriment en euros constants.

Intérêts et limites du PIB

Intérêts du PIB :

  • Mesure l’évolution de l’économie (richesses) et le niveau de vie (revenus) d’une économie.
  • Regroupe dans un chiffre synthétique les informations de production de richesses d’un pays.
  • Permet de prévoir les phénomènes économiques et d’adapter les politiques économiques du pays.
  • Permet de mesurer le RNB (PIB + revenus versés des non-résidents aux résidents - revenus versés des résidents aux non-résidents).
  • Permet de comparer l’évolution du PIB dans le temps et dans l’espace.

Limites du PIB :

  • Des difficultés de mesure : La valeur ajoutée correspondant à des productions non marchandes ne peut être mesurée à partir du prix de vente (qui est soit nul, soit très inférieur aux coûts de production). Les coûts de production servent donc à estimer la valeur de la production non marchande, à laquelle sont retranchées les consommations intermédiaires. Cette estimation est imparfaite. En effet, si les salaires versés pour une production non marchande augmentent, la valeur ajoutée mesurée augmente également, même si la production réelle n’a pas évolué.
  • Comparaisons internationales : Il faut convertir tous les PIB dans une même monnaie, ce qui oblige à employer des taux de change fluctuants.
  • Inflation : Si les prix augmentent, le PIB en valeur peut fausser la perception de la croissance réelle.

Certaines productions ne sont pas mesurées :

  • Le travail bénévole (domestique, associations) et l’économie souterraine (travail au noir et activités illégales).
  • Les inégalités, puisqu’il ne tient pas compte de la répartition des revenus (ex: Chine).
  • L’impact de la croissance sur l’environnement (externalités positives et négatives).
  • La santé, le bien-être, l’éducation ou le chômage.

Les indicateurs de développement : IDH et Gini

Pour faire face aux limites du PIB, l’ONU a mis en place un nouvel indicateur, l’IDH (Indice de Développement Humain), qui mesure le bien-être en tenant compte de la santé (espérance de vie), de l’éducation (indice de scolarisation) et du niveau de vie (RNB/hab.). L’IDH est compris entre 0 et 1 (1 étant le meilleur). Un autre indicateur est l’Indice de Gini, qui mesure les inégalités.

  • L’IDH est complémentaire du PIB puisqu’il ajoute des dimensions éducatives et sanitaires.
  • Il s’agit cependant d’un indicateur conventionnel qui ne constitue pas une mesure purement objective du bonheur.

Les facteurs de la croissance économique

La production est le produit de deux facteurs de production. Les causes de la croissance peuvent être liées à ces facteurs (croissance endogène) ou à d’autres phénomènes (croissance exogène).

Facteur Travail : C’est l’ensemble de la main-d’œuvre mobilisée. L’augmentation du facteur travail est une source de croissance et sa quantité dépend de :

  • Facteurs démographiques : population totale (solde naturel et migratoire).
  • Facteurs institutionnels : population en âge de travailler (scolarité obligatoire, âge légal de la retraite).
  • Facteurs économiques : population active occupée (taux d’emploi, taux de chômage).

Facteur Capital : Constitué des éléments matériels utilisés pour produire. Il se décompose en :

  • Le capital circulant : consommations intermédiaires.
  • Le capital fixe : biens qui ne sont pas détruits pendant le processus de production.

Équation de production : Q = f(K, L) (où K est le capital et L le travail).

Croissance extensive et intensive

  • Croissance extensive : Résultat de l’augmentation des facteurs de production mis en œuvre (Y = F(K, L)). Elle correspond à l’augmentation de la population active, du temps de travail et du stock de capital via l’investissement.

Limites : La loi des rendements décroissants. Si le rythme d’augmentation d’un facteur est supérieur à celui de la production, l’efficacité diminue progressivement.

  • Croissance intensive :

Une partie importante de la croissance n’est pas expliquée par la simple quantité de facteurs. Robert Solow a démontré en 1957 que le « résidu » correspond à l’amélioration de l’efficacité. La croissance intensive provient de l’amélioration de la Productivité Globale des Facteurs (PGF), mesure approximative du progrès technique.

Le rôle du progrès technique dans la croissance

Robert Solow : Nomme « résidu » ce qui, dans la hausse de la production, n’est explicable ni par la hausse du travail ni par celle du capital. Ce résidu mesure l’accroissement de la PGF attribuable au progrès technique.

Schumpeter : Selon lui, le progrès technique est constitué d’innovations (utilisations industrielles ou commerciales d’une découverte). Ces innovations portent sur de nouveaux produits ou procédés.

  • Les entrepreneurs et l’État jouent un rôle central dans le processus de recherche-développement.
  • Le progrès technique est la source principale de croissance : les innovations de procédés améliorent la productivité, et les innovations de produits créent une nouvelle demande.
  • Les innovations arrivent par « grappes ».

Théories de la croissance endogène et exogène

Croissance endogène : Depuis les années 1980, les économistes montrent que le progrès technique dépend des efforts des agents économiques dans l’investissement :

  • Capital technologique : Stock des connaissances scientifiques.
  • Capital humain : Qualification, expérience et talents.
  • Capital public : Dépenses de l’État en infrastructures et technologies.
  • Capital physique : Nouvelles machines plus performantes.

La croissance est un processus cumulatif et auto-entretenu (Romer, Lucas, Barro) car le progrès technique génère des externalités positives.

Croissance exogène (R. Solow) : Contrairement au modèle endogène, le progrès technique ne s’explique pas par le modèle économique lui-même mais dépend de découvertes et d’inventions extérieures.

Le rôle des institutions

  1. Droits de propriété : Garantie de consommer, d’obtenir un revenu et de céder un bien ou service.
  2. Le brevet : Droit de propriété industrielle accordé à une invention, permettant un monopole temporaire indispensable pour stimuler l’innovation.

Entrées associées :