Comprendre l'Inconscient : Psychologie et Sociologie
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I. Introduction à l'inconscient
Quand on parle d'inconscient, on fait référence à l'envers de la conscience. La conscience ne recouvre pas la totalité du psychisme. Il faut remarquer que conscience et inconscient sont inséparables ; l'un n'a de sens que par rapport à l'autre.
Il n'y a pas de premier plan sans qu'il se tienne en amont un arrière-plan : l'inconscient. Il y a un rapport d'inséparabilité car ils s'impliquent mutuellement.
Les trois types d'inconscients
- Inconscient psychique individuel
- Inconscient social
- Inconscient dynamique (freudien)
Ils ne sont pas séparés, ils interagissent.
L'approche de Spinoza
Le concept de l'inconscient est originaire du philosophe Spinoza (XVIIe siècle). Bien avant Freud, il pointe la réalité de l'inconscient : « Nous ne savons pas ce que peut un corps ». Il considère que le corps peut accomplir des actions qui surprennent l'esprit. Le corps est donc doué d'un pouvoir inconnu par l'esprit. Il s'oppose à la position idéaliste car il restaure les lois du corps.
II. L'inconscient psychique individuel
a) La « conscience moindre » selon Leibniz
Selon Leibniz, cet inconscient est une « conscience moindre » ou l'inconscient des petites choses. Ce sont des perceptions qui passent inaperçues car elles sont trop ténues pour être perçues individuellement. Il faut intégrer toutes ces petites perceptions pour donner naissance à une perception globale et consciente.
b) L'inconscient et l'action
L'inconscient concerne aussi le domaine de l'action : les gestes acquis au cours de l'éducation et utilisés quotidiennement. Ce sont des automatismes qui ne relèvent plus de la nouveauté. La conscience se retire des tâches routinières pour se focaliser sur des gestes inattendus ou impliquant un choix. L'automatisme est essentiellement mémoire. Comme le montre Condillac, la « cécité cognitive » survient lorsque l'effort de focalisation sur certains aspects du champ perceptif rend les autres inconscients.
III. L'inconscient social ou sociologique
a) Le vécu social
Il s'agit de l'ensemble des habitudes, normes, règles de vie et valeurs incorporées par le sujet via l'éducation et la socialisation (primaire ou secondaire). Ce vécu social nous apparaît comme naturel, alors qu'il relève d'une construction culturelle et historique.
Plus on incorpore ces règles, plus elles deviennent inconscientes. Exemple : la place de la femme dans une société patriarcale (concept de Pierre Bourdieu).
Le vécu social est ambigu : si nous sommes conscients de nos actes, nous ignorons souvent leur véritable fonction sociale. Cet aveuglement nous pousse à nier le fondement social de nos gestes pour les considérer comme naturels.