Crises et structures sociales aux XIVe et XVe siècles
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La crise du XIVe siècle
Autour de 1340, une crise éclate, marquée par un ralentissement démographique provoqué par la rivalité avec Gênes pour le contrôle des routes commerciales, la clôture de Castille, les impôts élevés et la dévaluation monétaire. À la fin du XIVe siècle, plusieurs banques font faillite. Au XVe siècle, la crise s'amplifie par des rivalités internes entre les Biga et les Busca, ainsi que par la guerre civile. Valence supplante alors Barcelone comme capitale financière et commerciale de la Couronne d'Aragon.
5. Groupes sociaux et conflits
5.1. Société de Castille et d'Aragon : la noblesse
Les royaumes chrétiens du XIIIe au XVe siècle étaient des sociétés féodales où la propriété des terres, les revenus et les rapports de dépendance définissaient les relations entre paysans et seigneurs. La féodalité péninsulaire présente des caractéristiques particulières :
- Liberté initiale : Au XIIIe siècle, de nombreux conseils et paysans jouissaient d'une large marge de liberté pour encourager la colonisation en Castille.
- L'aristocratie : Au sommet, un petit nombre de familles ayant capturé de grandes quantités de terres lors de la conquête.
- Évolution : Avec la fin de l'expansion au milieu du XIIIe siècle, les titres perdent leur utilité militaire. Les nobles se tournent vers la cour, influençant la Couronne et s'enrichissant.
- Privilèges : L'aristocratie et l'Église étaient exemptées d'impôts.
La crise démographique du XIVe siècle entraîne l'abandon de terres, une diminution des revenus et une pression accrue sur les paysans. Les familles nobles, pour éviter l'appauvrissement lié au partage des biens, adoptent le système de primogéniture. En Castille, des luttes apparaissent entre les lignages, tandis que la petite noblesse (les hidalgos) accapare les postes clés des conseils municipaux.
5.2. Les groupes populaires
À la base de l'échelle sociale se trouvent les paysans et les travailleurs urbains, appelés roturiers en Castille, soumis à l'impôt (la pecha). La situation est particulièrement difficile dans la Couronne d'Aragon, où l'exploitation féodale est plus enracinée. Dans les villes, on trouve des artisans, des pêcheurs et des marins, ainsi qu'une population marginalisée et quelques esclaves domestiques.
5.3. Les seigneuries et troubles sociaux en Castille
Après la victoire d'Henri de Trastamare, un changement de dynastie s'opère. Le roi récompense ses partisans par des terres et des titres, créant une « noblesse de service ». La Couronne cède aux nobles l'autorité sur les municipalités et les villages, transformant ces terres en seigneuries. Ce processus entraîne des abus et des protestations constantes jusqu'au règne des Rois Catholiques. Au XVe siècle, des révoltes éclatent, comme celle des Irmandiños en Galice, qui détruisent des châteaux contre l'oppression seigneuriale.
5.4. Les conflits sociaux dans la Couronne d'Aragon
L'exploitation de la paysannerie est particulièrement dure au nord de l'Èbre. En Catalogne, les paysans subissent les « mauvais usages » (mals usos), des droits abusifs et humiliants. Le remensa, paiement exigé pour quitter la terre, symbolise leur manque de liberté.