Les Constitutions espagnoles de 1931 et 1978

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La Constitution de 1978 : un consensus démocratique

En 1978, la nouvelle Constitution espagnole est élaborée grâce à un consensus entre les différentes forces politiques. Approuvée par référendum, elle fonde un régime démocratique inspiré des valeurs de liberté, de justice, d’égalité et de pluralisme politique. La Couronne perd donc le pouvoir qui lui était accordé dans les Lois fondamentales franquistes. La nouvelle démocratie prend la forme d’une monarchie parlementaire et introduit la décentralisation au profit des régions.

Les caractéristiques du nouveau régime

Quelles sont les principales caractéristiques de la monarchie parlementaire et démocratique établie par la Constitution de 1978 ?

En premier lieu, elle établit un État social qui cherche à fonder une société plus juste, un État démocratique dont la souveraineté appartient à la nation et repose sur les citoyens grâce au suffrage universel et aux élections libres, ainsi qu’un État de droit où la loi est la même pour tous. Afin de garantir le respect des droits et des libertés, les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont séparés, comme en témoigne notre document. Par ailleurs, cet État démocratique consiste en une monarchie parlementaire, c’est-à-dire une monarchie où le roi ne gouverne pas mais reste le symbole de l’unité du pays et représente ce dernier à l’étranger (document 1). Il joue également un rôle d’arbitre institutionnel.

Enfin, la Constitution bouleverse la tradition centraliste de l’État espagnol : elle permet la création dans les régions de communautés autonomes dotées d’une large autonomie exécutive et législative, avec leurs propres gouvernements et parlements.

Ainsi, la Constitution de 1978 fonde une véritable démocratie qui garantit la souveraineté nationale et le respect des droits et libertés sous la forme d’une monarchie parlementaire dans le cadre d’un État décentralisé.

La fragilité de la Constitution de 1931

La Constitution espagnole de 1931 a établi un régime démocratique avec la reconnaissance de libertés politiques et de droits sociaux, mais le manque d’approbation de la part de l’ensemble des forces politiques a pour conséquence la guerre civile.

Les causes de l'instabilité politique

Comment expliquer la fragilité de la Constitution espagnole de 1931 ?

Tout d’abord, comme le montre le document, la Constitution de 1931 est un texte qui manifeste les aspirations de la classe ouvrière, des intellectuels et des classes moyennes progressistes, représentés au Parlement par les républicains et les socialistes qui avaient gagné les élections de juin 1931.

Par ailleurs, la Constitution de 1931 est adoptée malgré l'opposition de la droite républicaine et des monarchistes. Quand le Parti Radical et le CEDA arrivent au pouvoir en 1933, ils tentent de la modifier. Les groupes catholiques sont également exclus des accords. Le texte montre également l'indifférence des anarchistes, hors du jeu politique et à la recherche d'une révolution sociale pour résoudre le problème de la propriété foncière et des travailleurs agricoles. Cependant, la radicalisation du mouvement des travailleurs depuis 1934 élimine également un soutien important pour le projet démocratique bourgeois. En somme, la Constitution de 1931 est née sans le consensus nécessaire pour sa stabilité et sa pérennité.

Ainsi, si le « Frente Popular » (Front populaire) accède au pouvoir en Espagne en février 1936, la victoire est fragile : la gauche divisée (communistes, anarchistes, républicains) s’oppose à la droite conservatrice, qui s’appuie sur l’Église et sur l’armée. En juillet, l’armée, commandée par le général Franco, se soulève contre l'État républicain. Le pays bascule alors dans une guerre civile qui a de graves répercussions.

Malgré le grand succès populaire reçu par la Constitution de 1931 (la classe moyenne urbaine, les intellectuels et la classe ouvrière), la République disparaît, incapable de répondre aux attentes, et suscitant l’effroi parmi les oligarchies conservatrices. En cinq années de République, deux pôles opposés se sont formés : le Front national et le Front populaire, qui sont finalement entrés en collision, produisant une guerre civile meurtrière.

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